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René-Guy Cadou

« Aller simple » par Martine Caplanne

René Guy Cadou est mort il y a soixante ans. Chaque jour un peu plus depuis, sa place lui est reconnue parmi les poètes majeurs du XXe siècle
Martine Caplanne a mis nombre de ses poèmes en musique et les porte à la scène. Le dernier CD s’intitule « Aller simple »



René Guy Cadou est mort il y aura soixante ans en mars 2011. Chaque jour un peu plus depuis, sa place lui est reconnue parmi les poètes majeurs du XXe siècle. Son œuvre est traduite en plusieurs langues, elle est entrée dans les manuels scolaires avec, notamment, "Les Fusillés de Châteaubriant".
Mort à 31 ans, il n’eut pourtant que quelques années pour la composer. Mais ses thèmes - l’amour, la menace de la mort, la célébration du monde - la force de ses images et l’humanité de sa voix ont permis à plusieurs générations de se ressourcer, qui ne trouvaient plus leur pâture dans les derniers avatars du surréalisme, le militantisme d’après-guerre ou, plus tard, la poésie de laboratoire.
Cadou reste un solitaire même s’il fonda avec ses amis et à son corps défendant cette « École de Rochefort » qu’il ne considérait que comme « une cour de récréation ». N’appartenant à aucun courant, il reste heureusement inclassable. Et intimement universel.

« Aller simple » : Martine Caplanne chante Cadou

C’est à ce poète redécouvert sans cesse que Martine Caplanne rend hommage de longue date. Comme l’ont fait Morice Benin, Jean-Marc Robine ou Jean Servat.
Elle avait déjà mis plusieurs dizaines de ses poèmes en musique, qu’elle interprète d’une voix chaleureuse et passionnée, et enregistré plusieurs disques. Pour graver chez MSI le CD intitulé Aller simple , elle a opéré une sélection de 22 textes et, surtout, revu complètement les orchestrations. D’autres guitares viennent épauler la sienne, un saxo, un accordéon pour faire résonner les accents pathétiques de certains poèmes, un violon et un violoncelle. Les mélodies servent remarquablement la tonalité des textes, le rythme (lent, jazzy ou latino) épouse avec justesse les inflexions du chant intérieur, et c’est en amie que Martine Caplanne nous emmène dans les arrière-pays de Cadou.
En contrepoint, elle nous propose également trois poèmes d’Hélène (le grand amour de René-Guy, l’inspiratrice d’Hélène ou le règne végétal) qui, de recueil en recueil, poursuit son dialogue avec son compagnon parti en 1951, « jeune, à tout jamais », pour Le Grand Voyage.
« Ce sera comme un arrêt brutal du train / A beau milieu de la campagne un jour d’été » : la mort hante les poèmes retenus par Martine Caplanne ; son choix éclaire cependant tout aussi bien les autres visages du poète de Louisfert, sa ferveur amoureuse (« Il arrive qu’on pense à des femmes capables / De vous grandir en un instant, de vous lancer / par-dessus le feston doré des balustrades / Vers un monde de rocs et de vaisseaux hantés. »), son allégeance au « règne végétal », son goût des richesses quotidiennes, ses contradictions d’ « Ivrogne de la vie qui conjugue au présent / Le liseron du jour et le fer de la grille ».
Si vous voulez (re)découvrir Cadou, précipitez-vous sur ce CD complété par un livret avec textes et photos. Sans oublier bien sûr les recueils, notamment "Poésie la vie entière" (Seghers-Laffont).

Michel Baglin



Lire aussi :

"Poésie la vie entière" (portrait)

Martine Caplanne chante Cadou

Paul Dirmeikis chante Cadou

Hélène Cadou, dans la poursuite du dialogue



dimanche 5 septembre 2010, par Michel Baglin

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Ecouter trois poèmes



Hélène Cadou a salué le travail de Martine Caplanne en écrivant notamment :
« Martine Caplanne chante René Guy Cadou depuis 1976. En le découvrant, elle a découvert. un frère qu’elle n’aurait pas connu. II lui apporte une parole qui dit la souffrance, l’écorchure, la brisure, la source. Elle lui apporte sa musique, sa voix qui entraîne le poème vers les autres, vers tous ceux qui partagent désormais, un univers poétique au plus près du cœur, au plue près de l’âme, La souffrance mais aussi la joie nourrissent un chant que chacun reçoit avec une émotion qui se propage comme un feu de forêt, bien au-delà du point central, silhouette blonde et fragile de funambule ou de tragédienne qui semble tout droit surgie du mystère de la "Strada" ».
Martine a également mis en musique plusieurs poèmes d’Hélène. Voir (et écouter) le dossier Martine Caplanne.



Voir le dossier
Martine Caplanne




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