Retour à l’accueil > Auteurs > WASSELIN Lucien > « Aragon : la fin et la forme »

Lucien Wasselin

« Aragon : la fin et la forme »

Lucien Wasselin est un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre d’Aragon et à ce titre il vient de publier un court essai sur celui qui fut un poète national.



Pour Lucien Wasselin, l’étude de la forme chez Aragon est essentielle afin de comprendre ses écrits. On sait que pour le poète la forme était une quête constante et qu’il a fait du vers une de ses recherches majeures.
Lucien Wasselin commence son essai par l’étude du « Fou d’Elsa », publié en 1963, dont il évoque sa découverte dans les années soixante. La lecture de cette œuvre est difficile en raison de sa construction qui mêle prose et vers. Lucien Wasselin rappelle que «  « Fou d’Elsa », évoque le royaume de Grenade à la fin du XVème siècle. D’emblée il pose la question de savoir si cette œuvre est un poème ou un roman. La réponse revient à Aragon lui-même qui déclare que « l’on peut prendre aussi bien Le Fou d’Elsa comme un roman que comme un poème. »
Mais ce qui importe pour Lucien Wasselin c’est le remarquable savoir d’Aragon, sa documentation, malgré les erreurs, les inexactitudes que les spécialistes ont pu découvrir. A ces questions Lucien Wasselin pose celle de la présence de l’autobiographie et aussi la question de savoir qui est l’Elsa du « Fou d’Elsa », . Il s’agirait à la fois d’un poème de Mikhaïl Svetlov qu’il aurait connu par Elsa et de la légende de Qays et Laylà qui se transformera en Elsa, c’est-à-dire une double métaphore « à la fois poétique et politique de la vision de l’avenir qui est celle d’Aragon. »
Dans un autre chapitre, Lucien Wasselin étudie les formes traditionnelles de la poésie arabe dans « Fou d’Elsa », et note l’influence de la poésie traditionnelle arabe avec laquelle Aragon prend une grande liberté.
La seconde partie de cet essai est consacrée aux « Mètres et forme dans l’œuvre poétique d’Aragon ». Pour cela Lucien Wasselin se réfère aux débuts du poète, dès 1920, où Aragon, dans « Le Mouvement perpétuel » cède aux « anciens sortilèges de la poésie ». La période 1930-1940 voit peu de recueils publiés, à part « Front Rouge », poème de circonstance relatif à sa visite en URSS, ainsi que « Hourra l’Oural » , publié en 1934. Le livre suivant sera « Le Crève-Cœur » qui paraît en 1941 suivi d’autres recueils comme « Les Yeux de la mémoire » . Dans ce recueils sont utilisés les vers comptés, les rimes avec une grande diversité formelle puisque le vers libre est souvent employé. Lucien Wasselin n’oublie pas la « Poésie Nationale » qui valut bien des critiques à son auteur mais à laquelle se rallièrent Guillevic et d’autres poètes.
Lucien Wasselin consacre quelques lignes au sonnet chez Aragon et les recueils dans lesquels on les rencontre. Enfin « Le Roman inachevé » , publié en 1956, œuvre dont l’originalité « réside dans les poèmes qui dressent le portrait d’un Aragon » avec la variété des mètres. Dans les livres qui suivront Aragon se montrera virtuose avec l’emploi de vers insolites de vingt syllabes parfois. Le dernier ouvrage « Les Adieux » (1981) frappe par la diversité du mètre, par la rime toujours employée.
Avec cet essai, Lucien Wasselin expose les caractéristiques de la poésie et de l’écriture d’Aragon, sa virtuosité, ses intentions, tous ces facteurs qui font de lui un écrivain dont l’importance n’est plus à démontrer.

Max Alhau



Lire aussi :

« Balises », rencontre avec Kijno

« Aragon : la fin et la forme »

« Stèles lichens »

« Obscurément le cri »

« Poésie-réalité »

Les lectures de Lucien Wasselin 2014

Les lectures de Lucien Wasselin 2013

Les lectures de Lucien Wasselin 2012



mercredi 3 décembre 2014, par Michel Baglin

Remonter en haut de la page


Lucien Wasselin
« Aragon : la fin et la forme ».


Livre numérique. Recours au Poème éd.
( 6 euros) Voir ici



Lucien Wasselin

Né en 1945, Lucien Wasselin vit dans le Nord de la France. Poète, il collabore par ses articles et notes de lecture à plusieurs publications (revues, hebdomadaires...). Il fut chroniqueur à la revue de poésie Rétro-Viseur, membre des comités de rédaction d’Espaces Marx (où il tient la rubrique poésie), de Faîtes Entrer L’Infini (où il a publié plusieurs études), de La Revue Commune..
Il a coordonné des dossiers Ilse et Pierre Garnier, Max Alhau, Gérard Le Gouic et publié en revue des études sur Alin Anseeuw, Louis Aragon, René Crevel, Pierre Dhainaut, Eugène Guillevic, Ivar ch’Vavar, Léon Moussinac, Armand Olivennes, Jean Prévost...
Co-fondateur d’OrpailleuR-éditions en 1991 (livres d’artistes et estampes originales), il a participé à l’animation de cette structure jusqu’en 2007.



-2017 Revue Texture Contact | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0