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Gilbert Laffaille

« Le Jour et la Nuit »

Laffaille, la tendresse par J-N. Guéno

Dans « Le Jour et la Nuit », Gilbert Laffaille cultive la tendresse. Œil ouvert, à l’écoute, en empathie avec ses semblables, il nous restitue un univers quotidien qu’il tend en toute simplicité à nous rendre plus léger, plus habitable. Jean-Noël Guéno ce CD et l’a aimé.



Pas de grands mots, de grandes déclarations, de cris, de vociférations mais une prise en compte humble, discrète, humaine de notre monde. « Homme en boubou femme en sari » est une superbe chanson – sonorités du texte, mélodie, arrangements, voix sont en totale harmonie – qui pourrait devenir un hymne à la tolérance et au respect de l’autre. De même, « Chez M. Li » est une véritable réussite : toute une vie d’exil devinée, évoquée par quelques mots pudiques. Gilbert Laffaille a l’art de trouver la bonne distance, de suggérer, de respecter l’auditeur.

Rendre la vie légère malgré les déchirures. Être lucide sans aigreur. Agir où l’on est, à sa mesure. Ne pas se prendre pour ce que l’on n’est pas. « Lance des balles / Des oiseaux des mots bleus des mots doux/ Des cigales… Viens pas nous montrer tes plumes de paon ». Ce qui n’exclut pas l’utopie et le rêve, qui donnent leur véritable dimension à la vie et aux relations humaines : « Nous sommes nous dans nos rêves. » Reviennent alors « les chemins de l’enfance » où tout était possible et les « instants d’amour » pleinement vécus avec ceux qui nous ont quittés. La nostalgie n’est pas amère mais manière de conserver vivants les moments de bonheur : « Nuits de tendresse/ Petits matins/ Tout ce qui reste/ Ce sont des riens… Des hirondelles/ Une maison rose/ Ce qui rappelle/ Le prix des choses ».

Message fraternel

Le pouvoir des mots est réel et nous révèle : « Je suis dans ces mots/ Ces milliers d’oiseaux/ Qui chantent et qui dansent » mais « Que faut-il écrire/ Colère ou sourire…Je suis dans ces mots/ Au bord du silence ». Alors, chant et poésie ne s’opposent pas mais sont frère et sœur dans l’interrogation majeure portée sur l’acte d’écrire, son opportunité et sa vérité.

« Le Jour et la Nuit » se clôt par un texte bilan chaleureux : « Le chant du voyageur », qui nous adresse un beau message fraternel : « Nous avons eu les mêmes rêves… J’ai chanté l’eau de la rivière… Cherché la source et la lumière/ L’orange rose de l’aurore… J’ai chanté l’or et la poussière… Voici la nuit le vent se lève/ Demain sera un autre jour/ Rien ne s’en va suivons nos rêves/ Tout vole et danse tour à tour… Et si le givre se dépose/ Sur nos chemins de voyageurs/ Nous qui aimions les mêmes choses/ Restons ensemble par le cœur. »

Jean-Noël Guéno



samedi 8 mars 2014, par Jean-Noël Guéno

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Le Jour et la Nuit
Gilbert Laffaille
(Traficom Musik, 2013)



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