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Bernard Dimey

L’appétit et le mal de vivre

Il avait une dégaine d’ogre, aimait la poésie et les bistrots, l’humour pour faire passer son mal de vivre et Montmartre qu’il avait choisi pour port d’attache. Il a écrit des poèmes et des chansons interprétées par les plus grands. Souvenirs…

« Un tragique qui ne se prenait pas au sérieux », ainsi le qualifiait Mouloudji. Né en 1931, dans la Haute-Marne, Bernard Dimey a débarqué à Paris du côté de la Butte Montmartre dans les années cinquante . Ses poèmes, ses chansons, ont alors conquis des interprètes comme Montand, Aznavour, Gréco. Il est l’auteur de « Syracuse » immortalisée par Henri Salvador ou du célèbre « Mon truc en plume » chantée par Zizi Jeanmaire. Mais Serge Reggiani, Patachou, Les Frères Jacques, Mouloudji ont aussi incarné sa poésie.

Pour ma part, je l’ai rencontré en mai 1979 alors qu’il se produisait à l’auberge du Bécut, chez des amis gersois. Avec ses poèmes en forme de contes, qui racontaient des histoires. Il était chaleureux et j’aurais aimé le revoir, il est malheureusement décédé quelque temps plus tard, le 1er juillet 1981, à 50 ans.
J’ai retrouvé ce bout d’article que j’avais publié alors dans « La Dépêche ».

« Entre le délirium, la sagesse et la rage », ainsi pourrait se délimiter l’espace qu’occupent les histoires de Bernard Dimey, le poète-conteur que l’auberge du Bécut présentant le week-end dernier.
Bedaine rebondie qui évoque le bon vivant et tient le monde à distance, cheveux et barbe fournis, poivre et sel, qui disent le non conformisme du bonhomme, des yeux ronds pour l’étonnement, plissés pour la malice, une voix forte pour dire parfois la fragilité : Bernard Dimey, c’est d’abord un personnage bien campé, planté sur scène comme un clochard philosophe qui aurait rapporté d’une longue fréquentation avec les hommes, le vin et l’argot, un lourd bagage d’histoires et d’humour.
Il est difficile de ne pas songer à Gaston Gouté. La même indignation généreuse donne du souffle à des poèmes rocailleux, argotiques et gouailleurs. Même inclination encore pour les marginaux, les oubliés du bonheur standardisé. La prédilection de Bernard Dimey s’attache naturellement aux clochards, ces dépositaires de la truculence, ces frères en sagesse. Comme eux, il use du langage pour conjurer le sort, railler à l’occasion la mine triste du badaud.
Individualiste, le personnage que Bernard Dimey incarne l’est sans doute. Encore faudrait-il ne pas trop s’y fier. La verve moqueuse cache parfois un sentiment têtu de fraternité, le rire tonitruant une vulnérabilité que la pudeur des mots ne parvient pas tout à fait à masquer. Cette faiblesse là aussi est celle du cœur. »

Michel Baglin


Quelques textes et chansons

« Je ne dirai pas tout »

« Ivrogne et pourquoi pas ? »

« J’aimerais tant savoir » par Jehan

dimanche 30 janvier 2011, par Michel Baglin

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Un site

Il existe un site sympa où l’on trouve tous les renseignements sur les poèmes, les livres, les chansons et les disques de Bernard Dimey : ici

Et aussi...

« Si tu me payes un verre » par Serge Reggiani

[« Le quartier de Halles » par Les frères Jacques]

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