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Max Jacob

Les « Œuvres » en Quarto

Redécouvrez les œuvres de Max Jacob réunies dans ce tout récent Quarto (Gallimard, 2012) dirigé par Antonio Rodriguez : vous y trouverez les dernières versions revues par l’auteur, les récits épuisés depuis longtemps, et un inédit « Méditations sur le Chemin de Croix ». Une riche biographie, co-écrite par Patricia Sustrac, présidente de l’association « Les Amis de Max Jacob », complète l’ouvrage. Il est préfacé par un poème en trois parties de Guy Goffette, « Portrait de Max en accordéon ». Il y décrit le poète et le peintre comme « … un petit saltimbanque, rien dans les mains rien dans les poches, mais le cœur a chez lui plus de tours que la montagne de roches… »



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Max Jacob par Christopher Wood, 1929

Décrit par Apollinaire comme le poète « le plus simple qui soit », et par Cocteau comme « un ange », Max Jacob naît à Quimper le 12 juillet 1876, quatre ans avant Apollinaire, cinq ans avant celui qui deviendra son ami intime, Picasso. « L’amitié est le clou où est pendu ma vie ! » dira-t-il. En juin 1901, il découvre la peinture du jeune Pablo exposée dans la galerie d’Ambroise Vollard : « J’y fus si émerveillé par le lyrisme, la virulence, l’éclat des couleurs que je laissai un mot enthousiaste sur une table ». Coup de foudre réciproque : Picasso le reconnaît comme « poète », ce qui le conforte dans cette voie. Dans l’atelier du peintre, il rencontre Apollinaire, qui salue son talent avant même la sortie de son œuvre majeure « Le Cornet à dés » (1917). Un temps proche des surréalistes, il comptera parmi les grands poètes écartés par André Breton.

Dans les « Conseils à un jeune poète » , on voit un homme libre, entier, à l’âme exaltée : « Je vous enseigne la légèreté, l’élan, l’enthousiasme, car plus la source du jet d’eau est comprimée, plus elle monte haut ». En 1915, celui qui se définit comme un « enfant juif athée » se convertit au catholicisme, après avoir eu des apparitions de la Vierge et du Christ qui lui parlaient franchement dans les mots de tous les jours et dans des lieux inattendus, ce qui dérouta fort les hommes d’église : « Donc, la première fois Tu vins dans ma maison. / Et la seconde fois au Cinématographe… / "Vous allez donc alors au cinématographe ?" / Me dit un confesseur, la mine confondue. / "Eh ! mon Père ! Le Seigneur n’y est-il pas venu ?" ». En 1921, le poète part en retraite à l’abbaye bénédictine de Saint-Benoît-sur-Loire ; il revient à Paris de 1928 à 1936, puis retourne à Saint-Benoît où il est arrêté par la Gestapo, le 24 février 1944. Parmi ses « Derniers poèmes en vers et en prose » , il compose l’« Amour du prochain » :

« Qui a vu le crapaud traverser une rue ? c’est un tout petit homme : une poupée n’est pas plus minuscule. Il se traîne sur les genoux : il a honte, on dirait… ? Non ! il est rhumatisant, une jambe reste en arrière, il la ramène ! où va-t-il ainsi ? il sort de l’égoût, pauvre clown. Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue. Jadis, personne ne me remarquait dans la rue, maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune. Heureux crapaud ! tu n’as pas d’étoile jaune. »

Il meurt à Drancy le 8 mars 1944 ; il sera inhumé à l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.

Les lecteurs du Quarto pourront se rendre à la librairie de livres anciens Le Pont traversé, au 82 rue de Vaugirard, à Paris, dont la libraire n’est autre que la femme de Marcel Béalu – le jeune poète adoubé par Max Jacob en 1937 et devenu son ami et confident à Saint-Benoît-sur-Loire. Ils peuvent également contacter avec profit l’association passionnée et très active « Les Amis de Max Jacob » (associationmax-jacob@wanadoo.fr ; www.max-jacob.com) et consulter le beau dossier « Max Jacob » sur le site Poezibao.

Françoise Siri



lundi 7 janvier 2013, par Françoise Siri

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Max Jacob

Né à Quimper le 12 juillet 1876, Max Jacob passe toute sa jeunesse en Bretagne avant de s’installer à Paris où il va rencontrer Picasso, Matisse, Braque, Apollinaire, Modigliani, etc. Poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre français, il se convertit au catholicisme en 1915. En 1916 paraît « Le Cornet à dés » qui lui apporte la notoriété. Après avoir vécu à Saint-Benoît-sur-Loire de 1921 à 1928 auprès de l’abbaye bénédictine, il y revient en 1936 pour s’y retirer définitivement et y mène une vie quasi-monastique. Il meurt le 5 mars 1944, alors qu’il est emprisonné au camp de Drancy.

Bibliographie

Le Christ à Montparnasse
Saint-Matorel (1911)
La Côte (1911)
Œuvres burlesques et mystiques de Frère Matorel (1912)
Le Siège de Jérusalem‚ grande tentation céleste de Frère Matorel (1914)
Le Cornet à dés (1916)
Le Phanérogame (1918)
La Défense de Tartufe (1919)
Cinématoma (1920)
Le Laboratoire central (1921)
Le Roi de Béotie (1921)
Le Cabinet noir (1922)
Art Poétique (1922)
Filibuth ou la Montre en or (1923)
Le Terrain Bouchaballe (1923)
Les Tabar (1924) in Selection 3 12/1924 (pp 209-219)
Visions infernales (1924)
L’Homme de chair et l’Homme reflet (1924)
Les Pénitents en maillots roses (1925)
Le Fond de l’eau (1927)
Le Tableau de la Bourgeoisie (1929)
Sacrifice impérial (1929)
Rivage (1931)
Bourgeois de France et d’ailleurs (1932)
Ballades (1938)
Derniers Poèmes (1945)



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