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Jean Digot

Une œuvre d’homme et de poète

2012 : centenaire de sa naissance

Alors que l’on célèbre le centenaire de la naissance de Jean Digot, je voulais rendre hommage au poète, auteur de « Le feu et l’ombre » ou de « Vérité du silence », à l’éditeur, au créateur des Journées de poésie de Rodez, et bien sûr à l’homme chaleureux qu’il était.



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Jean Digot en 1988 (photo Michel Baglin)

La poésie était la grande affaire de sa vie et ses amis, tous ceux qui chaque année à Pentecôte venaient de toute la France, de Belgique, de Suisse et d’ailleurs pour assister aux rencontres de Rodez, les fameuses « Journées de Poésie » créées en 1951, ne pouvaient que garder le souvenir d’un être souriant et attentif, organisateur et animateur infatigable, tout entier dévoué, avec son épouse Simone, à l’accueil des poètes et au rayonnement du poème.

Découvreur de talents

Jean Digot, né à Saint-Céré le 19 juin 1912, s’est éteint le 5 septembre 1995 à l’âge de 83 ans, laissant derrière lui une œuvre poétique, mais aussi une œuvre humaine, car cet écrivain fut un remarquable découvreur de talents à travers, notamment, les nombreuses revues qu’il fonda et anima : L’aube artistique et littéraire, Les heures rouergates, Cumul… Dès avant-guerre, avec ses Feuillets de l’Ilot, il fut le premier à publier René-Guy Cadou, Alain Borne, Pierre Boujut, René de Obaldia et bien d’autres poètes, depuis consacrés.
Ce travail éditorial devait trouver son prolongement en 1951 avec l’organisation des Journées de poésie de Rodez (qui a attiré depuis des centaines d’auteurs sur les stands et dans la salle de conférence de la MJC), ainsi qu’aux éditions Subervie et avec, surtout, la création des prix Artaud, Voronca et Sernet, qui ont gagné une enviable notoriété.

Fidèle à sa propre voix

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Cette photo prise chez moi en 1988 est la seule dont je dispose où l’on voit aussi Simone. De g. à dr. : Simone Digot, Hélène, Jacqueline et Michel Baglin, Jean Digot, Casimir Prat, Serge Baglin.

On ne compte plus les poètes que Jean Digot aura contribué à faire entendre et reconnaître ! A telle enseigne qu’on en a parfois oublié qu’il était lui-même l’auteur d’une bonne quinzaine de recueils, de « Prélude poétique » (1932) à « Espace des sources » en passant par « Le Lieu et la formule », « Le Pays intérieur » ou « Airs de pluie ». Celui qui a fustigé « le piètre langage dépourvu de parole » que tiennent les modes et les dogmatismes littéraires aura toujours honoré son principe premier : rester fidèle à sa propre voix, et à cette poésie qu’il défendit d’emblée, en marge du surréalisme et de la rhétorique des "purs esprits".
Cette voix, d’abord marquée par l’expérience de la captivité et de l’exil pendant la guerre, sut demeurer grave et pudique. Elle est pleine d’ombre et de lumière, ambivalente plus que contradictoire, une voix d’homme ayant voulu habiter la terre, fraternellement, travaillée par la solitude, l’amour et la volonté d’« inlassablement / tenter / de rompre ces amarres / qui nous tiennent en laisse / aux berges de la mort ».

Michel Baglin



Lire aussi :

L’hommage d’Abdelmajid Kaouah



dimanche 24 juin 2012, par Michel Baglin

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Jean Digot

Né à Saint-Céré le 19 juin 1912, Jean Digot a suivi ses études secondaires à Rodez de 1930 à 1936, puis universitaires à Lille (HEC) et à La Sorbonne (Philosophie). Il a ensuite vécu à Rodez, au cœur du quartier populaire de son enfance, jusqu’à sa mort en 1995 survenue le 5 septembre 1995.
Lire l’hommage de J-F. Temple, ici

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Jean en compagnie de Denys-Paul Bouloc, à Rodez
Photo Michel Baglin



Bibliographie

Equateur de l’amour, Rodez, feuillets de l’Ilot, 1937
Le feu et l’ombre, Seghers, 1952
Les jours sont seuls, Rougerie, 1954
Légende, Cahiers de Rochefort, 1958
Le lieu et la formule, Rodez, Subervie, 1962
Le Pays intérieur, Seghers, 1967
Paroles au-delà, La presse à poèmes, 1969
Vérité du silence, Rougerie, 1979.
Poésie en Rouergue, essai, Rougerie, 1977
Airs de pluie, Vertical 12, 1980


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