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Joan Maria Petit

« E avèm tot perdonat a l’ ivèrn » (« et nous avons tout pardonné à l’hiver »)



Cette édition bilingue présente sur les pages de droite des poèmes en occitan et sur les pages de gauche les mêmes poèmes écrits en français. Ils sont l’ œuvre de Jean-Marie Petit, poète trop discret qui a recommencé à publier en 2005 après une longue période de silence.
Pour une approche plus poussée de ce poète, on renverra le lecteur au dossier que lui avait consacré la revue Friches dans son numéro 112 de 2013.
L’ombre discrète de Jean Follain plane sur ces poèmes d’atmosphère dont le charme volontairement suranné agit longtemps après la lecture. Les tournures poétiques se fondent les unes dans les autres pour former une langue riche en images qui exprime « la douceur qui vient au cœur » et confirme que « la naissance de la joie / Est une longue attente ».
L’évocation de gestes anciens ou révolus renforce le mystère comme celui de ces armoires anciennes qui se referment sur leurs secrets. « Je sais de vieux chemins qui traversent la nuit / qui conduisent au matin / sur les traces de la peur ». La furtive présence féminine rajoute une part de mystère comme s’il fallait ouvrir « un cœur embaumé /Du tendre secret des femmes ». Le dernier poème du recueil peut se lire comme un autoportrait : « Il avait faim de pain de filles/ Et de mots/ Et il allait tout mélangeant/ Dans une langue têtue ».
Que Jean-Marie Petit continue encore longtemps à nous enchanter avec cette langue têtue.

Georges Cathalo



(Joan Maria Petit : « E avèm tot perdonat a l’ivèrn (Letras d’oc éd., 2014),
80 pages, 12 euros – 5 rue Pons Capdenier – 31500 Toulouse
ou letras.doc@wanadoo.fr)


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lundi 6 octobre 2014, par Georges Cathalo

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Jean-Marie Petit /
Joan-Maria Petit

Jean-Marie Petit est né en 1941 dans une famille de vignerons installée à Quarante, près de Capestang, en plein cœur du vignoble languedocien. Vignerons atypiques, comme il le souligne lui-même, puisque son père était pilote dans l’Aéropostale avant de revenir à la terre et qu’il se plaisait à faire pousser des fleurs au milieu de ses vignes. Cette famille radicale socialiste ne le prédiposait pas à la découverte de la foi chrétienne, qui devait marquer toute sa vie depuis son adolescence.
Il entre à l’Ecole Normale en 1959, puis à la Faculté des Lettres de Montpellier : licence de Lettres Modernes, puis deux ans d’enseignement dans le secondaire, après quoi il retourne à la Faculté, comme enseignant cette fois. Son domaine de prédilection est l’oralité occitane sous toutes ses formes : dialectologie (il participe à l’Atlas Linguistique du Languedoc), ethnographie (il enquête dans le Bitterois), lexicographie.
Son œuvre rassemble des poèmes courts mais denses, écrits dans une langue simple, concrète et naturelle : Respondi de... (1965), Poèmas per carrièras (1970), Ni per vendre ni per crompar (1971), Lo pan, la poma e lo cotèl (1972), Non aver o èsser (1975), Lo bestiari, aubres e vinhas (1978), Nòstra Dòna dels Espotits (2005).
Des chanteurs tels Patric, Daumas, Mans de Breish, Martí, Josiana Vincenzutto, ont beaucoup puisé dans son œuvre.

(D’après la fiche des éditions Jorn)



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