Retour à l’accueil > Auteurs > SICARD, Gilles > « La bonne aventure »

Gilles Sicard

« La bonne aventure »

Gilles Sicard a publié trois recueils qui ont tous été remarqués et distingués, l’un par le prix Georges-Perros en 1993, l’autre par plusieurs prix successifs, dont celui de la ville de Bergerac en 1994. Le troisième a reçu le prix de l’Encrier en 1996.
Le dernier, « La Bonne Aventure » (Le Cherche-Midi éd.), avant même que d’être publié, a été honoré, sur manuscrit, par le prix Amélie- Murat 2002, de la ville de Clermont-Ferrand. Je reprends ici la présentation que j’en donnais en mars 2003 dans la revue Poésie 1.

Gilles Sicard nous donne là un recueil de célébrations qui se déclinent comme autant de saluts au monde : « Bonjour la terre », « Bonjour l’enfant », « Bonjour l’ancêtre » (bel hommage au père et à sa terre d’Oc), « Bonjour les mots », « Bonjour l’artiste », « Bonjour mon amour » sont les parties et les thèmes d’un livre où l’auteur cherche et approche souvent la « plénitude », mais en faisant suivre le mot d’un point d’interrogation qui dit assez sa fragilité et la vulnérabilité de tout sentiment s’apparentant tant soit peu au bonheur d’être. On croirait avec ces poèmes se situer toujours un peu « dans le matin du monde », à l’heure où l’on est tenté de « s’abandonner au vertige de l’harmonie », de « s’infinir » tandis que « nous regardons l’immense / qui nous comprend ».
Les gestes les plus humbles sont généreux, « supprimer la porte / écarter le rideau / agrandir la table / ajouter des chaises », et la miche de pain sortant du four parle de paix : « plus fort le monde autour la respirait / le jour se resserrait ».
On n’est pas loin avec cette écriture de trouver l’accord, de faire corps, d’être pour de bon au monde. D’autant que Gilles Sicard joue aussi de l’humour, du jeu de mots (il aime à inventer le sentier qui « foliseronne », le soir qui « mélancolline » ou « l’eau rage ») et ne dédaigne pas d’utiliser des fables, telle celle de la cigale et la fourmi qui prennent la vie du bon côté en même temps que le chemin de Katmandou... C’est que « la bonne aventure » est aussi celle qui se dit, à partie liée avec le verbe et ses enchantements.
Mais l’accent peut devenir grave pour le salut à l’exclu – chômeur, veuve, SDF – l’évocation du « Tres de Mayo » de Goya ou d’Oradour. C’est qu’il n’y a pas de soleil sans ombre et que l’auteur n’a pas l’intention de détourner le regard.
C’est encore que chanter le monde est aussi interroger un mystère. Ainsi la beauté elle-même peut-elle faire mal, écraser, alors qu’on la célèbre, parce qu’elle donne la mesure de tout ce qui nous dépasse : « Soudain cette souffrance / de ne pouvoir accueillir toute la lumière / ou de l’accueillir trop ».

Poésie 1 n° 33 mars 2003


Lire aussi :

Un roman, « Le poirier du Pech »

samedi 2 janvier 2010, par Michel Baglin

Remonter en haut de la page
Gilles Sicard
« La bonne aventure »

Le Cherche-Midi éd
(136 pages 12 euros)

Gilles Sicard

Gilles Sicard a publié trois recueils qui ont tous été remarqués et distingués, l’un par le prix Georges-Perros en 1993, l’autre par plusieurs prix successifs, dont celui de la ville de Bergerac en 1994. Le troisième a reçu le prix de l’Encrier en 1996.
Le dernier, « La Bonne Aventure » (Le Cherche-Midi éd.), avant même que d’être publié, a été honoré, sur manuscrit, par le prix Amélie- Murat 2002, de la ville de Clermont-Ferrand.

Ses livres

Plain-Champ, Éditions Caractères, Paris, 1994. Prix Georges Perros 1993.
Entre songe et silence, Éditions Les Amis de la Poésie, Bergerac, 1996. Prix de la S.RA.F. 1991 ; Prix de la Belle Aude 1992 ; Prix de la Ville de Bergerac, 1994.
Ligne de Vie, Éditions de l’Ancrier, 1997. Prix de l’Encrier 1996.
La bonne aventure Le Cherche-Midi éd. Prix Amélie- Murat 2002

-2017 Revue Texture Contact | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0