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Une pétition pour Nedim Gürsel

Les menaces qui pèsent sur l’ écrivain turc, de nouveau inquiété par la justice de son pays qui entend le juger pour « dénigrement des valeurs religieuses de la population » en rapport avec son dernier roman « Les Filles d’Allah » (lire ici), ont provoqué de nombreuses réactions de solidarité. Le Pen Club et la Société des Gens de Lettres, entre autres, ont apporté leur soutien. Une pétition est en ligne.
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Ainsi qu’on a pu le lire sur Texture, Nedim Gürsel (sur la photo de Jean-Pol Sterck, ci-contre, en compagnie de Guy Rouquet qui l’accueillait en octobre à l’Abbaye de l’Escaladieu pour présenter son roman) est menacé de prison. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, l’écrivain turc est en effet de nouveau inquiété par la justice de son pays qui entend le juger pour « dénigrement des valeurs religieuses de la population » en rapport avec son dernier roman « Les Filles d’Allah » .

Le soutien du PEN Club...

Le P.E.N Club français soutient officiellement l’écrivain dont le procès reprend le 5 mai en Turquie. Ainsi vous êtes invités à signer la pétition, publiée par la Maison des Ecrivains et de la littérature (MEL) via ce lien : http://www.m-e-l.fr/expression-libre-petitions-detail.php?id=7

Georges-Emmanuel Clancier, Président d’Honneur du P.E.N Club Français, lui écrit :

« Cher Confrère,
« Le P.E.N Club Français vous exprime toute son admiration et vous assure de toute sa solidarité et son soutien dans la situation particulièrement absurde, où se trouve aujourd’hui votre dernier roman : « Les Filles d’Allah », poursuivi en Turquie pour "dénigrement des valeurs religieuses".
Le P.E.N Club Français dénonce l’accusation injuste et non fondée que subit votre roman aujourd’hui, la récuse et la déclare atteinte à la liberté d’expression et à la liberté de création, à l’endroit de l’écrivain valeureux, que vous êtes, qui a beaucoup apporté à la littérature turque et la littérature internationale, et qui a toujours le souci d’une parole juste et libre.
Je vous renouvelle l’appui inconditionnel du P.E.N Club Français et vous prie d’accepter l’assurance de ma profonde considération. »

...et celui de la SGDL

De leur côté, la Société des Gens de Lettres et l’Observatoire de la liberté d’expression en matière de création ont fait paraître le communiqué suivant :

"Soutien à l’écrivain Nedim Gürsel
La Société des Gens de Lettres et l’Observatoire de la Liberté d’expression en matière de création apportent leur soutien à l’écrivain Nedim Gürsel victime d’un procès en Turquie pour son livre Les Filles d’Allah. Le président du tribunal de Sisli accuse N. Güsel d’outrage à la religion et de blasphème pour son dernier livre, sorti dans son pays en mars 2008 et qui doit paraître en France en octobre prochain.
L’écrivain, qui réside actuellement à Paris mais se rend régulièrement à Istanbul, avait tout d’abord obtenu un non-lieu mais la décision du tribunal a finalement été annulée par le procureur de la République. Nedim Gürsel est à nouveau appelé à la barre le 5 mai 2009 pour « dénigrement des valeurs religieuses de la population », ce qui selon l’article 216 du code pénal turc, est passible d’une peine de six mois à un an de prison.
La Société des Gens de Lettres et l’Observatoire tiennent à dénoncer cette attaque contre la liberté d’expression au nom d’un fondamentalisme religieux contraire à la vocation de tout artiste créateur digne de ce nom."

samedi 2 mai 2009, par Michel Baglin

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Un dossier sur l’écrivain

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Né en Turquie en 1951, Nedim Gürsel est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages (romans, nouvelles, essais critiques et récits de voyage) publiés dans son pays. Beaucoup d’entre eux sont traduits en français et dans d’autres langues, allemand, italien, espagnol, portugais, néerlandais, danois, grec, arabe, bulgare, etc.

Lauréat de plusieurs prix dont celui de l’académie de la langue turque en 1976 pour son premier récit Un long été à Istanbul, Nedim Gürsel écrit en turc et en français. Après son baccalauréat obtenu au lycée de Galatasaray d’Istanbul en 1970, il poursuit ses études à Paris où il obtient une maîtrise en lettres modernes, puis soutient en 1979, sous la direction d’Etiemble, une thèse de doctorat en littérature comparée. Il vit actuellement à Paris mais effectue de fréquents séjours en Turquie et dans d’autres pays européens. Il est directeur de recherche au CNRS et chargé de cours à l’Institut national des langues et civilisations orientales.

Son roman La Première femme obtient en 1986 le prix Ipekçi pour sa contribution au rapprochement des peuples grec et turc.

Le prix de la meilleure nouvelle lui a été décerné, en 1990, par Radio France internationale.

Il reçoit, en 1992, pour ses essais, le prix de la plaquette d’or à Struga en Macédoine.

Plusieurs de ses textes ont été mis en scène en Turquie et dans plusieurs pays européens.

Son livre Le Roman du conquérant, grand succès en Turquie mais aussi en Europe, a confirmé sa place primordiale parmi les écrivains turcs à vocation internationale.

Il obtient en 2004 le prix France-Turquie et reçoit la même année le titre de chevalier dans l’ordre des arts et des lettres.

Les romans de Nedim Gürsel lui ont déjà valu des ennuis. Exilé pour échapper à la répression du coup d’Etat de 1980, il s’est vu condamné en 1981 par un tribunal militaire pour "offense aux forces armées", pour "Un long été à Istanbul". "La première femme" lui a également valu les foudres de la censure de la junte militaire deux ans après. Son dernier roman les filles d’Allah, paru en 2008 mais qui vient d’être traduit en français, fait donc actuellement l’objet d’un procès.

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