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Roland Nadaus

Poète, romancier, fabuliste et homme d’action

Né en 1945, Roland Nadaus, qui fut enseignant, mais aussi maire de Guyancourt et conseiller général, est romancier, essayiste, pamphlétaire mais se veut avant tout poète. Son œuvre est abondante, qui ne compte pas moins d’une soixantaine de titres.

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Roland Nadaus aux 30 ans de Soc & Foc, en 2009, en Vendée
Photo Michel Baglin

Roland Nadaus est né en 1945. Il a débuté sa carrière dans l’enseignement. Romancier, essayiste, fabuliste et pamphlétaire (une soixante d’ouvrages à son crédit !), il se veut avant tout poète.
La poésie, justement, il en connaît toutes les formes, actuelles ou désuètes, qu’il a répertoriées dans son « Dictionnaire initiatique de l’orant » (La Bartavelle éd.).
Mais il est aussi homme d’action et a assumé plusieurs mandats de maire de Guyancourt, de conseiller général du canton de Montigny-le-Bretonneux et de président de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines où a été construite une Maison de la Poésie, très active.

L’œuvre de Roland Nadaus est abondante. Les poèmes publiés ci-dessous sont extraits d’un de ses derniers recueils, « Les grandes inventions de la Préhistoire » (Corps Puce éd. 2008)

Mais Roland Nadaus est aussi l’auteur de romans, de pamphlets, de contes et de chansons dont on trouvera la liste sur son site : cliquer ici.



« Les anonymes de l’Évangile »


Roland Nadauspropose avec « Les anonymes de l’Évangile » ses « libres propos autour de la Parole » du Christ. Sous-titré roman, son livre est en effet une fiction qui se situe en quelque sorte dans le prolongement du Nouveau Testament  : il y donne la parole aux témoins de la passion christique, les « anonymes » dont les propos rendent plus ordinaires et extraordinaires à la fois ces scènes, ces évènements, ces bouleversements survenus il y a plus de 2000 ans. Dans l’Évangile de Marc, un centurion s’écrie au pied de la croix : « vraiment cet homme était Fils de Dieu ». C’est lui que l’auteur charge de réunir les « dépositions » des humbles des quatre évangiles.
Rien de lénifiant ici. Un athée comme moi peut y trouver son content, une façon d’incarner à travers les yeux, les pensées et les doutes des bergers de Bethléem, de la femme adultère, du gardien du tombeau, du vieux marié de Cana, des miraculés ou de la veuve du bon larron ce qui peut aussi s’entendre comme la geste de la résistance à l’oppression de l’occupant et des prêtes et l’appel à la fraternité des hommes. Un message d’amour auquel le poète engagé Roland Nadaus donne parfois l’allure de contes sans doute un peu iconoclastes, mais d’autant plus « parlants ».

(Editions du Signe. 194 p.)



« Un cadastre d’enfance et quelques unes de ses parcelles »

« Entre cadastre et cadavre / enfant je ne faisais pas la différence » confie Roland Nadaus dans ce petit livre noir qui explore quelques parcelles de vie et de souvenirs pour une descente douloureuse « dans ce passé vivant qu’on nomme l’enfance ». L’homme mûr qui a une œuvre abondante derrière lui, qui a été élu maire et a construit une ville, est aussi celui qui se réveille parfois dans l’angoisse, « comme si le cordon d’ombilic me serrait le cou ». Les habitants de la « baraque », le grand-père, la « môman », la grand-mère unijambiste traversent ces pages en claudiquant, avec parfois un peu de facétie, mais c’est surtout le père inconnu qui pèse ici par son absence et son mystère, et cette mère touchante victime d’un viol à peine adolescente – une « parcelle d’éternité » dans la mémoire et le cœur de l’auteur. Ainsi, le « cœur percé par (s)a naissance », Roland Nadaus parle-t-il ici de ce « gamin qu’en moi j’ai dû étrangler pour survivre » et l’on y pressent une des sources d’encre d’un poète qui avoue être « devenu vieux très jeune ». Mais un homme qui n’a pas perdu le sens de la fraternité ni sa foi, malgré l’amertume et les dégoûts traversés, dont « la soupe aux vers de terre » qui clôt le volume propose une étrange métaphore.

(Editions Henry. 126 pages. 6 euros)


Quelques poèmes

L’invention du Passé
L’invention du Passé commence avec notre amour : exister n’existe qu’au présent de toi.
Avant-toi est sans Histoire : dans le Pré-Cambrien de l’Enfance dans le Paléolithique du Baiser je n’étais qu’un fossile vivant.
On nomme cela « Préhistoire » moi je le nomme « Préhistoire de Toi » : quand tu parus le Passé prit soudain sens il partait de toi et menait à nous.

L’invention de l’Écriture
L’invention de l’Écriture date de l’invention de t’Aimer c’est prouvé : il y a des bêtes qui hurlent qui dansent ou qui puent pour s’attirer l’Autre - moi c’est en torchant des pages blanches que j’accomplis le rite : autour de moi en moi ça grouille de mots de sens de non-sens des sons encensent le silence et l’empuent comme mes phrases bavent leur encre à la manière des escargots - sur ta peau. Je suis un homme pariétal.
Même quand je n’étais pas encore moi - faute de toi - je crachais déjà l’ocre en sarbacane sur la roche ou bien j’y griffais à doigts nus la voix sans écrits de l’Amour. Toutes les grottes t’annoncent.
Toutes mes grottes témoignent de toi.

L’Invention de la Tendresse
L’invention de la Tendresse ne se date pas c’est comme celle de la Roue c’est comme celle de l’Enterrement des Morts - de toute façon depuis le Début nous sommes trop fatigués de porter tout seuls notre corps.
Et cependant tous deux nous voulions continuer de marcher ensemble et ensemble et plus loin encore - et pourquoi pas jusqu’à ces villages-mirages qui foutent l’horizon là où le Soleil est trop lourd pour les épaules de la Terre.
C’est ainsi que nous avons inventé Ce-qui-allège : on ne l’appelait pas encore Tendresse - mais c’était comme une roue d’amour : plus rien n’était lourd ni cruel et la mort s’enfuyait à tire d’Elle et nous étions immortels d’ainsi nous aimer.
Certains prétendent que Tendresse est le nom de cendres du Désir : pauvres fumeurs de Carbone 14 ! Décidément bien des animaux disparus en savent plus que vous sur l’Amour.


L’Invention de la Roue

Et puis un jour tu m’inventas la Roue - et marcher nous devint impossible : l’Amour roulait en nous sur nous entre nous contre nous tout autour de nous partout jusqu’au tournis jusqu’à l’ivrognerie nous nous roulions dans l’Amour.
Cerclés l’un à l’autre roue de feu au-dessus du Bourbier nous vivions un amour solaire - embrasés nous étions le Moyeu du Monde : c’est nous qui ordonnions le Jour et la Nuit. L’Univers tout entier ne tournait que parce que nous nous aimions en son centre immobile - comme nos sexes unis : nul va-et-vient sacrilège en ce Manège oh j’en ai vu des dieux jaloux de nous qui se frottaient en désordre pour une ombre d’étincelle ! Mais à la fin la Roue s’arrête qu’on croyait à jamais lancée : nous ne sommes plus des dieux - mais seulement des amants et encore : la Roue-Rosace n’est qu’un vitrail. Qui nous masquait l’Eternité.

L’Invention du Poème
Car le Poème s’invente mais ça n’est pas une invention : le Poème est une découverte qui existait déjà - on l’invente comme on « invente » un trésor.
Ainsi on invente des fleurs des fleuves des monts des insectes des îles - et qui sait : des mots ? - qui étaient déjà et bien avant nous - mais ils n’avaient pas d’existence avant qu’un homme les nomme.
Comme on s’invente l’Amour on invente le Poème qui l’accompagne qui l’accomplit le dit le chante jusqu’à l’épuisement jusqu’à la nuit de la nuit : c’était déjà comme ça quand nous étions préhistoriques et qu’on osait enterrer nos morts.
Mais maintenant ça change tout change : les poèmes coûtent trop cher en main d’œuvre - à part ceux de la Veuve Poignet et de ses clients.
« Au Lupanar Médiatique ».

Extraits de "Les Grandes Inventions de la préhistoire".



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dimanche 21 juin 2009, par Michel Baglin

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Roland Nadaus

Roland Nadaus est né en 1945. Il a débuté sa carrière dans l’enseignement. Il vit et travaille à Guyancourt et en Mayenne.

Voici quelques titres, en poésie : « Maison de paroles » (Mercure de France, 1969), « Monde tel » (préface de Pierre Leyris, Pierre Jean Oswald, 1975), « 21 placards en forme de poing et de main » (Fond de la ville, 1976), « Petites comptines pour un gros cochon » (Le Dé bleu, 1977), « Pour un manifeste du réalyrisme » (1978), « 39 prières pour le commun du temps » (Jacques Brémond, 1979), « Premier cahier de préhistoire » (Verso, 1991), « Je ne tutoie que Dieu et ma femme » (Jacques Brémond, 1992), « Dictionnaire initiatique de l’orant » (La Bartavelle, 1993), « Esopiennes » (fables en prose, La Bartavelle, 1996), « 365 petits quintils (plus 1 pour les années bissextiles) » (Jacques Brémond, 1997), « En cas d’urgence, quintils » (Gros Textes, 1999), « Prières pour les jours ordinaires » (Editions de l’Atelier, 1999), « Dieu en miettes » (La porte, 2002), « Vivre quand même parce que c’est comme ça » (anthologie par J.Fournier. Le Dé Bleu ,2004), « Guérir par les mots » (Poèmes médicaux médicinaux et pharmaceutiques, Cadex, 2004).

Viennent de paraître : « Confessions d’un whiskymane français » (Monde Global éd.), « Poésies de langue française », anthologie (Seghers), « Prières d’un recommençant » (Ed. de l’Atlantique), « La pieuvre qui faisait bouger la mer" et "Les escargots sont des héros » , illustrations de Sophie Clothilde (Soc et Foc éd.). Pour lui écrire : roland.nadaus@wanadoo.fr

Roland Nadaus, la poésie et la scène

Une rencontre entre Roland Nadaus et la Cie Erinna à l’occasion de la mise en scène de ses « Grandes Inventions de la Préhistoire  » (direction Anastassia Politi), aura lieu le mardi 8 février 2011 à 19h, à la Ferme de Bel Ebat, à Guyancourt, Yvelines (entrée libre).
Une Lecture-signature est programmée à la "Librairie Mille Feuilles" de Trappes, mercredi 9 mars à 15h.
La création scénique de « Les grandes inventions de la prehistoire », par la Cie Erinna aura lieu à La Ferme de Bel Ebat, le mardi 1er mars à 20Oh pour le lancement de la 5ème Biennale de la Poésie/Poètes du Monde. "Carte blanche à Roland Nadaus", le 12 mars à 20h, Maison de la Poésie de St-Quentin-en-Yvelines, avec Jehan Despert, Francis Chenot, Michel Héroult, François-Xavier Maigre, poètes et Isabelle Olivier harpiste (entrée libre sur réservation) : en introduction création scénique de "Les escargots sont des héros" et "La pieuvre qui faisait bouger la mer" par l’Atelier Jeune Théâtre (dir. Michèle Choserot).







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