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Amina Saïd

« Gisements de lumière »

La double appartenance d’Amina Saïd aux deux rives de la Méditerranée explique peut-être, ainsi que le suggère Ghislain Ripault, « une dialectique constante des complémentarités et des séparations (qui) hante cette poésie ».
Au rythme du « balancier du jour et de la nuit », entre soleil et ombre, « entre ciel et mer », « cendre et flamme », devant « le double aspect de toute chose », la dualité en effet inspire cette écriture « de silence et de mots », crée la tension nécessaire à l’être pour se dire, au travers des « analogies cachées », entre les allers et retours de ses désirs et de son inquiétude, entre les continents qui le nourrissent et, peut-être, la frustration de « l’ailleurs » comme de « l’ici ».

Mise au jour

Mais plus que l’attachement aux lieux, c’est une volonté de marcher sur la Terre (titre d’un de ses précédents recueils), de l’habiter de façon à la fois globale, sensuelle et consciente, qui me semble animer les poèmes d’Amina Saïd. « J’écris parce que je suis / et pour apprendre à être davantage », affirme-t-elle, misant pour cela sur « les feux intimes qu’offre la lumière ». Car être vivant, c’est résister aux ténèbres, à la cendre et à « l’ombre ennemie » de tous ses feux et de tous ses mots.
Ceux, justement, qui « créent une lumière autre », à la fois « médiatrice » et source d’un nouvel élan. Nul ne sait vraiment « où se situe l’exact gisement de lumière » ; sans doute à la fois dans le monde, en soi et chez les autres, mais surtout dans « le poème (qui) est rituel de lumière », orchestration de nos clartés. « J’ai pris pour demeure le sensible » fait dire Amina au poète, sans qu’il renonce pour autant à une « parole consciente ».
Il s’agit bien d’avancer sur le fil ténu d’un équilibre. Si « c’est aujourd’hui / que demain commence », il s’élabore dans une « mise au jour », qui elle-même s’opère par le langage.

Michel Baglin


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jeudi 1er octobre 2009, par Michel Baglin

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Amina Saïd
« Gisements de lumière »

Ed. de La Différence
120 pages


Amina Saïd entre l’Orient et l’Occident

Amina Saïd est née à Tunis en 1953, d’une mère dauphinoise et d’un père tunisien. C’est en Tunisie qu’elle commence à écrire très jeune ses premiers poèmes. Après des études à la Sorbonne et avoir enseigné un temps à la faculté des Lettres de Tunis, elle s’installe à Paris et s’oriente vers le journalisme.
Sa rencontre avec le grand écrivain philippin F. Sionil José, l’incite à se lancer dans la traduction de l’anglais de plusieurs de ses nouvelles et romans. Elle poursuit aujourd’hui ce travail de traductrice.
Dans le même temps, elle a publié une douzaine de livres, pour l’essentiel des recueils de poèmes, mais aussi deux livres rassemblant des contes de Tunisie.
Ses poèmes sont traduits en plusieurs langues, dont l’espagnol et l’anglais, et sont présents dans de nombreuses anthologies et en revues.
Deux de ses recueils, "Feu d’oiseaux" et "L’une et l’autre nuit ", ont reçu : l’un, le prix Jean-Malrieu décerné par la revue Sud (Marseille, 1989) et l’autre, le prix Charles-Vildrac de la Société des gens de lettres (Paris, 1994). Ses poèmes ont fait l’objet d’un travail universitaire : « Convergences et fractures de deux mondes, l’Orient et l’Occident chez Amina Saïd » (Université de Bari, Italie, 1995).

Lire un entretien avec Amina Saïd sur le site Africultures

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