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Jean-Pierre Siméon

« Aïe ! un poète »

Je reprends ici un article que j’avais publié dans Poésie 1 en septembre 2004 parce qu’il me semble pouvoir constituer une introduction, sinon à la poésie de Jean-Pierre Siméon, du moins à son appréhension de la poésie. Une approche qu’il conduit avec pédagogie et humour.



Paru à l’occasion du précédent Printemps des poètes et écrit par celui qui en est le coordinateur national, Jean-Pierre Siméon, ce petit livre en forme de lettre à un correspondant que la poésie intimide ne manque ni d’humour (comme son titre l’indique), ni de vertu pédagogique (romancier et poète, Jean-Pierre Siméon est aussi enseignant), ni de profondeur même si son propos se veut d’une grande simplicité.

Avant tout, il s’agit pour l’auteur de lever des préventions et de susciter une gourmandise. En tordant le cou aux vieux clichés qui défigurent la poésie, d’abord. Elle n’est pas une berceuse qui voudrait nous divertir, « elle va droit au but et met les pieds dans le plat de l’existence ». Elle nous parle « les yeux dans les yeux », nous aide « à apprivoiser la nuit qui est en soi ». Le poème réussi n’est pas celui qui paraît bien fait et agréable, mais « celui dont vous jurerez qu’il n’a été écrit que pour vous ».

Fondant l’échange poétique sur cette sorte de dialogue d’intimité à intimité, Jean-Pierre Siméon ne l’en inscrit pas moins dans l’espace social. Et de rappeler que, par peur des grands mots, « quand on parle aux gens avec des petits mots, on les rapetisse. »

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Éloge de la lenteur et de la polysémie, ce petit livre propose donc des clefs et, parmi celles-ci, un sésame d’importance : « On ne peut aimer la poésie que si on aime être étonné, dérangé, déconcerté. » Comprendre un poème n’est pas l’analyser mais converser avec lui et l’auteur rappelle que dans cette conversation intérieure « vous avez tous les droits : ceux de l’amour, de l’antipathie, de la colère, du refus, de l’incompréhension ». Une seule condition, qu’il rappelle en citant Bonnefoy : « Le lecteur de la poésie (...) fait le serment à l’auteur, son proche, de demeurer dans l’intense. »
Ce petit livre salutaire est remarquablement illustré par Nicole Claveloux, Henri Galeron et Tina Mercié. (Seuil. Scérén / Cndp. 11,5 euros)

Michel Baglin
article publié dans Poésie 1 en sept 2004



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« Aïe ! un poète »



jeudi 28 février 2013, par Michel Baglin

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Jean-Pierre Siméon

Poète, romancier, dramaturge, critique, Jean-Pierre Siméon est né en 1950 à Paris. Professeur agrégé de Lettres Modernes, il a longtemps enseigné à l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Clermont-Ferrand, la ville où il réside.
Il est l’auteur de nombreux recueils de poésie, de romans, de livres pour la jeunesse, de treize pièces de théâtre, d’un essai sur le théâtre et un sur Laurent Terzieff.
Il a fondé avec Christian Schiaretti le festival Les Langagières à la Comédie de Reims et est désormais poète associé au Théâtre National Populaire de Villeurbanne. Il enseigne parallèlement à l’ENSATT de Lyon jusqu’en 2010. Il enseigne, à partir de septembre 2012, l’écriture théâtrale à Sciences Politiques à Paris. Il a créé en 1986 La Semaine de la poésie à Clermont-Ferrand. Il a été membre de la commission poésie du CNL et a collaboré comme critique littéraire et dramatique à l’Humanité. Il a été conseiller à la Mission pour l’Art et la Culture du Ministère de l’Education Nationale. Il participe aux comités de rédaction de plusieurs revues et dirige avec Jean-Marie Barnaud la collection « Grands Fonds » à Cheyne éditeur.Il est directeur artistique du Printemps des poètes depuis avril 2001.
Ses derniers textes, Philoctète et le Testament de Vanda ont été joués au mois d’octobre 2009, respectivement à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, dans une mise en scène de Christian Schiaretti, avec Laurent Terzieff et au Théâtre du Vieux-Colombier, avec Sylvia Bergé dans une mise en scène de Julie Brochen.
Il publie chez Cheyne éditeur depuis plus de vingt ans tous ses recueils de poésie. Son œuvre poétique lui a valu le prix Théophile Briant en 1978, le prix Maurice Scève en 1981, le Prix Antonin Artaud en 1984, le prix Guillaume Apollinaire en 1994 et le grand prix du Mont Saint-Michel pour l’ensemble de son œuvre en 1998. Il a reçu en 2006 le prix Max Jacob pour son recueil « Lettre à la femme aimée au sujet de la mort » et en 2010 le Prix international de Poésie Lucian Blaga à Cluj (Roumanie).



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