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Paul Dirmeikis chante Cadou

« Entre parenthèses »

Un double CD, 31 poèmes

Paul Dirmeikis est peintre, poète, compositeur et interprète, il a notamment donné musique et voix à Tristan Corbière, Victor Segalen, Max Jacob, Guillevic, etc.
Sous le titre « Entre parenthèses », il vient de sortir un nouvel album, double, consacré à René Guy Cadou : 31 poèmes qu’il a mis en musique, arrangés et chantés.

Trente et un poèmes, voilà qui peut donner déjà un bel aperçu du poète de Louisfert à qui en ignorerait tout. Et ravira les inconditionnels du maître d’école et de l’instigateur de « l’école de Rochefort » (une « cour de récréation » disait-il). Le choix est celui d’un familier de Cadou, je veux dire celui du cœur, et comment pourrait-il en être autrement avec ce grand lyrique qui touche « tous les hommes qui devinent l’éternité dans l’air marin ».
Avec son « cœur de plein vent » mais aussi « des trous noirs dans les ailes », Cadou a certes écrit une poésie de pleine terre. Pourtant, aux notations agrestes, aux détails concrets, rustiques, qui parsèment ses poèmes, il a su mêler des images surréalistes qui donnent d’étranges résonances à son amour et à son désarroi.

Lumière et mélancolie

C’est une voix grave et douce que Paul Dirmeikis prête à celui qui disait avoir « traduit diverses choses en langue bleue que vous savez ». Hélène, la dédicataire des poèmes de Cadou - à laquelle il pouvait dire « Sans jamais t’avoir vue / je t’appelais déjà » - tient évidemment une place de choix dans cet album, avec quelques morceaux lumineux. Mais le pressentiment de la mort imminente (Cadou est décédé à 31 ans) qui hante son chant donne aussi la coloration mélancolique de l’ensemble, que Paul Dirmeikis restitue sans appuyer.
L’interprétation est portée par des mélodies discrètes mais une musique riche en arrangements (piano, violoncelle, flûte, clarinette, hautbois, basson, trompette, etc. épaulent le chant). Cette manière subtile d’articuler le poème et la musique - que je trouve particulièrement sensible dans « La soirée de décembre » - est la marque de cette interprétation d’un compositeur ouvert à de multiples formes musicales, notamment d’avant-garde.
Paul Dirmeikis joue l’intériorité, sa voix vibre sur le secret vertige du poète devant le temps compté. Et sur cet amour qu’il portait aux autres, aux humbles, aux bêtes, à la création, sans être jamais mièvre ni simpliste. Lui qui dans sa chambre de vielle et d’écriture se sentait relié au monde et pouvait dire : « C’est à travers vos chants que je parle de moi / vous me glissez des bouts de ciel entre les doigts »

Michel Baglin

Avec Aldo Ripoche violoncelle, Boris Pamouktchiev hautbois, cor anglais, Jean-Mathias Petri, flûte, flûte alto, piccolo, Kathy Thibault basson, Vincent Requeut trompette, flügelhorn, Michel Aumont clarinette basse, clarinette, Annie Gouronnec violon, Ruth Weber alto, Jean Zimmermann piano, Paul Dirmeikis chant, compositions & arrangements.

dimanche 2 janvier 2011, par Michel Baglin

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« Entre parenthèses »

double album avec un livret de 24 pages.
28 Euros (port compris)
à : L’Eveilleur. Kertau. 22190 Plérin. France.

Paul Dirmeikis


Paul Dirmeikis est un poète, chanteur, compositeur et peintre né le 6 décembre 1954 à Chicago (Illinois, États-Unis). Après le décès de son père en 1961, sa mère d’origine bretonne, revient en France en 1963 et s’établit à La Seyne-sur-Mer, dans le Var. Vers l’âge de quinze ans, Paul Dirmeikis commence à écrire de la poésie. En 1970, il passe le concours d’entrée à l’Ecole Normale d’instituteurs de Draguignan et devient enseignant en 1975. Fin 1976, à l’occasion de la création européenne de "Sirius" à la Sainte-Chapelle à Paris, il rencontre le compositeur Karlheinz Stockhausen, qui l’invitera à travailler avec lui.
Il vit en Bretagne et est membre de l’Union des Compositeurs Lituaniens.
Le spectre de sa création musique s’étend de la chanson poétique « classique » (il chante notamment les poètes bretons tels que Tristan Corbière, Victor Segalen, Max Jacob, Armand Robin, René Guy Cadou, Georges Perros, Eugène Guillevic, Per-Jakez Hélias, Angèle Vannier et Paol Keineg) à la musique électronique et microtonale d’avant-garde et à des compositions pour ensembles de chambre.
Son dernier ouvrage publié en 1999, « Le Souffle du temps - Quodlibet pour Karlheinz Stockhausen », est paru aux éditions Telo Martius.

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