Retour à l’accueil > Auteurs > VEILLERES Claire > « Le Cavalier de Kladruby »

Claire Veillères

« Le Cavalier de Kladruby »

Le vrai héros des six nouvelles du recueil de Claire Veillères, « Le Cavalier de Kladruby », est le cheval, qui cristallise ici toutes les difficultés et tous les bonheurs de la relation entre vivants, qu’ils soient bêtes ou hommes. Ce livre vient d’ obtenir le prix Prométhée de la nouvelle.

JPEG - 38.9 ko
Lors de la remise du prix Prométhée, Claire Veillères avec Christiane Baroche et Guy Rouquet.
(Photo Jean-Pol Stercq)

Claire Veillères vient d’obtenir pour son recueil de nouvelles, « Le Cavalier de Kladruby » (Le Rocher ed.), le prix Prométhée qui lui a été remis en octobre lors de laDécade de l’Atelier imaginaire. « Chez Claire Veillères, le bonheur court sur quatre jambes, sous un chanfrein soyeux, un corps et des sabots fringants », notre Christiane Baroche qui préface ce beau recueil de six nouvelles toutes ayant trait au cheval. Et de souligner « le doigté » de l’auteur son choix des mots et sa maîtrise.
La première nouvelle se déroule dans une maison de retraite pour cavaliers. Elle raconte à travers le regard, les souvenirs et les figures qui la hantent les amours d’une vieille dame, son cavalier, un amant d’un jour et le passant d’aujourd’hui. La seconde, « Fantôme », est l’histoire de la lente « reprise » en main par Luc, maître de haras, d’un cheval superbe et ombrageux et en parallèle de sa conquête de sa propriétaire. « La femme du moniteur » raconte la passion naissante et contrariée d’une adolescente pour un cheval tandis que « Un souvenir très ancien » évoque une promenade à cheval dans la campagne d’une femme et d’un homme qui deviennent amants. « Mulette » est une jument mal conformée à laquelle vont pourtant s’attacher plusieurs personnes entre lesquelles elle va jouer le rôle d’intercesseur. « Symphonie pour cordes et sabots » est plus fantasmagorique : elle raconte le rêve d’un jeune autiste amoureux de musique et de chevaux et sa relation à son père.
Ces récits mettent constamment en parallèle la conquête ou la domestication d’un animal et celle d’un être humain : il s’agit presque toujours d’une sorte de lent dévoilement de l’autre et de soi-même (de ses peurs, de ses souvenirs mal digérés, etc.) et parfois aussi d’une libération, d’un dénouement, dans l’approche et la révélation du désir. La communication muette des animaux et des hommes est le sujet central d’un livre qui s’achève d’ailleurs magistralement sur un rêve d’autiste.
Le style, impeccable, classique, élégant, tout entier dédié à l’introspection s’enrichit de la connaissance parfaite chez l’auteure des gestes, postures, techniques et de la psychologie liée aux chevaux – et, disons-le, la précision des termes n’a rien ici de superflu ni de pédant.
Les personnages y ont du poids, de la complexité, ce sont le plus souvent des êtres inquiets, durs parce qu’angoissés – et leur quête, subtile, est celle de la reconnaissance mutuelle des vivants, dans leur fragilité et leur beauté, qu’ils soient hommes ou bêtes.

Michel Baglin

samedi 30 octobre 2010, par Michel Baglin

Remonter en haut de la page

__degrade.png__

Claire Veillères
« Le Cavalier de Kladruby »


Editions du Rocher
230 pages. 14.90 euros.
ISBN 978-2-268-07036-0

Claire Veillères

Auteur de nombreuses études sur le Maghreb , Claire Veillères a également écrit pour la jeunesse aux éditions de La Martinière. Journaliste, elle a longtemps travaillé au sein d’institutions européennes. Elle s’est installée en Normandie afin de consacrer davantage de temps à l’écriture et à l’équitation et est actuellement en poste au Haras du Pin.

JPEG - 39.6 ko
Claires Veillères
(Photo Jean-Pol Stercq)

-2017 Revue Texture Contact | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0