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Georges-Emmanuel Clancier

« Au secret de la source et de la foudre »

Ce sont des poèmes restés inédits, écrits entre 1959 et 1978, qui sont rassemblés dans ce recueil mince mais combien attachant.



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Georges-Emmanuel Clancier, photographié par Jean-Pol Stercq

« Au secret de la source et de la foudre » reste fidèle à la poésie de Georges-Emmanuel Clancier : la célébration de la vie, de l’amour, de l’être dans toute sa plénitude. Ici les nombreux poèmes d’amour qui sont parfois relayés par des chansons constituent l’essentiel de la quête du poète et ne se départissent jamais de la présence de la vie dans ce qu’elle possède de plus fort, de plus exaltant : « O bouche de sève chaude, / Blessure affamée / Où la vie se repaît / De frénétique nuit, / De joie et de fureur / Où la vie s’enracine, / Sauvage et forte ».

Tout au long de ce livre, ce sont des odes à l’amour qui viennent conforter ce sentiment d’exaltation de la vie qui en est le complément. L’amour c’est aussi la présence d’une terre attachée à la femme aimée et célébrée avec la même intensité : « J’ai partagé cette odeur de Provence où résonne ton nom / J’ai rêvé de la joie fière dont révèrent tes vingt ans », écrit Georges-Emmanuel Clancier.

L’amour est aussi le reflet des saisons que le poète appréhende dans un élan sans retenue et d’une écriture allègre : « C’est l’été de l’amour / C’est l’été de la vie, / C’est midi pour toujours / Auprès de ma jolie ». Dès lors comment ne pas être reconnaissant à la femme pour tant de dons accordés de sa part, pour tant de sentiments éprouvés à son égard. Il y a chez Georges-Emmanuel Clancier une générosité dont il a toujours fait preuve et qui s’exprime dans ces poèmes d’amour sans retenue : il suffit de lire Donatrice et ces vers : « Donatrice / Qui me redonnes vie / Je te donne en offrande / Egarée, éparse entre ronce et fleur / Plage ou ruine ou lueur d’enfance / La vie / Comme lierre à la tienne enlacée » pour s’en convaincre.

Il arrive aussi que le poète connaisse la fugacité de l’amour et sa lucidité s’exprime sans amertume, aussi peut-il écrire : « Vous m’oublierez : rien ne demeurera / De ce qui fut ce cœur tissé de songes ». A cela qu’opposer sinon l’amour le plus charnel qui est à l’image de la terre maternelle, de la vie et cela par l’intermédiaire de la femme : l’écriture se charge alors d’une force soudaine, d’un érotisme violent : « C’est le soleil en fête perpétuelle, / Le matin bleu des monts et des combes, / Que je fends, que je pénètre, / Que j’adore et que je mange / Quand je te prends et te renverse / O sablier de l’aimée. »

Par leur intensité, par l’expression d’un amour pour la femme et la vie, ces poèmes sont une sorte de testament poétique dans la lignée de tous ceux qui les ont précédés. Remercions Georges-Emmanuel Clancier pour cette vie en poésie et sa traduction en mots, pour sa lucidité et son regard porté sur le monde et les hommes.

Max Alhau



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jeudi 22 novembre 2018, par Max Alhau

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Georges-Emmanuel Clancier
Au secret de la source et de la foudre


Gallimard, collection Blanche, 2018,
(64 p. — 12 €.)



Georges-Emmanuel Clancier

Georges-Emmanuel Clancier est né à Limoges le 3 mai 1914 dans une famille d’artisans et d’ouvriers porcelainiers. Il découvre très jeune la poésie dont il dit : « La poésie (...) a le pouvoir sinon de « changer la vie », du moins de la transfigurer en captant et en révélant ses plus profondes résonances. » Dès 1933, il collabore à des revues, dont Les Cahiers du Sud. Il poursuit des études de Lettres à Poitiers puis à Toulouse, rencontre Joë Bousquet. Il se liera ensuite avec Max-Pol Fouchet, Raymond Queneau, Michel Leiris, Claude Roy, Pierre Seghers, Loys Masson, Pierre Emmanuel.
À la Libération Georges-Emmanuel Clancier devient journaliste au Populaire du Centre. Avec l’éditeur René Rougerie, il fonde une revue puis dirige une collection. Mais en 1955, il s’installe à Paris pour être secrétaire général des comités de programmation de la RTF, puis de l’ORTF, jusqu’en 1970.
Il inaugure sa suite romanesque "Le Pain noir" en 1956. Le Grand Prix de littérature de l’Académie française lui est décerné en 1971. Président du Pen club français (1976 à 1979) il a défendu des écrivains menacés, détenus, déportés, exilés. En 1980 il fut vice-président de la commission française pour l’UNESCO.
Il est décédé dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 juillet 2018, à 104 ans.



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