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Bruno Ruiz, portrait

Le poète décline ses fidélités

Son récital s’intitule « Bruno Ruiz Maintenant »

Bruno Ruiz était début mars sur la scène du théâtre Sorano, à Toulouse, pour trois soirées, avant d’entamer une tournée en Suisse et dans les Alpes. Son récital s’intitule « Bruno Ruiz Maintenant », comme le CD qu’il vient de sortir. Il le redonnera en novembre à la Cave poésie de Toulouse.
Portrait de celui qui, en presque quarante ans de chansons et de poésie - mais aussi de théâtre et d’écriture de nouvelles - a construit une oeuvre marquée par les tragédies du monde, la mémoire de l’exil, mais encore et toujours la fraternité, l’amour et l’amitié.

« Voici le temps des bilans de l’usure
Aux feux croisés de nos forges intimes
Je veux l’amour absolu jusqu’au bout
Face à la verte et dernière beauté
Maintenant »


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Bruno Ruiz lors de son récital au Sorano en mars 2009. Photo de Guy Bernot

Maintenant comme hier. La même force, le même lyrisme, la même douleur et la même beauté. Il est vrai qu’il n’a pas perdu en gravité, Bruno.
Ni en fidélité : un maître mot chez lui. Fidélité à la poésie (« Si je me tais moi-même je trahis »), à la compagne (« Le temps dérive / Mais tu restes présente / Aux clameurs des années »), à l’Espagne, cicatrice jamais refermée (une chanson évoque le village en ruine de Belchite et ce « vieux soldat qui tant se traîne »), fidélité à « l’épaisseur des morts », mais encore fidélité à la Terre :

« Je n’en finirai pas de vous dire merci
D’avoir su me convaincre que le monde est ici. »

Oui, Bruno réaffirme CD après CD, que le monde à vivre est ici, « le ciel sur terre ». Et même si notre condition est aussi dérisoire que précaire, nous savons lui donner sens :

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Bruno Ruiz en concert (Photo Guy Bernot)


« Le temps dérive
Et nous sommes vivants
Sur notre astre oublié
Dans nos cris partagés
Nous abattons la nuit
De lumières choisies »


Bruno ne croit pas à la fatalité, c’est un battant qui proclame :

« C’est à nous de chanter
De nommer la beauté
Nous n’avons qu’une vie
Et si peu est écrit ».


L’adolescent d’hier - « J’étais si loin du monde / Qu’il me le rendait bien » - a fait place au chanteur présent au monde, à ses engagements, à ses rêves, comme à ses doutes :

« Aujourd’hui j’ai besoin
d’écrire ou de chanter
Mes lieux et leurs visages
Mes doutes leurs prisons. »

S’il trouve des accents déchirants pour évoquer la solitude d’une femme vieillissante et son suicide ( « Une femme est tombée » ), l’exil des migrants, la famine et les tortures ( « Je t’aime contre la mort » ), Bruno Ruiz sait aussi trouver « des mots loin des polices » pour nous apprendre à jouir du sang qui coule dans nos veines :

« Jamais nous ne serons assez nombreux
Pour nommer les merveilles de ce monde ».

C’est une sagesse qui se dessine ainsi pour « se souvenir sans esprit de revanche » ou pour « ici vieillir entre naître et mourir » dans une forme de sérénité conquise. Au point qu’il peut admettre « qu’il faut savoir partir sans nous être tout dit ».

Voilà ce qu’il en est « maintenant » de Bruno, d’un poète et d’un homme en pleine maturité, en pleine possession de son talent :

« Ce peu de temps qui reste
A ce corps qui s’enlise
Je le veux souverain
Sous la lune complice
Je le veux dans ta main
Plus léger qu’une abeille
Comme un coussin d’été
La flèche d’un hiver
Je le veux sans compter
Les ruines de nos routes
Et savourer à deux
L’instant qui s’éternise. »


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Bruno Ruiz sera à la Cave poésie de Toulouse en novembre 2009.
(Photo Guy Bernot)

Au sujet du chanteur qu’il apprécie depuis toujours, Bruno Ruiz a écrit : « On n’écoute pas Jean Vasca. On fréquente une langue, la sienne, faite de nos mots. » La formule, bien sûr, pourrait s’appliquer à sa propre poésie, où l’on retrouve les fraternités, les utopies malmenées et les colères qu’il chante depuis longtemps, et qu’il nous tend un peu comme un miroir où reconnaître ses propres paysages.
Un miroir mais aussi une vitre qui s’ouvre sur le monde où ses poèmes, même les plus sombres, sans cesse nous convient.

Michel Baglin



Un coup de coeur de Bruno Ruiz : Béa Tristan en récital à la Cave Poésie de Toulouse

Lire l’article de Bruno



Lire aussi :

Le poète décline ses fidélités

Le chant contre la mort

Sur scène, dans les arpèges et dans les mots

« Le Miroir et la vitre »

Des disques et des livres

Quelques chansons



jeudi 4 juin 2009, par Michel Baglin

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Bruno Ruiz et son complice au piano, Alain Bréheret. (Photo Guy Bernot)

Bruno Ruiz

Né en 1953 à Arcachon, il a élu pour résidence Toulouse depuis 1977.
Il totalise presque 40 ans de chansons et de poésie, mais aussi de théâtre et d’écriture de nouvelles.
Pour une petite bal(l)ade dans un paysage « complètement Ruiz », cliquer sur les titres des différents articles ci-dessus.

Pour écouter
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de Bruno Ruiz
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Contact :

Pour écrire directement à Bruno Ruiz : e.mail : brunoruiz@free.fr
Pour connaître le détail de la bibliographie de Bruno et pour en savoir plus, notamment sur les tournées en cours, rendez-vous sur le site : http://sitebrunoruiz.com
Pour tout ce qui concerne la diffusion des récitals, et la distribution des livres de Bruno Ruiz : Marie-Annick Bault. Association Le Puits 33, rue Française 31400 TOULOUSE Tel : 05 61 20 00 95 / 06 84 30 51 44 Fax : 05 61 20 28 47 e.mail : lepuits@wanadoo.fr

40 ans de poèsie et de chansons

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Bruno Ruiz chante
"L’Alcool des vents"

"L’Alcool des vents" est un de mes recueils que Bruno m’a toujours dit apprécier. Il l’a dit et chanté à l’occasion de mon invitation au festival de Montesquiou (32), "Les rencontres de la garenne" (lire ici) et le redonnera probablement à Toulouse lors du Printemps des poètes.

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Bruno Ruiz en compagnie de Michel Baglin dont il chante "l’Alcool des vents"
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