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A l’index

Un numéro spécial J-M Tixier

La revue de Jean-Claude Tardif existe depuis 2000 et a publié 18 numéros bien fournis. La dernière livraison qui vient de paraître est consacrée à Jean-Max Tixier, avec de très nombreuses contributions de critiques et d’amis, mais aussi des poèmes et un long entretien. Ce numéro, bouclé au moment du décès de Jean-Max Tixier, fait donc figure d’hommage.

La 18e livraison de la revue de Jean-Claude Tardif, « A l’index », était sous presse quand Jean-Max Tixier est décédé, le 29 septembre dernier. Aussi, les nombreuses contributions regroupées dans ce numéro dont les 180 pages lui sont consacrées, et qui entendaient saluer un confrère ou un ami, ont-elles pris malgré elles l’allure d’un tombeau.
Elles constituent en tout cas un bel hommage, mêlant études et évocations amicales, voire en fin de volume des poèmes dédiés à l’auteur de « Les silences du Passeur » . Des poèmes inédits ouvrent ce volume, un entretien avec Jean-Claude Tardif le clôt.
Jean-Max Tixier, qui était aussi critique et avait participé à la création de plusieurs revues ou à leurs comités de rédaction - des « Cahiers du Sud » (puis « Sud » et « Autre Sud ») à « Encres vives » - est ici salué par tous ceux qu’il y a côtoyés et avec lesquels il a entretenu dialogue et débat.

Nombreuses contributions

Jean Orizet s’interroge sur le temps chez Tixier, tout comme André-Alain Morello, Marie-Claire Bancquart met en évidence « une personnalité qui tient absolument à mettre des bornes à la sensibilité subjective » puis évolue vers plus de lyrisme à partir de « L’oiseau de glaise » , Daniel Leuwers salue un « poète de la ferveur cosmique » tandis que Bernard Mazo s’intéresse au théoricien, tout comme Max Alhau. Joëlle Gardes relève influence et parenté avec Saint-John Perse, Charles Dobzynski marque l’importance de la Méditerranée dans l’œuvre. Jacques Keriguy se penche lui sur le nouvelliste qui, avec ses « Notes de San Michele et autres textes » s’invente un Japon à la mesure de ses espaces intérieurs. Vénus Khoury-Ghata, Jacques Lovichi, Raymond Jean, Yves Broussard évoquent l’amitié et les controverses. André Ughetto souligne comment celui qui écrivait : « Parler pour n’être pas vaincu / Je retiens mot à mot le silence / Comme une digue l’océan », tendait à s’évader dans (et par) le chant.
Si beaucoup rappellent que Jean-Max Tixier fut un prosateur prolixe, à la fois romancier, nouvelliste, essayiste, tous s’accordent pour reconnaître la primauté du poète et son importance dans les courants et les interrogations qui traversent la poésie des cinquante dernières années.
A ces contributions s’ajoutent des poèmes dédiés de Salah Stétié, Pierre Dhainaut, Lorand Gaspar, Jean Joubert, Jean-Claude Villain, Patrice Delbourg, Robert Sabatier, F-J Temple, etc.

Les mots nous disent ce que nous sommes

Le questionnement sur la poésie, notamment à propos du lyrisme, ou des avant-gardes, on le retrouve dans le long entretien de Jean-Max avec le directeur de la revue. Il y évoque ses valeurs : rigueur, exactitude, anti-lyrisme, lucidité. Le risque aussi que souligna Brindeau, lié à son « vertige de l’impersonnalité ». Son matérialisme enfin, et sa conception de la poésie qui en découle : « Je ne conçois pas le langage comme une sorte de métaphysique mais comme une matière dotée de propriétés spécifiques. (…) L’intelligence est une propriété de la matière biologique comme l’amour résulte de combinaisons hormonales dont le creuset est localisable dans le cerveau, ainsi que le révèlent des études neurophysiologiques. Le savoir n’empêche pas d’aimer ni d’en jouir. »
Il y dit aussi son attachement à la Provence et s’explique sur ses « romans du terroir », mais surtout creuse son rapport à la langue et à ces mots qu’il dit « chargés de mémoire » : « c’est eux qui nous disent finalement ce que nous sommes. Il me semble que l’assise du poème – de l’écriture – se trouve là ».

Michel Baglin


Lire aussi :

Présentation de A l’Index par G. Cathalo

Portrait et livres de Jean-Max Tixier

lundi 26 octobre 2009, par Michel Baglin

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18 numéros

La revue de Jean-Claude Tardif existe depuis 2000 et s’est étoffée en pagination, de livraison en livraison.
18 numéros ont été publiés, beaucoup sont des anthologies, avec les signatures de Chatard, Albarèdes, Pirotte, Lambersy, l’Anselme, Josse, et beaucoup d’autres de même pointure.
Jean Chatard y tient la chronique « Montrés du doigt » (critiques de recueil), tandis que Jean-Michel Bongiraud assure la critique des revues et que Michel Héroult partage ses lectures entre les deux.
Certains numéros spéciaux constituent en fait des recueils de la collection « Empreintes ». Ainsi en va-t-il du numéro 4 : « L’univers & moi » de Ngo Tu Lap. Du numéro 6 : « Avec les pas en bois » de Parviz Kazhraï. Du numéro 10 : « Débaptisé/Nu » d’Yves Barbier. Du 11 enfin : « Le chasseur de frontières » de Tahar Fahloun.

Abonnement « A l’index » 20 euros pour 2 numéros.
Association « A livre ouvert ».
Jean-Claude Tardif.
11, rue du Stade.
76133 Epouville.


Jean-Claude Tardif (photo) est le créateur et le responsable de la revue.

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