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Georges Cathalo

Errances dans la blogosphère poétique

Après 20 présentations de sites ou de blogs, j’ai éprouvé le besoin de souffler en m’accordant une petite pause, juste pour faire le point et pour communiquer quelques vagues impressions.

Depuis quelques années, une nouvelle race de poètes a vu le jour : les blogomaniaques. A la fois acteurs et spectateurs, activateurs et modérateurs, ils passent plusieurs heures par jour à archiver leurs précieuses créations poétiques sans être sûr que quelqu’un les lise…

Les poètes ont parfois recours à des expédients publicitaires pour pouvoir faire tourner leur blog. Aussi, voit-on apparaître d’étranges bandeaux publicitaires qui viennent côtoyer des écrits poétiques dans une cohabitation très surréaliste.

De lien en lien, il est possible que l’on se perde sur la « toile » et que l’on se retrouve soudain dans un site improbable devant des textes illisibles. Mais à vouloir aller trop vite, le risque consiste surtout à passer à côté de choses intéressantes que la vitesse de circulation n’aura pas permis de découvrir.

Les parties graphiques et sonores sont encore assez rares sur les sites visités. Il semblerait que les responsables ne maîtrisent pas encore ces techniques plutôt complexes ou bien qu’ils n’ont pas compris l’intérêt de ces nouveaux outils.

Les sites et les blogs de poésie n’échappent pas au syndrome « clafoutis », à savoir que ça monte vite en pâte, ça bout, ça s’ébroue, et puis, assez vite, ça retombe et ça disparaît.

Le réseau : une façon de fonctionner que les poètes des générations précédentes avaient déjà mis en place. Avec internet, ils s’en donnent à cœur joie avec les frais postaux en moins, mais avec une addiction profonde.

Malgré les apparences, un très fort pourcentage de sites et de blogs poétiques en sont encore à une utilisation balbutiante de « vecteur » internet. Apparemment, il semblerait que l’apprentissage technologique soit long et difficile pour certains.

La confusion est toujours présente entre les habitudes et les manies du support papier et les pratiques du support écran, que ce soit dans la mise en place des écrits ou dans leur lecture.

La vitesse de circulation sur les sites est un problème majeur car elle ne permet pas toujours au « cerveau moyen » de fonctionner à son rythme.

Trop de termes techniques encombrent encore les pages d’internet et parasitent la circulation du lecteur. Réservés aux initiés, ils déroutent les néophytes et les détournent de l’écran.

L’égotisme blogosphérique existe, je l’ai rencontré ! Ils sont légion, les blogueurs fous à consacrer tout leur temps à entretenir le feu vacillant de leur « jememoi, mon nombril et mes œuvres impérissables ».

En véritable orpailleur du web, l’explorateur doit tourner et retourner des milliers de pages avant de tomber sur quelque chose d’original : une pépite pour des tonnes de sable !

L’internet des poètes confirme ce qu’est pour tous ce nouveau média, à savoir à la fois un dédale inextricable, un joyeux bordel, une jungle inquiétante, un foutoir merdique ou une galerie des glaces.

Une tromperie assez facile à déjouer : le compteur de visites. S’il est souvent flatteur et avantageux, il arrive qu’il disparaisse curieusement de l’écran au bout de quelques mois, comme ça, sans explications…

Où se situe la marge entre le blog et le site ? Confusion voulue, entretenue par les intéressés ou plus banalement, incapacité à faire fonctionner tout ça ?

Les techniques de lecture d’écran en sont encore au stade expérimental et la gymnastique de l’œil est à développer pour profiter pleinement du contenu des sites. Poètes et lecteurs de poètes, suivez des stages de rééducation oculaire !

jeudi 23 juillet 2009, par Georges Cathalo

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