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Jean-François Mathé

« Grains de fables de mon sablier »

Jean-François Mathé sait aussi écrire pour la jeunesse. Le prouvent ces « Grains de fables de mon sablier » parus aux Carnets du dessert de Lune…



Ce premier livre de poésie-jeunesse de Jean-François Mathé est placé sous le signe de la fantaisie, d’une fantaisie qui prend racine dans le réel. Car il a le sens de l’observation. Mais c’est aussi quelqu’un qui connaît bien les mots et sait parfaitement les utiliser : ainsi le mot nuage qu’on trouve dans un poème où il est question de thé et de lait… On apprécie également ses calembours douteux (comme tous les calembours !) ; ainsi la moralité d’une de ses fabulettes se réduit-elle à ces deux mots (tout à fait justes pour un général mort dans un lit d’hôpital), « Mort alité » ; ou la mie (qui n’est pas une copine !).
Une fantaisie qui se manifeste aussi dans ces rimes absentes : « L’accident dans un bruit de tôle » fait penser à un bruit de ferraille ! De façon générale, Jean-François Mathé joue avec les mots en fin de vers même quand la rime est absente : le poème intitulé « Sans enfants » est construit sur une fausse rime en sse quasiment muette mais le groupe de lettres sse est à chaque vers précédé d’une voyelle différente. De même dans le poème « Ce que je dois à mon papa » où le poète fait rimer cosaque, pastèques, Amérique et breloques… pour le plaisir de l’œil qui repère les lettres que. Ailleurs, « Le Corbard et le Reneau » est un pastiche de la célèbre fable de La Fontaine, c’est jubilatoire à souhait et la moralité est réjouissante : les adultes qui ont subi La Fontaine à l’école (où il est devenu synonyme de récitations) vont sans doute se réconcilier avec le célèbre fabuliste. Mais Jean-François Mathé sait être sérieux à l’occasion : « Noémie et Léa » est une belle leçon contre le racisme tandis que « Le temps » parle pudiquement de la mort…
Si l’adulte doit rester un enfant, Jean-François Mathé prouve avec ce petit recueil que la poésie pour enfants peut aussi être lue avec profit par les plus grands…

(Jean-François Mathé, « Grains de fables de mon sablier ». Éditions Les Carnets du dessert de Lune, illustrations Charlotte Berghman, 80 pages, 10 €. Sur commande chez l’éditeur : 67 rue de Venise. B. 1050. Bruxelles).
Lucien Wasselin



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dimanche 15 mai 2016

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Jean-François Mathé


Jean-François Mathé est né le 30 mai 1950, à Fontgombault, dans l’Indre.
Etudes de Lettres modernes à l’Université de Poitiers.
Après avoir enseigné deux ans au collège de Loudun (Vienne), il est nommé professeur agrégé de Lettres modernes au lycée de Thouars (Deux-Sèvres). Il a pris sa retraite en 2010 et vit dans un village du Poitou. Il a partagé son temps entre un métier qui l’a passionné, la poésie, le dessin humoristique et la chanson.
De 1970 à 1980, parallèlement à l’écriture, il s’est en effet consacré au dessin d’humour (des dessins ont paru dans Télérama, La Vie, Tribune Socialiste, Gulliver, Encre Libre, etc. Illustrations pour deux livres : Les Culbuteurs - Albin Michel 1976 et La Fête des Anes - Rougerie 1985).
Il est membre du comité de la revue Friches et du jury du prix Troubadours/Trobadors.
Il a reçu en 2013 le Grand Prix International de Poésie Guillevic-Ville de Saint-Malo pour l’ensemble de son œuvre.



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