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Pascal Garnier

« Comment va la douleur ? »

Nouvelliste et romancier, Pascal Garnier est décédé en mars dernier, à 60 ans. Auteur de littérature noire, c’est un styliste qui sait s’amuser avec ses personnages sans se moquer de la banalité de leurs vies, comme il le fait avec ceux, contrastés, de « Comment va la douleur ? », un de ses derniers livres.

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Pascal Garnier
Photo Raphaël Gaillarde

S’il était une rencontre improbable, c’était bien celle de Simon, tueur à gages au bout du rouleau, et de Bernard, jeune Candide près à tous les bonheurs, « crétin solaire ». Elle se produit pourtant à Vals-les-Bains.
En route pour Agde où il doit remplir son dernier contrat, Simon s’y arrête par hasard. Il est mal en point, fatigué, et il lui reste pas mal de route à faire… Bernard, le jeune qui vient de se couper deux doigts au travail mais estime que se n’est pas grave, et qu’il rencontre sur un banc du parc, a tout son temps, lui. L’affaire se conclut très vite : Simon lui propose d’être son chauffeur pour quelques jours.

Leur équipée vers le Sud va leur faire croiser la route de Fiona, jeune mère paumée et à la rue, et de son bébé, Violette. Simon n’a aucune envie de s’embarrasser d’elles mais Bernard, qui veut leur venir en aide, le désarme par sa naïveté et finit par le convaincre de les embarquer et… de leur trouver un lieu où camper à Agde !
Entre temps, Simon assure sa mission et son dernier assassinat. Mais les choses tournent mal et le contrat se complique de quelques additifs : trois morts en plus !

Naturel et humour

Autour de ces deux personnages contrastés – le flegmatique et désabusé Simon et l’enthousiaste et naïf Bernard – gravitent d’autres personnages, comme Rose, la vieille fille en quête d’amour ou Anaïs, la mère alcoolique et suicidaire…

Pascal Garnier fait vivre tout ce petit monde avec un grand naturel et pas mal d’humour, dans un roman fluide et plutôt désespéré, où la pudeur dissimule avec élégance la tendresse de l’auteur pour tous les êtres blessés susceptibles de se saluer en se demandant, comme dans je ne sais plus quel pays d’Afrique, « Comment va la douleur ? ». Une question qui, bien sûr, donne le « la », en même temps que le titre , de ce beau livre.

Michel Baglin

Pascal Garnier

Pascal Garnier est né le 4 juillet 1949 à Paris et mort le 5 mars 2010 dans un village ardéchois où il avait élu domicile. Son œuvre se partage entre littérature noire et ouvrages pour la jeunesse.
Très tôt, lassé par l’école, il choisit de parcourir le monde, s’expliquant ainsi : « Enfance normale, dans une famille normale de Français moyens comme on dit, mais pour ma part, de plus en plus moyen à mesure que je m’aperçois qu’on m’a vendu le monde sans mode d’emploi et qu’on a abusé de mon innocence par le biais d’une publicité mensongère. Vers quinze ans, l’Éducation nationale et moi décidons de rompre d’un commun accord. Je n’en peux plus, j’étouffe, la vraie vie est ailleurs. Je vais donc voir si j’y suis. »
Il voyage ainsi pendant une dizaine d’années de l’Afrique du Nord, au Moyen-Orient, et dans les pays de l’Est. Après cette vie d’errance et de petits boulots, il fait un passage éclair par le rock ’n’ roll, et se tourne vers l’écriture. En 1986, il publie son premier livre, « L’Année sabbatique » , un recueil de nouvelles chez P.O.L. Son dernier roman s’intitule « Le Grand Loin » et est paru chez Zulma.
En 2001, il a obtenu le prix du festival Polar dans la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines avec « Nul n’est à l’abri du succès » et en 2006, il le Grand Prix de l’humour noir avec « Flux ».
Depuis 2000, les éditions Zulma ont entamé la publication de ses œuvres complètes dans une nouvelle collection.
On a qualifié Pascal Garnier « d’écrivain des âmes perdues ».

Voir aussi :

"Le Grand Loin"

mercredi 20 octobre 2010, par Michel Baglin

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Pascal Garnier
« Comment va la douleur ? »

Le livre de poche


Bibliographie

Contes gouttes, Entreligne, 1985
L’Année sabbatique, P.O.L., 1986
Un chat comme moi, 1986
Surclassement, P.O.L., 1987
La Place du mort, Fleuve noir, 1997
Les Insulaires, Fleuve Noir, 1998
Trop près du bord, Fleuve Noir, 1999
L’A26 Zulma, 1999
Chambre 12, Flammarion, 2000
"T’avais qu’à pas vieilir", Verger éditeur 2000
Nul n’est à l’abri du succès, Zulma, 2001 (Prix du festival "Polar dans la ville" 2001)
Vue imprenable sur l’autre, Zulma, 2002
Les Nuisibles, Flammarion, 2002
Les Hauts du Bas, Zulma, 2003
Parenthèse, Plon, 2004
Flux, Zulma, 2005 (Grand Prix de l’humour noir 2006)
La Solution esquimau, Fleuve Noir, 2006 ; Zulma, 2006
Comment va la douleur ?, Zulma, 2006
Derrière l’écran , Bayard jeunesse, 2007
La Théorie du panda, Zulma, 2008
Lune captive dans un œil mort, Zulma, 2009
M’sieur Victor, Bayard jeunesse, 2009
Le Grand Loin, Zulma, 2010

Pascal Garnier dans la revue "Brèves"

La revue « Brèves » vient de consacrer à Pascal Garnier son numéro 93, préparé par Hubert Haddad. A ses côtés, auteurs, éditeurs et amis racontent l’homme, l’écrivain, le peintre qu’il fut. Et la lecture qu’ils font de ses livres. Un entretien avec Serge Cabrol complète ce numéro qui se clôt sur des reproductions de tableaux de Pascal Garnier.
Mais pour l’essentiel, il est constitué de textes : on y lit en effet cinq nouvelles représentatives d’un auteur volontiers noir, par sa littérature et son humour, mais créateur de personnages humbles, dont l’humanité contrebalance un peu le côté sombre de la vision du monde. Nous avons en somme affaire au « maître du roman gris », comme le désigne Georges-Olivier Châteaureynaud. Un auteur qu’on affilie volontiers à Simenon, mais aussi à Hardellet et à Henri Calet. Pascal Garnier est publié pour l’essentiel chez Zulma.

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