Une revue incontournable

Décharge

Plus de 150 numéros et de 120 recueils à son actif

La revue « Décharge » s’est gardée de devenir une institution grâce à cette ironie que son animateur, Jacmo et les chroniqueurs de la revue savent conserver pour tenir à distance le sérieux et les pisse-froid. Mais si elle a su préserver l’esprit qui l’anime depuis ses origines, en 1981 - et malgré l’abandon de sa fameuse couverture kraft - la revue éditée après le numéro 100 avec l’estampille du Dé Bleu, est bel et bien devenue incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à la poésie.

La revue « Décharge » n’est pas devenue une institution grâce à cette ironie que son animateur, Jacmo (Jacques Morin), et les chroniqueurs de la revue savent conserver pour tenir à distance le sérieux et les pisse-froid. Mais si elle a su garder l’esprit qui l’anime depuis ses origines, en 1981 - et malgré l’abandon de sa fameuse couverture kraft - la revue éditée depuis le numéro 100 avec l’estampille du Dé Bleu, est bel et bien devenue incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à la poésie.
Elle est l’occasion de multiples rencontres sur 128 pages, grâce au dossier qui ouvre chaque numéro, aux auteurs connus ou inconnus qui les enrichissent (Le Choix de Décharge), aux rendez-vous de l’actualité poétique proposés à travers de riches notes de lectures et des chroniques de Jacmo, Claude Vercey, Alain Kewes, Georges Cathalo, etc.
Décharge, c’est aussi l’édition de petits recueils, les « polders » (plus de 120 titres). Et un site web constamment actualisé, très riche et percutant grâce à toute l’équipe de la revue. Son adresse http://www.dechargelarevue.com/


Numéro 153 : Gilles Pajot


Avec son numéro 153, Décharge met en exergue un poète disparu il y a 20 ans, Gilles Pajot. L’auteur de « J’ai eu cinquante ans avant d’en avoir vingt », de « La place du mort » ou de « Silence et demi », décédé le 6 février 1992 (à 40 ans), a je crois été marquant pour nombre de poètes de ma génération et d’une sensibilité proche. Christian Bulting, son vieux pote, lui rend un bel hommage, mais aussi Françoise Angelini sa compagne, Jean-François Dubois qui fit parti de la même confrérie des poètes de Loire-Atlantique réunis par Traces et MF Lavaur, Luce Guilbaud, Louis Dubost qui fut un de ses éditeurs, Philippe Gicquel, Jean-Noël Guéno, etc. Des poèmes et des notes inédites complètent ce dossier.
Dans ce même numéro, outre Anna Jouy, Hervé Mérlot et Suzanna Mikesh, on lira un dossier sur le thème « Marcher / écrire » préparé par Claude Vercey avec des contributions d’Alain Freixe, Christine Billard, Patrick Joquel, Jacques Morin, Jeanine Salesse, Jean-Louis Jacquiers-Roux, Jeanine Baude et votre serviteur. Et bien sûr les chroniques habituelles avec notamment les abondantes et riches notes de lecture d’une revue incontournable dans le paysage poétique.

Numéro 152 : François de Cornière

Sous le titre de « Nageur du petit matin » , François de Cornière donne dans le numéro 152 de la revue Décharge une suite de douze poèmes d’autant plus émouvants qu’il y a bien 10 ans qu’il n’a rien publié, à l’exception d’une anthologie personnelle, « Ces moments-là » parue au Castor Astral en 2010. Poèmes d’un qui nage côte à côte avec sa fille, dans la mer et la mémoire, qui se retourne pour regarder la plage et comme toujours chez de Cornière, pour saisir l’instant, certes, mais dans le tremblement du temps : « nageur du petit matin / pourtant proche déjà loin / déjà loin pourtant proche ». Un peu comme cette inscription sur le mur d’un restaurant – « Bonheur je t’ai reconnu au bruit que tu fis en partant » - François de Cornière, l’air de rien, sur des images toute simples, en quelques brasses, nous amène là où rôde la maladie et les angoisses humaines, tout près des joies les plus simples et les mieux partagées. Très beau.

Louis Dubost et Philippe-Marie Bernadou dans le N° 144


Le numéro 144 de le revue s’ouvre sur, un hommage à Louis Dubost. L’éditeur du Dé Bleu, puis de L’Idée Bleue, a annoncé depuis lurette qu’il mettait la clef sous la porte fin 2009 après avoir beaucoup donné, pendant plus de trente ans, pour la poésie et les poètes et nourri un catalogues des plus enviables. Nous y sommes donc. Claude Vercey salue l’artiste d’un poème malicieux, mais aussi Luce Guilbaud en évoquant quelques uns de ses titres, et Jean-Claude Touzeil en déclinant toutes les vertus du « louidubo »…
Mais ce numéro accueille surtout un fort dossier consacré à Philippe-Marie Bernadou et établi par Georges Cathalo, avec les participations de Casimir Prat, Christian Saint-Paul, Michel Cosem, Henri Heurtebise, Gilles Lades, Jean-Luis Clarac et Michel Baglin.
Avec une riche interview de l’auteur, des souvenirs partagés, des poèmes. La mer, et surtout les îles, sont au cœur de la poésie de Philippe-Marie Bernadou, qui a également consacré un roman chez l’Arpenteur-Gallimard à un des lieux qu’il affectionne : « Cadaqués, aller simple » . Texture lui a également consacré il y a quelque temps un portrait à lire ici.
A noter encore dans ce numéro un hommage accompagné de poèmes à Loïc Herry (décédé en 1995). Et les « Ruminations » de Claude Vercey, qui revient sur la publication de l’anthologie des « Riverains du feu » de Christophe Dauphin aux éditions de l’Athanor. Les nombreux poètes qui y sont publiés (j’en suis) n’ont en effet souvent pas été prévenus et nombre d’entre eux ont fait connaître leur mécontentement. Il n’empêche que cette anthologie constitue pourtant une somme (516 pages). Controverse, donc. (Abonnement à la revue Décharge : 22 euros. A l’ordre des Palefreniers du rêve.Correspondance : jacques Morin. 20 rue du Pâtis. 89130 Toucy).

Goffette au fronton du numéro 143

Le numéro 143, qui nous arrive avec l’automne, s’ouvre (après une carte postale évidemment drôle de Jean L’Anselme et la chronique de Cathalo se penchant sur les éditions Corps Puce) sur un dossier consacré à Guy Goffette, présenté par Bruno Berchoud. Voilà, évidemment, de quoi me réjouir (lire ici le dossier que revue-Texture a concocté sur ce poète ami).
Dans l’entretien qu’il a accordé à Décharge, il rappelle son attachement à sa Lorraine belge natale et à ses silences, à Rimbaud qui a soutenu sa « révolte d’adolescent enfermé dans une institution religieuse », sa découverte bien plus tardive de Verlaine, son désir de partir « parce que la vraie vie est absente », sa morale du carpe diem et du « vivre est autre chose qu’exister »… Sans oublier Follain, Auden, Bonnard, ses « dilectures » et ses mythes. Onze poèmes complètent ce dossier.

« Passeurs » de poésie

A retenir encore dans ce numéro, Claude Vercey, qui assure des « Ruminations » régulières, et consacre un excellent article au livre « Aux passeurs de poèmes, Approches multiples de la poésie : conférences, témoignages, repères et ressources » (édition Scérém/Printemps des poètes).

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Jacques Morin en compagnie d’Alain Kewes, son ami et complice de "Décharge"

A travers cet ouvrages qui recense les initiatives lancées depuis une dizaine d’années et la création du Printemps des Poètes, Claude Vercey s’interroge sur la manifestation elle-même, l’émergence de « passeurs » de poésie (comédiens, animateurs d’ateliers, etc.), sur sa démarche (dans laquelle il se reconnaît) de « transmettre au plus grand nombre tout en conservant de cet art une haute idée, sa rigueur et ses exigences ». Mais il souligne aussi les dérives de la manifestation qui la débordent . Et note avec force : « La poésie, et plus encore les poètes, ont désormais à œuvrer en tenant compte d’un empressement mondain à se porter à leur rescousse, d’où un environnement à la fois plus accueillant et d’avantage propice à la sclérose, avec la mise en place d’une certaine administration, l’apparition d’agent culturels avec lesquels les artistes risquent d’entrer en concurrence, et de produits culturels poétiques (…) »

Suit un hommage, « Fidélité à Jean Le Mauve », à l’éditeur et au typographe disparu en 2001 (évoqué par Vercey et Robert Nédelec), et au poète dont Cathalo a relu « Terre, Terre ».
Nédelec donne également dans ce numéro une suite de poèmes, ainsi que Jean Joubert, Yves-Jacques Bouin, José Galdo, Céline Commergnat, Jean-Marc Thevenin, Cédric Le Penven, Christian Saint-Paul, Guy Chaty…

Michel Baglin




Entretien avec Jacques Morin

Sur le site La Pierre et le Sel, Pierre Kobel s’entretien avec Jacmo, fondateur et directeur de la revue Décharge. Voir ici.



Dossier Baglin dans la revue Décharge


Dans son numéro 140, la revue Décharge me consacre un dossier intitulé "Michel Baglin, poète de survie" et dont le maître d’œuvre est Georges Cathalo.
Les approches multiples et croisées - sous la forme de lettres, d’études ou de poèmes - sont signées Marie-Claire Bancquart, Martine Caplanne, Max Alhau, François Huglo, Alain Kewes, Werner Lambersy, Bernard Mazo.
Un entretien, un choix de textes, des inédits, des photos et une bibliographie détaillée complètent ce dossier.
Voilà bien longtemps que je suis et apprécié la revue de Jacques Morin, un des carrefours les plus vivants de la poésie contemporaine, et je confesse un grand plaisir à avoir été ainsi accueilli dans ses pages. Je vous invite donc à m’y retrouver.
Bien sûr, vous lirez d’autres auteurs dans ce numéro, notamment Isabelle Guigou présentée par Bruno Berchoud, Jean-Michel Bongiraud, Joseph Hruby, les chroniques habituelles et des notes de lectures fournies, sur 128 pages. Que du bonheur !



jeudi 24 septembre 2009, par Michel Baglin

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Le numéros 6 euros.
Abonnement à 4 numéros :
22 euros (et 42 euros avec 4 Polders)
Jacques Morin
20 rue du Pâtis
89130 Toucy
decharge-revue@wanadoo.ft



Editeur avec les « Polders »

Née avec la revue Décharge , la collection Polder est aujourd’hui constituée par des livrets indépendants, imprimés par Gros Textes. La collection se développe suivant le rythme de la revue, à raison de quatre volumes par an. Chacun des livrets est consacré à un auteur. L’objectif de Polder est de faire émerger de nouvelles voix, d’être un tremplin vers des aventures éditoriales plus ambitieuses : nul n’y est accueilli plus de deux fois.
Illustré par un dessin de couverture, un livret compte une quarantaine de pages de format A6. Il s’ouvre sur le texte d’un préfacier ; cette présentation, reprise dans la livraison trimestrielle de Décharge, constitue de fait le dernier lien entre la revue et les éditions. Indépendamment à celui de la revue, l’abonnement de 20 € par an permet de recevoir deux livrets au printemps et deux livrets à l’automne.

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