Marie-Ange Sebasti

« Heures de pointe »



La nouvelle est un art difficile, la nouvelle très concise (une page ou à peine plus) relève souvent de la gageure. Marie-Ange Sebasti (lire ici ) a relevé le défi avec « Heures de pointe » publié aux éditions Le Pont du change.
Et c’est une réussite en 28 nouvelles flirtant le plus souvent avec le fantastique pour raconter en quelques phrases ici une envolée de bonnes sœurs dans un aéroport, là Pénélope guettant le retour d’Ulysse, ou encore des personnages s’échappant d’un livre, un bus remontant le cours du temps...

Écrites avec beaucoup de délicatesse, s’achevant par des chutes qui remettent tout en perspective, elles font une grande place à l’onirisme pour laisser émerger des fantômes, celui d’une grand-mère disparue, d’un lointain fiancé, etc. Car le passé ici remonte souvent pour faire douter de tout et surtout chaque narrateur de sa propre identité : telle spectatrice se reconnaît dans l’actrice sur la scène, tel personnage découvre qu’on le prend pour un autre ou qu’il l’est peut-être... On devient ici, le temps d’un tableau vite brossé, l’aimée de tel inconnu inconsolable, la destinatrice d’une lettre improbable…

A travers ce passé toujours présent, ces identités incertaines, ces évidences en crise, c’est en somme la fragilité du réel que raconte Marie-Ange Sebasti, à petites touches rapides et efficaces. Avec une sorte d’émerveillement pour un monde qui n’en finit pas de nous étonner...

Michel Baglin



lundi 28 avril 2014, par Michel Baglin

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Marie-Ange Sebasti
« Heures de pointe »


(76 pages. 12 euros)
Le Pont du Change.
161 rue Paul Bert, 69003 Lyon)}}}



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