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Jacques Morin

« Carnet d’un petit revuiste de poche »

Lectures par Marilyse Leroux, Lucien Wasselin et Michel Baglin




L’année 2017 s’ouvre, pour les abonnés de la revue Décharge, par un petit cadeau fort plaisant tombé dans leur boîte aux lettres : « Carnet d’un petit revuiste de poche », « petit » format en effet (10 X 14), 22 pages, dont 12 consacrées au sujet − autant que pour boucler une année de parutions.
Après « J’écris », publié en février 2016 aux éditions Rhubarbe, Jacques Morin raconte dans cet opuscule ce qui fait son quotidien : son « dévouement exclusif », obsessionnel à sa revue, « genre ingrat » s’il en est, son absence d’illusions sur son retentissement tout autant que son bonheur d’entrer dans un texte et de se sentir « au diapason avec un auteur ». Son moteur est là, pour tout dire.
Un livre en entraînant un autre, c’est bientôt une pile « vertigineuse » qui accapare le critique. Son « rythme biologique » change tant sa vie est calquée sur la parution chronométrée des numéros. Pourtant il faut bien sortir la tête du bouillon de temps en temps, ne serait-ce que pour soutenir une nouvelle course.
Alors la nage vaut-elle l’effort ? Oui, sinon c’est la noyade assurée, le retour à l’anonymat des poètes. Tout est transitoire en ce monde, le revuiste plus que quiconque. Sa revue dure sur sa ferveur, son élan, son entraînement. Rien n’est facile : une bonne dose d’humour et de fermeté est nécessaire pour désarmer les fâcheux toujours prompts à critiquer tel ou tel contenu. Et à la différence de l’éditeur, le revuiste doit sans cesse « renouveler son lectorat et ses abonnés ». Arrivé en bout de bassin, aucune pause, il lui faut impérativement relancer la machine et s’avaler d’autres longueurs, encore et encore.
Si Jacmo continue ainsi depuis 35 ans et quelque 170 numéros, c’est que l’énergie de sa revue continue d’alimenter sa petite dynamo intérieure, la poésie étant, on le sait bien, une énergie autocréatrice et autorégénératrice.
Meilleurs vœux donc pour 2017 à la revue Décharge et à ses consœurs !

Marilyse Leroux



« La revue est un genre ingrat. Les auteurs y passent, désinvoltes ou dilettantes. Ça ne marque pas leur œuvre, contrairement aux recueils qui la constituent. » Constat sans illusions, mais pas désabusé pour autant. Car celui qui le dresse, Jacques Morin, Jacmo pour les intimes de la poésie, est un revuiste impénitent qui n’a jamais baissé les bras devant l’ingratitude de certains de ceux qu’il a accueillis dans ses pages. Il a créé et animé « Le Crayon noir », puis « Le Désespoir, précisément » et l’une des meilleures revues de poésie, « Décharge », qui a près de 170 numéros et 35 ans au compteur, un record !
Du coup, le poète Jacques Morin, auteur d’une vingtaine de recueils, est un peu oublié au profit de Jacmo le revuiste et critique. Il sait donc de quoi il parle quand il livre ce « carnet d’un petit revuiste de poche » ! Une vingtaine de pages seulement, mais qui cernent cette passion dévorante : choisir des poèmes, les mettre en pages, les assembler, « composer avec les contradictions ou les paradoxes des textes proposés », puis après l’imprimerie les expédier et dialoguer par lettres et courriels avec les abonnés. Bref, animer une revue, sachant que le maitre-mot ici reste celui du plaisir !

Michel Baglin



Ce carnet est publié dans la collection Pousse-Café des Editions des Carnets du Dessert de Lune, une collection qui se caractérise par son petit format (10 x 14 cm) et sa pagination restreinte (22 pages dont 13 de textes).
Claude Vercey, en quatrième de couverture, présente ce Carnet dont il dit : « La revue est un art méconnu. Difficile, ingrat autant que trop souvent les auteurs qui y passent, désinvoltes ou dilettantes ».
Sans doute ne faut-il pas compter sur la gratitude de ces derniers ! Jacques Morin fait part de l’enthousiasme qui l’anime de fabriquer de A à Z Décharge. Fabriquer, c’est-à-dire lire les inédits reçus, les recueils publiés, rédiger des notes de lecture, envoyer… : « Son [au revuiste] régime biologique se résume à un volume bien proportionné tous les trois mois comme un bulletin de santé public ». Mais cela ne va pas sans humour (ou auto-dérision) comme le titre le prouve !

Lucien Wasselin.



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vendredi 6 janvier 2017, par Marilyse Leroux, Michel Baglin

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Jacques Morin & Jacmo

Auteur d’une vingtaine de recueils de poésie et de chroniques. Jacques Morin avait 18 ans en 1968. Quelques années plus tard. dans l’effervescence revuistique d’une cuisine, ou peut-être d’un bar de Saint-Germain-des-Prés, il rencontrait Jacmo. Ils ne se sont plus quittés.



Jacques Morin :
« Carnet d’un petit revuiste de poche »


Carnets du Dessert de Lune.
Éditions des Carnets du Dessert de Lune, 22 pages, 5 €. Couverture de Claudine Goux. Chez l’éditeur : 67 rue de Venise. B . 1050 Bruxelles. Belgique). À noter que Jacques Morin offre ce Carnet aux abonnés à Décharge…


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