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Jean Chatard

« Et toute la plage s’effondre, tu sais bien »

Le dernier recueil de Jean Chatard doit son titre à Henri Michaux, dont une citation est placée en exergue : « On détache un grain de sable et toute la plage s’effondre, tu sais bien ». Manière de dire que tout se tient sans doute, dans la vie et le poème, comme dans les registres de la mer omniprésente cette fois encore dans l’écriture de l’ancien marin.
Dans ce « pays de mots » on débusque les souvenirs de l’aventure hauturière de l’auteur, les vingt ans embarqués pour fuir ces lieux « où l’ancre provisoire installe un horizon ». Oui, Chatard se souvient : « Il y a longtemps j’étais joyeux je naviguais / sur le chantier des marées hautes / la main posée sur l’artimon ». Et de confier : « J’ai eu soif tu le sais sur l’épaule des vents ».
La rumeur océane et l’exil rimbaldien hantent cette levée d’encre, « entre l’escale et l’alphabet » (« Rimbaud avait laissé trop peu d’espace », nous dit-on, de façon assez énigmatique il est vrai), où les rimes intérieures et les assonances trament une houle porteuse. Des mots récurrents rythment le chant des équipages, quelques-uns, comme l’ancolie, sont insistants pour dire la terre et le port, peut-être, évoquer la mélancolie en filigrane. D’autres nous parlent de douleur et de nuit. Le poème reste en vérité souvent secret, les images obscures, et l’écriture à la musicalité ensorcelante me fait penser à « La mémoire et la mer » du grand Léo, tant le lexique et la métaphore y régentent la dérive d’une langue ivre d’iode et de sel, brassant les « mondes errants » et le monde intime. C’est aussi qu’« aux marges de l’exil », le poète « fait secret de ses ancrages ».



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mardi 3 juillet 2012, par Michel Baglin

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Jean Chatard :
« Et toute la plage s’effondre, tu sais bien »



(56 pages. Sac à mots éd.
1 bis, chemin St-Michel. 44700 Orvault)




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