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Louis Dubost

« Diogène au potager »

L’éditeur hors-normes qu’il fut pendant plusieurs dizaines d’années ne saurait faire oublier chez Louis Dubost l’impeccable et inclassable poète qu’il demeure. Avec sa malice coutumière, il nous propose un panier AMAP politique sous l’intitulé rustique de « Diogène au potager ».



Se plaçant délibérément aux antipodes de la poésie des salons, des marchés et des festivals, Louis Dubost navigue entre son jardin et sa bibliothèque, faisant mine de se détacher des vaines agitations de notre accaparante société. Mais il n’en est rien et tout lui est prétexte à des rapprochements surprenants et à des évocations subtiles, sans compter avec les évidentes allusions à certaines frasques présidentielles.
Louis Dubost, Diogène contemporain ? Oui, assurément, mais il compte rester lucide face à une actualité dont il se méfie. Selon les moments et les situations rencontrées, il se montre sérieux (terrible prédiction d’Einstein sur les abeilles), provocateur (conseil aux sportifs de se doper à l’ail et non à l’EPO), connaisseur (rythmes biologiques des végétaux) ou pragmatique (astuces de jardinier dont le célèbre « purin d’ortie »). Sa façon d’aborder tous les sujets sans se prendre au sérieux rappelle à la fois Rabelais et Brassens : truculence, subtilité, roublardise, malice,…

Rapprochements

Et puis la proche présence de sa chère Marie-Jo, «  qui sait si bien passer le potager à la casserole », conforte le jardinier dans son patient labeur, lui qui se révèle expert dans la connaissance de son sujet comme par exemple les cultures qui ne vont pas ensemble : « le haricot déteste le poireau qui déteste la betterave qui déteste la tomate.. ». On croirait assister « aux universités d’été des socialistes et des écologistes ». Ainsi, absorbé par ses tâches jardinières, le poète a le temps de réfléchir à ces rapprochements qui font que « la friche politique devrait en prendre de la graine ».
Patiemment, Diogène, en poète et en jardinier, s’émerveille devant les découvertes sans cesse renouvelées et ces petits miracles quotidiens. « Ce matin, le jardin fait la paix avec lui-même ». Ouf ! Il était temps de se poser un brin dans ce grand bordel biologique où les phacélies se momifient, où les insectes se sodomisent, où les pourpiers se multiplient à l’infini et où le poète a besoin de se détacher du jardinier pour offrir au lecteur un rafraîchissant bouquet de poèmes.

Georges Cathalo (Juin 2011)



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lundi 27 juin 2011, par Georges Cathalo

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Louis Dubost
« Diogène au potager »



Les Carnets du Dessert de Lune éd., 2011
préface de Lucien Suel, illustrations d’Anah Merlet,
60 pages, 12 euros
Les Carnets du Dessert de Lune éd
67 rue de Venise – B1050 Bruxelles.



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georges Cathalo



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