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Bernard Ascal

Bernard Ascal a plus d’une corde à son arc...

Portrait par Lucien Wasselin

Bernard Ascal a plus d’une corde à son arc : il est peintre, il est poète, il écrit de la prose, il dirige une collection de disques, il met en musique les poètes et les chante, il est un fin connaisseur de la chanson française à texte, etc. Aussi ne faut-il pas s’étonner de la diversité de ses productions. Il n’était donc pas inutile d’ouvrir un dossier à lui consacré car Bernard Ascal est un honnête homme en ces temps qui en manquent cruellement… (L W)



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Bernard Ascal en concert (Photographie Anne Beaugé)

Bernard Ascal a toujours développé une pratique quotidienne de la musique, de l’écriture et de la peinture. Cette dernière est, jusqu’au début des années quatre-vingt-dix, son activité sociale dominante avant d’être relayée par la musique et l’écriture.

En forte connivence avec les enjeux des surréalistes, son travail plastique fut proche aussi de la « figuration narrative », notamment pour sa tentative d’intégrer une réflexion politique autant qu’esthétique dans les œuvres. De 1970 aux années 1990, ses peintures ont régulièrement fait l’objet d’expositions personnelles à Paris.

De Bernard Ascal auteur de poèmes, Bernard Noël déclare qu’il « réinvente une poésie de Carnaval rarement pratiquée depuis le Moyen Âge ». Plusieurs recueils jalonnent son parcours poétique dont Le Gréement des os (2005) et Pas même le bruit initial (2014). Il est, en 2014, poète invité et parrain de la 10ème édition du festival « Place à la Poésie » organisé par la compagnie Éphéméride et le département de l’Eure.

Parallèlement, il mène un travail de mise en musique des poètes du XXe siècle et contemporains donnant lieu à de nombreux récitals présentés en France et à l’étranger. Il s’intéresse plus particulièrement aux poètes surréalistes tels Joyce Mansour, Benjamin Péret, Philippe Soupault, ainsi qu’aux poètes de la Négritude — Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, Léopold Sedar Senghor…

Responsable, chez EPM, depuis 2003, de productions discographiques liées à la poésie, il contribue à la republication de l’œuvre enregistrée de Colette Magny (2 CDs en 2008), à un hommage à Louis Aragon (6 CDs en 2012), à la parution des chansons et des entretiens de Pierre Mac Orlan (3 CDs et 1 DVD en 2013) ainsi qu’à la réédition des chansons de révolte de Rosalie Dubois (1 CD en 2008 puis 2 CDs en 2014)….

Pour ce qui le concerne, Bernard Ascal publie, en 2008, l’enregistrement de son oratorio Cahier d’un retour au pays natal, à partir du poème éponyme d’Aimé Césaire, puis obtient, en 2010, un « Grand prix » de l’Académie Charles Cros pour son double-CD Poètes de la Négritude.

En 2013, il fait paraître ses mises en musique des poèmes de Pablo Picasso sur le livre et le double-CD Pablo Picasso - Poèmes & Propos. Une version scénique de cette réalisation est créée en mars 2014, à la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines, sous le titre Quand je n’ai plus de bleu, je mets du rouge.

D’avril à décembre 2014, le Musée départemental de la Seine-et-Marne, implanté à Saint-Cyr-sur-Morin (77750), consacre une exposition à ses parcours croisés : pictural, poétique et musical – Bernard Ascal, chercheur de signes.

De la fin janvier au début d’avril 2015, la Galerie du Centre à Paris expose un ensemble de toiles peintes entre 1966 et 1985. À cette occasion, un catalogue comprenant 37 reproductions d’œuvres est édité par la galerie.



Quelques lectures


« Pas même le bruit initial »

Bernard Ascal a été (est toujours) peintre. De fait, c’est un touche à tout de talent, qui chante, met en musique les poètes, dirige une collection de disques chez EPM et écrit de la poésie. « Pas même le bruit initial » appartient à cette dernière activité même si le recueil est illustré par un certain Bernard Ascal…
Il donne à entendre, non le bruit de fond de l’univers, mais celui d’une certaine société exécrable, cela va sans dire : la nôtre. Les poèmes sont regroupés en cinq chapitres. La première suite est une célébration de la vie par l’intermédiaire de la nature, du végétal ; mais ça grince avec les herbicides ! La deuxième dénonce les travers de la société qui sait se peindre en rose pour donner l’illusion que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ; mais Bernard Ascal est lucide, il donne à voir à son lecteur les sans papiers, les émigrés, les charters de la honte… Le ton fait alors penser à Jacques Prévert et à sa chasse à l’enfant.
La troisième commence avec des blasphèmes pour mieux symboliser la nécessaire révolte mais il se sent responsable de ce qui ne va pas dans le monde : « ce n’est pas beau à voir / mon intérieur » écrit-il… C’est qu’il ne se pose pas en sauveur du monde, il est semblable à la foule qui l’environne, c’est une leçon de responsabilité collective qui est donnée, mine de rien, sur un ton à l’opposé de toute morale.
La quatrième s’intéresse à la langue, aux mots ; là encore, Bernard Ascal sait se tourner en dérision : « à la différence de tant d’autres / cela ne me permet pas d’écrire des vers / moins mirlitons ».
La dernière partie sonne comme une conclusion empreinte de modestie. Bernard Ascal a beau dire Je, c’est le portrait d’un citoyen lambda qu’il trace dans ses poèmes d’esprit libertaire.
Images au vitriol de l’homme, dénonciation des passeurs, des forces de l’ordre, des contrôles d’identité… Tout est dit avec beaucoup de fantaisie, voire d’humour (parfois noir). Un recueil à lire…

(Bernard Ascal, « Pas même le bruit initial ». Gros Textes, 72 pages, 10 €. Sur commande chez l’éditeur : Gros Textes. Fontfourane. 05380. Châteauroux-les-Alpes).



Une anthologie sonore : « L’insurrection poétique »

Il fut un temps où la poésie voulait changer le monde. Aujourd’hui, c’est l’économie qui mène ce dernier et la politique veut simplement accompagner les prétendues révolutions industrielles, agro-écologiques ou technologiques tandis que la poésie a quasiment disparu du catalogue des grands éditeurs. On sait ce que ça veut dire : cet accompagnement vise à « libéraliser » encore plus le monde du travail et cette disparition vise à étouffer toute voix discordante…
Heureusement, de temps en temps, il nous est rappelé que la poésie n’est pas morte. C’est le cas avec ce CD, « L’Insurrection poétique », édité par EPM dans le cadre du Printemps des poètes 2015. Le choix a été fait par Bernard Ascal, un orfèvre en la matière puisqu’il met en musique et chante de nombreux poètes et qu’il dirige la collection Marc Robine (Poètes & Chansons) chez EPM. 23 plages qui nous renvoient à cette époque où les poètes prônaient « l’insurrection de la conscience contre tout ce qui enjoignait, simplifiait, limitait et décourageait » ! Du moins témoignaient-ils alors de nos espoirs et de nos luttes. Aujourd’hui, c’est le silence total sur les ondes : on n’entend plus guère Léo Ferré, Julos Beaucarne, Colette Magny ou Rosalie Dubois. Les chanteurs majoritairement, de nos jours, bercent pour mieux endormir le cher auditeur, voire l’abrutir.
Rien de tel ici ; parmi ceux cités plus haut, on retrouve Colette Magny, Rosalie Dubois et Julos Beaucarne. Mais tout est à écouter. Belles voix, interprétations traversées par l’enthousiasme propre aux lendemains dont on espérait qu’ils allaient chanter, textes de poètes, chansons populaires, comédiens (comme Gérard Philippe l’inoubliable disant Liberté de Paul Éluard), interprètes oubliés des ondes (comme Jean-Roger Caussimon)… Tout est bon, tout est excellent ; le choix de Bernard Ascal est impeccable ; la preuve, c’est qu’on aimerait dix CD comme celui-là. Ascal donne même à entendre des auteurs occasionnels de chansons devenues mythiques (comme Sartre chanté par Marc et André), Le déserteur de Boris Vian interprété par Marc Robine…, il se fait même une place discrète avec deux extraits de ses précédents enregistrements (l’un de Fleuve atlantique, l’autre de Cahier du retour au pays natal) parus chez le même label.
Et, ce qui ne gâte rien, la pochette est illustrée d’après une affiche de Mai 68 ; de quoi être submergé par la nostalgie ! On est à l’opposé des soixante-huitards de salon qui encombrent les plateaux de la télé ! Mieux, on a envie de continuer le combat. Et, en plus, Jean-Pierre Siméon, le directeur artistique du Printemps des poètes, signe une préface sur la pochette du disque, préface placée sous un exergue du poète beat Lawrence Ferlinghetti : « La poésie peut encore sauver le monde en transformant la conscience ». Du travail nous attend !

(« L’Insurrection poétique ». EPM, CD n° 986902, 13 €. Chez les bons disquaires.)



« Répétition », un CD de sept titres

Je commençais ma note de lecture relative à « Pas même le bruit initial » par signaler que Bernard Ascal était un touche à tout de talent. L’occasion m’est donnée d’illustrer ce propos. En effet son exposition de peintures au Musée départemental de la Seine-et-Marne à Saint-Cyr-sur-Morin (dans la maison jadis habitée par le poète Pierre Mac Orlan) a été accompagnée par la sortie d’un CD qu’offre le dit musée à l’occasion de l’exposition Bernard Ascal-Chercheur de signes.
Ce CD, sobrement intitulé « Répétition », regroupe 5 titres enregistrés lors de séances de répétitions et 2 captés en public. Lors des répétitions Bernard Ascal est accompagné de Sylvain Durand au piano (sauf sur un titre où ce dernier est remplacé par Roger Pouly) et de Gaël Ascal à la contrebasse. Pour les deux chansons enregistrées lors de concerts, c’est Roger Pouly qui est au piano…
J’avoue que j’ai donné la priorité à la lecture et que j’ai remis à plus tard l’écoute des CD reçus en SP. Mais il est temps maintenant de passer aux actes. Et, bien que les sept plages de ce CD soient des enregistrements anciens qui s’échelonnent de 1989 à 1997, ce fut le plaisir...

Plaisir de l’intelligence car Bernard Ascal est à l’opposé des chanteurs à la mode qui prennent le public pour une masse décérébrée. Il ne traite que de sujets sérieux, mais avec fantaisie. Qu’on en juge : le quotidien qui n’exclut pas la profondeur et la réflexion, la mort et les dérives sociétales mercantiles (trafic d’organes, euthanasie…), le charity-business ou l’enrichissement de quelques-uns prêts à toutes les irrégularités et malhonnêtetés.
Mais tout cela se chante sur des musiques jubilatoires et les paroles sont cocasses à souhait : Bernard Ascal sait se moquer des situations qu’il dénonce. Mais il respecte toujours ceux qui souffrent. Ainsi dans La serpillière, c’est pour mieux dénoncer le déclassement qui frappe nombre de nos contemporains : sa virtuose de la serpillière (qui travaille comme fille de salle dans un hôpital) ne se demande-t-elle pas « Y a-t-il une pensée sans la matière ? » La description de la marchandisation de l’organisme humain, de la vente d’organes, du désir d’éternelle jeunesse du corps masque mal l’appât du gain de certains : et c’est l’occasion d’un véritable jeu de massacre épinglant les excès de la société dans une langue bousculée. Mais tout cela s’écoute actuellement. Un exemple, Pourvu qu’ça dure date de 1989 mais l’auditeur attentif trouvera un aspect très contemporain dans les paroles : payer ou non ses impôts, toucher des dessous de table, etc …
Bien sûr Ascal ne passe jamais à la radio, il n’est pas invité sur les plateaux de télé… C’est une raison suffisante pour l’écouter. D’autant plus qu’il ne prend pas les auditeurs pour des imbéciles.

Bernard Ascal, « Répétition ». CD hors commerce : débrouillez-vous ou, mieux, allez au Musée cité dans cet article ; tel : 01 60 24 46 00 ou mdsm@cg77.fr)…



« Pablo Picasso, Poèmes & Propos »

C’est un travail ambitieux et original que livre Bernard Ascal avec son « Pablo Picasso, Poèmes & Propos »  ; beau titre placé sous une photographie de David Douglas Duncan qui a su fixer le mystère du regard du peintre… Si ce dernier est universellement reconnu (qu’il soit loué ou décrié !), l’écrivain reste méconnu. Certes, ses pièces de théâtre sont relativement reconnues, en particulier « Le Désir attrapé par la queue » qui fut réédité, mais ses poèmes n’ont jamais atteint le public que la célébrité de leur auteur aurait pu leur amener…
Bernard Ascal a fait un choix parmi les 350 poèmes, tant en espagnol qu’en français, que Picasso a écrits de 1935 à 1959. Il en donne à lire 26 dont de nombreux en fac-similé à partir du manuscrit. L’un, daté du 14 décembre 1935 (Sur le dos de la tranche), est même interprété par le peintre qui rehausse de couleurs et de graphismes noirs chacun des vers : on peut y voir comme une anticipation (au-delà des différences) du travail que fera Picasso sur Le Chant des morts de Pierre Reverdy (Tériade éditeur, 1945). Les autres, simplement reproduits, mettent en évidence les distances que prend Picasso avec l’orthodoxie surréaliste, même si selon Brassaï « les œuvres littéraires de Picasso relèvent de la poésie surréaliste »  : ses manuscrits sont raturés, repris, remis sur l’ouvrage ; on est loin du premier jet de l’écriture automatique… À lire ces poèmes, on est surpris de la modernité de Picasso : combinatoire et variations, accumulations, logorrhée à l’image de l’écoulement de la couleur sur la toile… Picasso pense en couleurs, l’art pictural n’est jamais bien loin du texte ; la poésie et la peinture sont inséparables ainsi dans « Portrait de jeune fille »
Mais Bernard Ascal ne s’arrête pas là. Constatant qu’à l’exception de René Leibowitz, les musiciens n’ont guère mis en musique les poèmes de Picasso, il compose sur les poèmes choisis et les enregistre avec Cécile Charbonnel (CD 1) : le pari n’était pas gagné d’avance, l’écriture de Picasso (vers libres ou prose) ne se prête guère à la mise en musique par l’absence de rime et de rythme facilement mémorisable musicalement… Il découpe en vers les textes en prose et publie sa « découpe ». Le résultat est étonnant : il est vrai qu’il a fait appel à Jean-Michel Charbonnel pour les arrangements, l’un des meilleurs musiciens de jazz du moment… Un second CD reprend les propos de Picasso sur son travail, propos qui sont publiés à la suite des poèmes en 13 « chapitres ». Propos parfois déconcertants car ils pointent l’absurdité du parler commun : « … on peut dire qu’un steak est bleu quand on veut dire rouge. C’est ce que j’ai souvent fait quand j’ai essayé d’écrire des poèmes », à rapprocher de « Quand je n’ai plus de bleu, je mets du rouge »… Il y a dans ces propos une liberté qui surprend tant ils sont aujourd’hui politiquement incorrects.
Cet ouvrage est une excellente introduction à la démarche de Picasso par le va et vient qu’il impose entre la peinture (quelques reproductions), les poèmes, les propos, la musique (le premier CD), les photographies de D.D. Duncan… Si Picasso a déclaré « Au fond, je crois que je suis un poète qui a mal tourné », le travail de Bernard Ascal prouve que Picasso est un poète. Continuellement.

(Bernard Ascal, « Pablo Picasso, Poèmes & Propos. » 1 livre illustré et 2 CD audio. EPM, 182 pages, 24,50 €. Diffusion CED/distribution Daudin. Couverture cartonnée).



« L’étreinte du monde » d’Abdellatif Laâbi

C’est un disque précieux que proposent Bernard Ascal et Abdellatif Laâbi, « L’étreinte du monde ». Un disque précieux car jamais le temps tragique que nous vivons n’a été aussi propice à son écoute attentive. Je me souviens de ce qu’Aragon écrivait après la mise en chanson de certains de ses poèmes par Léo Ferré : « J’ai l’habitude de dire que la mise en chanson d’un poème est à mes yeux une forme supérieure de la critique poétique ». Bernard Ascal a choisi 18 poèmes d’Abdellatif Laâbi et les chante ; mais il a retenu la leçon d’Aragon : « C’est ici une critique créatrice, elle recrée le poème, elle y choisit, elle donne à un vers une importance, une valeur qu’il n’avait pas, le répète, en fait un refrain ». Je n’ai pas lu en recueil les poèmes de Laâbi et je ne sais donc pas jusqu’à quel point Bernard Ascal les a transformés. Mais je suis sensible aux répétitions de vers (souvent le premier ou le dernier de la chanson) ; c’est une forme d’insistance très douce que j’accepte facilement car, par ailleurs, l’interprétation de Bernard Ascal est d’une grande sobriété : pas d’effets inutiles, pas de grandiloquence, la voix est au service d’un texte, Ascal s’efface devant le poète.

D’ailleurs l’intelligence de Bernard Ascal (une véritable intelligence du poème), c’est d’avoir interprété ces textes avec une formation limitée : un piano, une guitare, une contrebasse, une clarinette et le saxophone qui se décline en quatre tonalités selon les poèmes. Pas d’excès de décibels : les paroles de Laâbi restent audibles, elles sont parfaitement entendues (aux deux sens du terme) par l’auditeur. Contrairement à certains chanteurs à la mode (mal conseillés par leur ingénieur du son ?), Bernard Ascal sait terminer une chanson : ici, pas decrescendo qui meurt honteusement dans le silence, mais une dernière note qui claque comme un point final ! Je ne parlerai pas de chacune des chansons mais je salue ici Bernard Ascal pour sa mise en musique et pour son interprétation…

La seconde partie du disque est consacrée à Abdellatif Laâbi qui dit 8 fragments d’ Une genèse oubliée Là aussi, la voix est sobre ; seule concession à la musique : les 5 plages instrumentales séparant les plages dans lesquelles Abdellatif Laâbi (un poète profondément humaniste) dit ses poèmes qu’il faut écouter avec attention car ils sont l’antidote au poison qu’instillent patiemment dans nos esprits tous ceux qui veulent réduire la liberté, réduire la vie. Ce disque est une bonne façon de porter la poésie jusqu’au public, une façon différente de la publication sur papier ou en ligne… Si l’enregistrement de poèmes dits par l’auteur ou par des comédiens n’est pas une nouveauté, si la mise en chanson de poèmes date elle aussi de quelques dizaines d’années, ce disque est exemplaire par sa réalisation. D’où mon pastiche du titre donné à un fragment d’ Une genèse oubliée « Il est temps de se taire ». Ce disque (qui est la réédition d’un CD publié primitivement chez EPM en 2001), il est temps de l’écouter…

« L’Étreinte du monde », Éditions Eponyme, CD EPO 61220. L’Étreinte du monde, chanté par Bernard Ascal (39’59’’) et Fragments d’Une genèse oubliée dits par Abdellatif Laâbi (30’32’’).
Lucien Wasselin



Bibliographie sélective :

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Photo Loïc Séron.

« Sorties de pistes », Le Petit Véhicule (à paraître en mai 2015) Eléments du parcours peinture / chanson / poésie. Textes de Michel Trihoreau, José Pierre, Pierre Tilman et Marc Albert-Levin.
« Pas même le bruit initial », Gros Textes, 2014.Poèmes.
« Pablo Picasso. Poèmes & propos, » EPM, 2013. Anthologie réalisée par Bernard Ascal. « Coup de Cœur 2013 » de l’Académie Charles Cros. Label « Sélection Printemps des Poètes »
« Le Cadre et le clou », Rhubarbe, 2011 (notes d’un peintre)
« Un cul de sac dans le ciel », Rhubarbe, 2008 (notes d’un marcheur)
« Le Gréement des os », Le Temps des Cerises / Ecrits des Forges, 2005. Poèmes. Préface de Bernard Noël. Réédition en 2010.
« Tout l’espoir n’est pas de trop », Le Temps des Cerises / Ecrits des Forges, 2002. Anthologie réalisée par Bernard Ascal, consacrée à douze poètes de l’actuelle francophonie.
« La Cuvette », Chez Léopold, 2000. Nouvelles
« Signe-Singe », Cirrus, 2000. Poèmes accompagnés de cinq photographies de Bernadette Tintaud.
« Imbu d’embu », L’Hypoténuse, 1996. Notes sur la peinture
« Couacs en sourdine », Bleu Pantoufle, 1991 Textes de chansons.



Lire aussi :

Bernard Ascal : « Sorties de pistes »

Bernard Ascal a plus d’une corde à son arc... (portrait)

Bernard Ascal revisite Arthur Rimbaud…



dimanche 3 mai 2015, par Lucien Wasselin

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Eléments du Parcours


Auteur, chanteur, compositeur et peintre ayant de fortes attaches avec le surréalisme. Depuis 86, il crée des spectacles dans lesquels la poésie — celle des années 20 jusqu’à celle d’aujourd’hui— est toujours présente.

1966  : Avec l’apparition des premières toiles incorporant des coupures de presse en référence à l’actualité, cette année constitue l’an 1 du parcours de peintre.

1968-69  : La crainte de réactions négatives du public et des pressions de nature hiérarchique, valent aux 2 premières expositions personnelles de Bernard Ascal — au Centre culturel de Romainville en 1968 et au Théâtre Daniel Sorano à Vincennes en 1969 — d’être décrochées par la direction des lieux concernés avant même le vernissage.

1969 : PARIS. Maison Internationale – Théâtre de la Cité Universitaire.
Alerté de ces 2 annulations successives, André-Louis Perinetti accueille l’exposition dans le foyer de son théâtre.

1970  : Exposition personnelle à la Galerie “Le Ranelagh” (Présentation de Bernard Rancillac).

1973  : Exposition personnelle à la Galerie Liliane François (Paris)

1975  : S’installe dans un petit village, à l’extrémité-est de la Seine-et-Marne
Exposition personnelle à la Galerie de Larcos (Paris). Présentation de Nom Profession Adresse (Livre d’artiste avec des poèmes de Pierre Tilman).

1976  : CHELLES, Centre d’Animation Culturelle . Peintures et estampes 1966-76. Exposition personnelle. Catalogue préfacé par Pierre Tilman.
La municipalité refuse d’inaugurer l’exposition.

1977 : Exposition personnelle à la Galerie de Larcos (Catalogue préfacé par José Pierre).

Participe à l’exposition collective. Mythologies quotidiennes 2 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

1980 : Exposition personnelle au château de la Ville de Morsang-sur-Orge (Catalogue préfacé par Jean-Louis Pradel).

1981 : Membre fondateur de la revue Art et Thérapie avec Jean-Pierre Klein, Edith Viarmé et Françoise Ascal. Participe à son élaboration jusqu’au numéro 12 (décembre 1984)

1982 : Œuvres achetées par le Fond National d’Art Contemporain et par la Bibliothèque Nationale.

1984 : Exposition personnelle à la Galerie Jean-Claude Riédel à Paris (Catalogue préfacé par Bernard Noël).

Participe à l’exposition collective Le Vivant et l’artificiel présentée par le Festival d’Avignon.

1986 : Invité par Jacques Courcier, présente un premier tour de chant à La Tanière (du 15 au 25 janvier).

Exposition personnelle à la Galerie Cérès Franco (Paris). Présentation de King Size (Livre d’artiste avec un conte érotique de José Pierre).

1987 : Exposition personnelle à la Galerie Michel Vidal (Paris).

1991 : Exposition personnelle à la Galerie Actual (Paris). Le 11 février, en présence de nombreuses personnalités liées au surréalisme, Bernard Ascal présente dans la galerie un tour de chant qui comporte plusieurs poèmes de Benjamin Péret mis en musique.

1993 : Création au Théâtre de Tourtour du récital Six Poètes Surréalistes avec le pianiste Roger Pouly

1995 : Création au Théâtre de Tourtour du récital Chanson du Gai Désastre avec le pianiste Sylvain Durand.

1994 : Participe à l’écriture et à la mise en scène du spectacle pour enfants de Danièle Houdrement Moi, j’aime les HLM.

1997 : il enregistre un CD-audio intitulé Six poètes surréalistes — J. Arp, M. Leiris, J. Mansour, B. Péret, R. Queneau, P. Soupault (réédition en 2002 dans la collection “Poètes et Chansons” chez E.P.M).

Organise l’exposition Autour de José Pierre à la Galerie Claude Lemand (Paris).

1999 : Bernard Ascal se joint au collectif “L’Autre Maroc”, — proposition alternative aux choix officiels de “L’Année du Maroc” — pour lequel il écrit L’Etreinte du monde à partir de l’œuvre poétique d’Abdellatif Laâbi. Ce spectacle est prolongé par un CD-audio en 2001.

2000 : il présente le récital Fleuve-Atlantique réunissant onze auteurs francophones de l’Afrique et des Antilles : J-M. Adiaffi, T. Boni, A. Césaire, L-G. Damas, R. Depestre, O.M. Diagana, D. Diop, A. Laâbi, L.S. Senghor, V. Tadjo, B. Zadi Zaourou. Le CD-audio sort en 2003.

2002 : il réalise, aux éditions Le Temps des Cerises l’anthologie Tout l’espoir n’est pas de trop consacrée à douze poètes de l’actuelle francophonie : D. Desautels et P. Chamberland (Québec), G. Haldas (Suisse), E.J. Maunick ( Île Maurice), T. Djaout (Algérie), T. Boni et V. Tadjo (Côte d’Ivoire), A. Césaire (Martinique), A. Laâbi (Maroc), W. Lambersy (Belgique), F. Ascal et B. Noël (France).
25 des poèmes de cette anthologie sont mis en musique. Ils constituent un récital et le programme du CD-audio paru en 2005 sous le titre Douze poètes francophones.

2003 : en juin, à l’occasion du quatre-vingt-dixième anniversaire d’Aimé Césaire, Bernard Ascal présente au “Vingtième Théâtre” à Paris, en compagnie de Claire Delaporte, un récital constitué de larges extraits de sa mise en musique du Cahier d’un retour au pays natal.

2005 : en juillet, à l’occasion du cinquantenaire de la Chapelle de Ronchamp érigée par Le Corbusier en Haute-Saône, Bernard Ascal met en musique et présente sur le site le texte de Le Corbusier intitulé Le Poème de l’angle droit . Le CD éponyme paraît en juin 2006.

Les Editions Le Temps des Cerises publient son recueil de poèmes Le Gréement des os avec une préface de Bernard Noël.

2006 : sortie du CD-audio intitulé Senghor, Césaire, Damas en hommage à ces trois personnalités fondamentales du Mouvement de la Négritude.

11 poèmes du Gréement des os sont mis en musique par le contrebassiste
Jean-Michel Charbonnel. Interprétées par Jerry Bergonzi au saxophone, Benoît Sourisse au piano, André Charlier à la batterie et Jean-Michel Charbonnel à la contrebasse, ces 11 compositions donnent naissance au CD Individus civilisés.

2007 : l’année est consacrée à l’enregistrement de l’intégrale du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire.

2008  : parution, en juin, du double CD-audio Cahier d’un retour au pays natal mis en musique dans une forme apparentée à l’oratorio.
Cette réalisation obtient un “Coup de Coeur” de l’Académie Charles Cros.

Les Editions Rhubarbe publient le recueil de notes Un cul de sac dans le ciel.

2010 : parution du double CD-audio Poètes de la Négritude. Cet ouvrage reçoit, le 25 novembre 2010 à la Maison de Radio France à Paris, un “Grand Prix” de l’Adadémie Charles Cros.

2011 : Dans le cadre du festival Mille Lecture d’Hiver organisé par la Région Centre, le comédien François Rascal effectue une série de lectures du recueil de poèmes Le Gréement des os

Parution du CD-audio Philippe Soupault.

Les Editions Rhubarbe publient Le Cadre et le clou (notes de peintre)

Exposition personnelle, au Centre d’Art de La Ferté-sous-Jouarre, en novembre et décembre — 23 peintures sur toile et papier réalisées entre 1967 et 1985.

2012 : l’année est consacrée à la mise en musique d’un ensemble de poèmes de Pablo Picasso. 1er octobre : début des enregistrements.

2013
Parution du double CD et du livre Pablo Picasso - Poèmes & Propos.

2014
Parution, aux éditions Gros Textes du recueil de poèmes Pas même le bruit initial.

Poète invité et parrain de la 10ème édition du festival « Place à la Poésie » organisé par la compagnie Ephéméride et le Département de l’Eure.

Création en mars, à la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines du récital constitué des poèmes et réflexions de Pablo Picasso Quand je n’ai plus de bleu, je mets du rouge

Saint-Cyr-sur-Morin, Musée départemental de la Seine-et-Marne.
Bernard Ascal – Chercheur de signes.
Exposition personnelle, d’avril à décembre, dans laquelle le musée propose une synthèse des trois activités de Bernard Ascal : la peinture, l’écriture poétique et la mise en « chanson » de poètes du XXème siècle et contemporains.

2015
Exposition personnelle à Paris, du 24 janvier au 4 avril, à la Galerie du Centre. Œuvres peintes de 1966 à 1985.

De l’automne 2003 à 2010, Bernard Ascal dirige avec François Dacla, chez EPM, la collection Poètes & Chansons. Cette collection, créée par Marc Robine en 2002, compte 64 albums en 2010. Interrompue pendant près de 4 ans, elle renaît fin 2014 – début 2015 chez EPM / Eponymes.



Discographie

2014. « Répétition ». CD hors commerce de 7 chansons. Musée départemental de la Seine-et-Marne / EPM – SP 300
2013. « Pablo Picasso. Poèmes & propos ». « Coup de Cœur 2013 » de l’Académie Charles Cros. Label « Sélection Printemps des Poètes ». EPM / Socadisc 986 883 (Double-CD)
2011. « Philippe Soupault, Chansons d’aube et de crépuscule » . EPM / Socadisc 986 829.
2010. « Poètes de la Négritude. 50 ans – Les Indépendances  » . Grand Prix 2010 de l’Académie Charles Cros. EPM / Socadisc 986 784 (Double-CD)
2009. « Cabaret Vert. de François Villon à Aimé Césaire ». EPM / Socadisc 986 802
2008. « Aimé Césaire : Cahier d’un retour au pays natal ». L’intégralité du poème dans la forme oratorio. Coup de Cœur 2008 de l’Académie Charles Cros
EPM / Universal 3017754 (Double-CD)
2006. « Le Corbusier. Le Poème de l’angle droit ». Collection Poètes & Chansons EPM / Socadisc 985692
2006. « Senghor-Césaire-Damas ». Collection « Poètes & Chansons » EPM / Socadisc 985642
2005. « Douze poètes francophones ». D. Desautels, E.J. Maunick, W. Lambersy, G. Haldas, A. Césaire, P. Chamberland, F. Ascal, B. Noël, T. Boni, V. Tadjo, A. Laâbi, T. Djaout. Collection « Poètes & Chansons » EPM / Socadisc 985 222
2003. « Fleuve-Atlantique » Onze poètes francophones de l’Afrique et des Antilles. J-M. Adiaffi, T. Boni, A. Césaire, L-G. Damas, R. Depestre, O.M. Diagana, D. Diop, A. Laâbi, L.S. Senghor, V. Tadjo, B. Zadi Zaourou. EPM / Khamsa / Socadisc 980 962
2001. « L’Etreinte du monde ». Poèmes d’Abdellatif Laâbi. Réédition en 2014 : Eponymes EPO 61 220
1997. « Six poètes surréalistes ». J. Arp, M. Leiris, J. Mansour, B. Péret, R. Queneau, P. Soupault. Réédition en 2002 : collection “Poètes & Chansons” EPM /Socadisc 980 502



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