Bernard Ascal

« Répétition »

Un CD de sept titres

Bernard Ascal, touche à tout de talent, accompagne son exposition Bernard Ascal-Chercheur de signes, d’un CD qu’offre le musée départemental de la Seine-et-Marne à Saint-Cyr-sur-Morin et réunissant sept chansons. Il ne traite que de sujets sérieux, mais avec fantaisie. Lucien Wasselin l’a apprécié.



Je commençais ma note de lecture relative à « Pas même le bruit initial » par signaler que Bernard Ascal était un touche à tout de talent. L’occasion m’est donnée d’illustrer ce propos. En effet son exposition de peintures au Musée départemental de la Seine-et-Marne à Saint-Cyr-sur-Morin (dans la maison jadis habitée par le poète Pierre Mac Orlan) a été accompagnée par la sortie d’un CD qu’offre le dit musée à l’occasion de l’exposition Bernard Ascal-Chercheur de signes.

Ce CD, sobrement intitulé « Répétition », regroupe 5 titres enregistrés lors de séances de répétitions et 2 captés en public. Lors des répétitions Bernard Ascal est accompagné de Sylvain Durand au piano (sauf sur un titre où ce dernier est remplacé par Roger Pouly) et de Gaël Ascal à la contrebasse. Pour les deux chansons enregistrées lors de concerts, c’est Roger Pouly qui est au piano…

J’avoue que j’ai donné la priorité à la lecture et que j’ai remis à plus tard l’écoute des CD reçus en SP. Mais il est temps maintenant de passer aux actes. Et, bien que les sept plages de ce CD soient des enregistrements anciens qui s’échelonnent de 1989 à 1997, ce fut le plaisir...

Plaisir de l’intelligence car Bernard Ascal est à l’opposé des chanteurs à la mode qui prennent le public pour une masse décérébrée. Il ne traite que de sujets sérieux, mais avec fantaisie. Qu’on en juge : le quotidien qui n’exclut pas la profondeur et la réflexion, la mort et les dérives sociétales mercantiles (trafic d’organes, euthanasie…), le charity-business ou l’enrichissement de quelques-uns prêts à toutes les irrégularités et malhonnêtetés.

Mais tout cela se chante sur des musiques jubilatoires et les paroles sont cocasses à souhait : Bernard Ascal sait se moquer des situations qu’il dénonce. Mais il respecte toujours ceux qui souffrent. Ainsi dans La serpillière, c’est pour mieux dénoncer le déclassement qui frappe nombre de nos contemporains : sa virtuose de la serpillière (qui travaille comme fille de salle dans un hôpital) ne se demande-t-elle pas « Y a-t-il une pensée sans la matière ? » La description de la marchandisation de l’organisme humain, de la vente d’organes, du désir d’éternelle jeunesse du corps masque mal l’appât du gain de certains : et c’est l’occasion d’un véritable jeu de massacre épinglant les excès de la société dans une langue bousculée. Mais tout cela s’écoute actuellement. Un exemple, Pourvu qu’ça dure date de 1989 mais l’auditeur attentif trouvera un aspect très contemporain dans les paroles : payer ou non ses impôts, toucher des dessous de table, etc …
Bien sûr Ascal ne passe jamais à la radio, il n’est pas invité sur les plateaux de télé… C’est une raison suffisante pour l’écouter. D’autant plus qu’il ne prend pas les auditeurs pour des imbéciles.

Lucien Wasselin
Bernard Ascal, « Répétition ». CD hors commerce : débrouillez-vous ou, mieux, allez au Musée cité dans cet article ; tel : 01 60 24 46 00 ou mdsm@cg77.fr)…



jeudi 13 novembre 2014, par Lucien Wasselin

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