Retour à l’accueil > Auteurs > AUTIN-GRENIER, Pierre > L’hommage de François de Cornière

Décès de Pierre Autin-Grenier

L’hommage de François de Cornière

Pierre Autin-Grenier nous a quittés le samedi 12 avril au matin, à Lyon et au terme d’une longue lutte contre le cancer. La crémation a eu lieu à Lyon ce Jeudi 17 avril en présence d’Aline, sa femme, et de nombreux amis.
Tous ne pouvaient y assister, mais ils y étaient par la pensée. Parmi eux, François de Cornière, qui a écrit pour Aline et Pierre ces quelques mots témoignant d’une longue et profonde amitié et qui furent lus pour ses funérailles. Il me les a confiés, je les publie ci-dessous avec l’accord d’Aline.




Lire aussi :

PAG : Un nouvelliste et un conteur

L’hommage de François de Cornière

« C’est tous les jours comme ça »

« Histoires secrètes » et « Les Radis bleus »

Au comptoir de la « Friterie-bar Brunetti »

« Chroniques des faits »



jeudi 1er mai 2014

Remonter en haut de la page



"Certaines choses et d’autres"

Certaines choses que nous aimions et d’autres aussi, s’en vont. Tous les bateaux partent un jour pour quelque part, avec nos espoirs et des morceaux de miroirs cassés plein leurs cales. Alors on dit comme ça : « C’est la vie et c’est la mer, avec l’écume de la mort aux lèvres ! Et bien sûr on en rit — tristement — comme bossu charrie sa bosse. Au coin de l’œil déjà la ride et sur la table ce verre vide qu’encore tu remplis, mais la main tremblant maintenant. Des gestes de femme, des sourires d’écureuil et tes habits du dimanche aussi t’habitent la mémoire à gonfler de nostalgie toutes les voiles de l’âme. Pour un rien, on repartirait ! La tête un coup à droite, un coup à gauche, comme au manège, et pousser encore un peu devant soi le chariot vide de la vie, n’est-ce pas.. .

Fatale méprise que d’avoir cru un instant en l’efficacité des mots pour dénoncer tout ça ! On comprend vite, quand on a vécu mon âge, la vanité de tout projet ; les choses aussi vous lâchent pour lesquelles hier encore on tremblait pourtant. Bientôt on sait ne plus être d’ici et ne reconnaître vraiment aucun lieu. L’anecdote touche à sa fin. Alors un soir on est marin et on s’en va ; nulle part sur la mer, et pour rien du tout.

« Certaines choses et d’autres » (Multiples, 1978)



Pierre Autin-Grenier

Pierre Autin-Grenier est né à Lyon à le 4 avril 1948. Il a partagé son temps entre sa ville natale et Carpentras. Auteur de textes souvent inclassables, entre poèmes en proses et nouvelles, il est devenu un des maîtres de la forme brève.

il est décédé à Lyon le 12 avril 2014.


Sa bibliographie

Histoires secrètes, Laurence-Olivier Four, 1982. Réédition chez La Dragonne en 2000.
Jours anciens, L’Arbre, 1986.
L’Ange au gilet rouge, Syros, 1990. Réédition aux éditions Gallimard en 2007.
Les Radis bleus, Le Dé bleu, 1991. Réédition aux éditions Gallimard en 2005.
Chroniques des faits, L’Arbre, 1992.Réédition Les carnets du déssert de Lune, 2014
Impressions de Lozère : La Margeride, Les Presses du Languedoc, 1992.
Je ne suis pas un héros, Gallimard, L’Arpenteur, 1993. Réédition Folio en 2002.
Légende de Zakhor, L’Arbre à paroles, 1996.
Toute une vie bien ratée, Gallimard, L’Arpenteur, 1997. Réédition Folio en 1999.
13, quai de la Pécheresse 69000 Lyon, Éditions du Ricochet, 1999.
L’Éternité est inutile, Gallimard, L’Arpenteur, 2002.
Le Poète pisse dans son violon, Les Carnets du dessert de lune, Dessert, 2004.
Friterie-bar Brunetti, Gallimard L’Arpenteur, 2005.
Là-haut, illustrations de Ronan Banot, Éditions du chemin de fer, 2005.
Un cri, Cadex, 2006.
C’est tous les jours comme ça, Finitude éd., 2010

JPEG - 54.9 ko
Pierre Autin-Grenier vu par son ami, le peintre Shada



-2017 Revue Texture Contact | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0