Christian Saint-Paul, portrait

De la revue à la radio

Il met les poètes en ligne et sur les ondes

De la revue à la radio et à la publication de ses propres textes, Christian, Saint-Paul, poète toulousain, défend et illustre la poésie avec ferveur. Son dernier recueil, "Les plus heureuses des pierres", a paru il y a peu.
Portrait d’un passionné.



La poésie, Christian Saint-Paul la pratique sous toutes ses formes. Et ce n’est pas d’hier ! Élève du lycée Berthelot, à Toulouse, dans les années soixante, il avait créé sa revue, « Florilège », avec un autre poète, Michel Eckhard. Brel avait accepté de les parrainer, ce qui leur avait valu de le rencontrer plusieurs fois et d’obtenir du chanteur alors en pleine gloire une interview exclusive !
Puis c’est un autre ami, le peintre Michel Battle, qui crée le Cratère, où il fait venir des poètes. Des amitiés naissent, avec Claude Saguet, Gaston Puel. Nous sommes encore avant 68, Christian Saint-Paul, lui, entre à Science Po, mais s’engage aussi dans la lutte anti-franquiste, de façon active.
La passion de la poésie ne cesse pas pour autant de l’habiter, bien au contraire. Il crée une revue, « Poésie toute », qu’il veut éclectique pour rassembler tous les courants d’une poésie en plein regain. Plus tard (1983), il ouvrira « Le carnet des Libellules » où il publiera de nombreux auteurs.
Une série de conférences sur R-G Cadou l’emmène en Israël, il rencontre également Félix Castan qui lui révèle son ancrage occitan (c’est pourquoi l’un de ses derniers ouvrages, un long poème sur Toulouse, « Tolosa Melhorament » a été remis aux officiels lors de l’inauguration de l’Oustal, la maison dédiée à la culture occitane, à Toulouse).
D’abord greffier au conseil des prud’hommes puis cadre à la DRH de la mairie de la Ville rose, Christian Saint-Paul bâtit aussi son œuvre propre, riche d’une quinzaine d’ouvrages, de « L’Homme de parole » (Caractères éd.) à « L’Enrôleuse » ou au dernier, « Les plus heureuses des pierres » (Encres vives éd.).
En parallèle, et depuis plus de 25 ans, il anime une émission, « Les Poètes » (le jeudi de 20h30 à 21h) sur Radio Occitanie (98.3 Mhz) avec son compère Claude Bretin. Tous les poètes de la région y ont été invités, mais de nombreuses émissions ont été consacrées à la poésie du monde. On peut les réécouter (cliquer ici).

Lecture d’un de ses recueils : "L’unique saison"


L’unique saison, la seule qui vaille, nous dit en substance Christian Saint-Paul, est celle des amours, quand « la sève honnête du désir » nous ramène à l’essentiel. Nous rend à la vie et, peut-être, à soi-même. C’est assez dire, en filigrane et à contrario, qu’on s’en éloigne dans la traversée ordinaire des jours, les tromperies de l’habitude, « parmi ceux qui s’arrogent / l’apparence des choses ».
Ces poèmes d’enthousiasme, qui rendent à Éros sa primauté à la source du chant (car ils rappellent que «  les élégies des oiseaux / sont chants de lutte / et défis de mâles »), sont donc aussi des poèmes de résistance : à l’atonie, à l’usure, aux apparences. Le corps, bien sûr, se dit ici dévêtu et « comme unique décor / comme unique loi », corps dans le plaisir, l’exaltation, le réduit des chambres et du face-à-face. Mais ce corps-là n’occulte pas le reste, ne fait pas écran, bien au contraire - « Nous ne nous détournons plus » écrit Saint-Paul qui note ailleurs que les corps repus, « par leur apaisement même » attisent notre lucidité.
Corps à vif donc, qui érotise, avive toute forme de relation à l’environnement et qui est sans doute l’autre nom de la passion. L’exaltante et douloureuse passion, qui fait souffrir de l’absence et du dépit (« pour prix de ton silence / te jeter comme un galet à la rivière / avec l’élan qui tend / la corde des pendus ! »), mais aussi renvoie le vivant à son vertige après l’amour, face à « la distance tragique du plaisir envolé ».
Éros n’est qu’aiguillon, exhortation à vivre et l’amour alors se joue parmi les autres, leurs gestes et leurs peines (le dernier poème renvoie à l’explosion d’AZF à Toulouse, aux fenêtres brisées d’Empalot), dans le chaos du monde. « Demain les journaux apporteront / les nouvelles de la guerre. »

Michel Baglin



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mercredi 8 avril 2009, par Michel Baglin

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Bibliographie

Les peupliers (Jeune Force Poétique Française éd., 1966)
Les murènes monotones (Jeune Force Poétique Française éd., 1967)
L’homme de parole (Caractères éd., 1983), 48 pages, préface de Michel Eckhard
Prélude à la dernière misogynie (De Midi éd., 1984), non paginé (48 pages), avant-propos de Jean Rousselot, couverture illustrée par Gil Chevalier et illustrations intérieures de Jean-Pierre Lamon et de Lucie Muller
Les murènes noyées (Carnets des Libellules éd., 1985), 40 pages
Les murènes monotones (De Midi/Poésie Toute éd., 1987), 28 pages
Transgression (Carnets des Libellules éd., 1987), préface de Claude Vigée
A contre-nuit (La Nouvelle Proue éd., 1988), 16 pages, préface de Jean-Pierre Crespel
Tendre marcotte (Carnets des Libellules éd., 1988), 34 pages, avant-propos de Michel Eckhart
Les ciels de pavots (Encres Vives éd., 1991)
Pour ainsi dire (Encres Vives éd., 1992), préface de Jean Rousselot
Akelarre, La lande du bouc (Encres Vives éd., collection Lieu N°108, 2000), 16 pages
L’essaimeuse (Encres Vives éd., 2001), 16 pages
Ton visage apparaît sous la pluie (Encres Vives éd., collection Encres Blanches N°61, 2001), 16 pages, couverture illustrée par Patrick Guallino, postface de Alem Surrre-Garcia
L’unique saison (Poésies Toutes éd., 2002), 46 pages, préface de Gaston Puel, postface de Monique-Lise Cohen
Des bris de jours (Encres Vives éd., 2003), 16 pages, couverture illustrée par Christian Verdun, postface de Michel Cosem
L’enrôleuse (Encres Vives éd., 2006), 16 pages, postface de Georges Cathalo
Tolosa melhorament (Encres Vives éd., collection Lieu N°184, 2006), 16 pages, édition bilingue occitan/français, postface de l’auteur.
Entre ta voix et ma voix, la malachite noire de la voix d’une morte (Multiples, 2009)
Les plus heureuses des pierres, Encres vives, 2009.

Pour écouter une émission de Christian Saint-Paul, rendez-vous sur son site en cliquant ici

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Sans les studios de Radio Occitanie avec Georges Cathalo et Michel Baglin
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