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Philippe Berthaut

« La terre est mon bonheur »

Un spectacle réalisé à partir de l’oeuvre de Guillevic

Philippe Berthaut a créé plusieurs spectacles à partir des textes de poètes contemporains. Tel fut le cas autour de la poésie de Guillevic en 1987, avec « La Terre est mon bonheur » qui fut présentée officiellement au Printemps de Bourges le 24 avril 1987. Guillevic y participait, disant ses textes, aux côtés de Lucie Albertini, Jean-Claude Bastos, et bien sûr Berthaut lui-même. Je reprends ci-dessous un article que j’avais publié dans « La Dépêche du Midi » du 17 avril 1987

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Préparation du spectacle "La terre est mon bonheur" avec Guillevic, J-C Bastos et Ph. Berthaut. (Ph M.B.)

Près de deux cents personnes pour applaudir un spectacle récital de poésie, mercredi, au centre culturel de l’Aérospatial : qui a dit que la poésie ne « passait » pas ?
Il est vrai, c’était Guillevic, une grande figure de la poésie contemporaine.
Il est vrai, c’était Philippe Berthaut, un compositeur-interprète dont le talent fut maintes fois salué.
Mais c’est aussi preuve que la qualité paie. Qualité d’une œuvre maîtresse, qualité d’une interprétation à plusieurs voix, qualité d’un travail qui a su tirer le meilleur parti de l’espace scénique comme de la parole et de la musique, de la puissance d’une œuvre comme de la présence de son auteur.
« A quoi bon le poème si ce n’est pour avoir quelque chose à tenir que rien ne pourrait tenir ? », demande Guillevic. Le public, l’autre soir, eut à entendre, à recevoir — à tenir donc — quelque chose que pour simplifier on nomme poésie : la justesse d’une parole qui ne cesse d’enquêter, la vérité des accents posés avec exactitude où le bât blesse, où réel mord, où quelquefois aussi le vie chante.
Le montage efficace des poèmes puisés dans l’œuvre, l’authenticité des interprétations de Guillevic, Lucie Albertini et Jean-Claude Bastos, la conviction profonde de Berthaut sont parvenus a créer un rapport plus intime avec les mots, avec la langue de la tribu, comme avec l’univers d’un poète qui interroge le réel pour mieux l’habiter et conserve, tenace une exigence de bonheur terrestre en dépit de la nuit (« le plus ancien des ruminants »), de l’opacité têtue des choses et surtout du temps, qui inscrit la finitude on chacun. Une confiance demeure, qui est du domaine de la vitalité : « L’éternise ne fut jamais perdue. Ce qui nous a manqué, c’est de savoir la traduire en journées ». Mais aussi, chez l’homme Guillevic comme parfois dans son œuvre, un humour qui a la chaleur de la générosité car même lorsqu’il interroge les objets ou les mots ( « Ils ont l’Autre, aussi, d’être habités par des vivants qui les acclimatent »), Guilleric ne cesse jamais d’être solidaire et fraternel en homme qui sait que « tout massacre nous vieillit ».

Michel Baglin


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jeudi 4 mars 2010, par Michel Baglin

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Philippe Berthaut

Né en 1952 à Aigueperse, dans le Puy-de-Dôme, ) Philippe Berthaut vit à Toulouse. C’est là qu’il débute en 1972 après des études de Lettres Modernes et de linguistique, avec un premier récital à la Cave Poésie, de ses textes mis en musique.
Ses principales créations chantées sont « Le Chant-Flipper » (Film France 3 en 1983), « La Grande Battue » (1985), « Bateau Epices » (1986) et « Les Chants de la Nuitée » (1996). Il a aussi réalisé des spectacles sur des poètes comme Eugène Guillevic (création au Printemps de Bourges, 1987) et Pierre Reverdy (CD et spectacle, 1989).
Poète, chanteur, écrivain, Philippe Berthaut est aussi comédien-récitant ou comédien-chanteur dans diverses pièces mises en scène par Luc Montech et Monique Demay telles que « La Chanson de Roland », « V comme Vian », « Baudelaire, Rimbaud », il donne aussi des lectures publiques régulières dans le cadre des lectures organisées par la revue Multiples à la librairie Ombres Blanches de Toulouse et dans de nombreuses médiathèques.
Animateur et formateur d’animateurs d’ateliers d’écriture, il s’est occupé de nombreux ateliers en direction de tous les publics, ainsi que de nombreux stages de formation (bibliothécaires, enseignants, animateurs de centres de loisirs, etc.). Il est à l’origine de l’Atelier Recherche de la Boutique d’Ecriture du Grand Toulouse dont il est le conseiller artistique.
« Routes captives » donné en octobre 2006 à la Cave Poésie est un parcours poétique associant photographies, textes, musique et vidéo. Le DVD Routes captives accompagné de l’intégralité des textes (livret) est paru en février 2008.

Pour lire le portrait de Ph. Berthaut, connaître sa biblio ou écouter une chanson, cliquer ici
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