Retour à l’accueil > Auteurs > GUENEGAN Jean-Albert > « Conversation à voix rompues » avec Jean-Claude Tardif

Jean-Albert Guénégan

« Conversation à voix rompues » avec Jean-Claude Tardif

Au fil d’échanges épistolaires, Jean-Claude Tardif et Jean-Albert Guénégan ont construit ce livre autour d’une certaine idée de la poésie vivante, comme on mène une conversation.

JPEG - 51.1 ko
Jean-Albert Guénégan

Dans le bref mais éclairant avant-propos qu’il donne à ce livre signé Jean-Claude Tardif et Jean-Albert Guénégan, Gilles Baudry résume bien ce qui fait le sel et l’originalité de ce livre. Il y évoque la singularité de ces « deux épistoliers au long cours en ferveur scripturale », poètes en désaccord sur de nombreux sujets.
Au fil d’échanges épistolaires de facture classique, se construit peu à peu un édifice fragile autour d’une certaine idée de la poésie vivante, édifice constitué à la fois d’un patrimoine commun inné ou naturel, mais aussi d’un apprentissage, fruit d’un patient travail sur les mots et sur le langage.

Franc et direct

Le lecteur suit discrètement ce jeu dialectique qui recouvre un large champ, depuis l’évocation banale ou le fait-divers personnel jusqu’à l’interrogation métaphysique ou l’approche hésitante de l’indicible.
Courant sur sept mois de l’année 2008, ces lettres sont très agréables à lire et à relire. Rien d’indiscret à cela puisqu’on y trouve ce que l’on vient y chercher et dans lequel chacun se retrouve sans peine. Tout cela est franc et direct. On y circule sans embarras comme en un territoire sain où la franchise est de mise, ce qui, avouons-le, en nos temps d’hypocrisie généralisée, a plutôt tendance à se raréfier.
Fidèles en amitié, ces deux auteurs ont du mal, comme tous les poètes actuellement à se faire une place au soleil, mais l’on peut les consoler en leur rappelant qu’il en fut souvent ainsi.

Dans la recherche et dans l’échange

Ici, justement, les évocations des poètes morts ou vivants sont nombreuses, justes et légères, depuis le délicieux Moreau du Mans à l’exubérant Claude Vaillant, depuis le généreux Jean Chatard jusqu’au subtil Luis Mizon.
Pris sous le rouleau compresseur d’une société du temps accéléré ou compressé, ce livre confirme la prévalence du langage construit face à d’autres « vecteurs communicants » tels les SMS, les sigles et les codes, les icônes sur écrans et l’invasion des termes anglo-saxons.
N’hésitons pas à nous plonger dans ce livre qui donne envie d’aller plus loin dans la recherche et dans l’échange autour d’une certaine idée de la poésie.

Georges Cathalo



Lire aussi :

« Conversation à voix rompues » avec Jean-Claude Tardif

« Poétique de la terre à la mer » & « Wrac’h à la ronde »


vendredi 19 mars 2010, par Georges Cathalo

Remonter en haut de la page
Jean-Albert Guénégan et Jean-Claude Tardif :
« Conversation à voix rompues »
Editinter éd., 2009,
(BP15 – 91450 Soisy-sur-Seine.)
124 pages, 15 euros –



Jean Albert Guénégan

Jean Albert Guénégan est né à Morlaix en 1954. Venu tard à la poésie suite au décès de sa mère, il a publié une vingtaine de recueils de poésie, de livres d’artiste et des récits autobiographiques. Il « essaie de faire la poésie au plus haut de lui-même » et intervient dans les établissements scolaires, médiathèques et maisons de retraite.

Bibliographie

Visage d’un jour (Caractères éd., 1992), préface de Charles Le Quintrec
Poème à demeure (Librarie-Galerie Racine éd., 1996)
Un jeudi bleu de songe (Le Petit Véhicule éd., 1999)
Pontaniou les barreaux… (La Part Commune éd., 2001), préface de Marylise Lebranchu
Le temps des jeudis (La Part Commune éd., 2003)
Si patiente était la neige (Anagrammes éd., 2004)
Mes quatre jeudis (Anagrammes éd., 2006), roman
Dimitri et les livres (La Clé du jardin éd., 2008)
Conversation à voix rompues (Editinter éd., 2009), avec Jean-Claude Tardif

Jean-Albert Guénégan est également l’auteur de 4 livres d’artistes à tirage limité à 12 exemplaires aux éditions Les Aresquiers en 2008.

Il a fait paraître des poèmes dans les revues Friches, Le coin de table, Diérèse, Avel IX, Hors-Jeu, Hopala, Vivre en poésie, A l’index,…
Il a été Président du Comité Tristan Corbière en 1995 à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de la naissance du poète

-2017 Revue Texture Contact | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0