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Michel Dunand

« J’ai jardiné les plus beaux volcans »

Une double lecture par M. Baglin et G. Cathalo



J’ai déjà signalé ici à plusieurs reprises (et notamment à propos de Jacques Ancet et de Claudine Bohi ) les éditions Eres qui ont lancé une collection de poésie, « Po&psy », de petits livres sous emboitage, réalisés et illustrés avec grand soin. Comme son nom l’indique, elle s’intéresse à la poésie comme exploration de l’inconscient ou du moins de la part obscure et intime de chacun, et comme rapprochement de l’intériorité et de l’extériorité. Une quinzaine de titres a paru, et parmi les derniers, « J’ai jardiné les plus beaux volcans » de Michel Dunand, poète, directeur de la Maison de poésie d’Annecy et animateur depuis 1984 de la revue Coup de Soleil.

Réalisé en fac-similé d’un cahier d’école manuscrit, ce recueil « intériorise » la vision ou l’approche du monde d’écrivains et d’artistes, voire de lieux, marquants pour l’auteur. « J’ai du mal à parler de moi, explique Michel Dunand. J’ai donc décidé (…) de laisser le plus souvent la parole à certains de mes compagnons de route, ou de mes guides. Ils vous diront forcément (…) qui je suis, qui je ne suis pas. »
D’Hemingway à Chicago à Camus à Tipasa, de Malcolm Lowry à Bernanos ou Neruda ou encore de Van Gogh à Magritte et Giacometti comme du Mexique à Bogota et mille autres lieux, on voyage beaucoup dans des paysages littéraires, intérieurs et picturaux dont quelques vers et quelques phrases rappellent les lignes de force et les obsessions. Une belle façon de célébrer le monde en s’y promenant en filigrane.

Michel Baglin



Michel Dunand : «  J’ai jardiné les plus beaux volcans »

La particularité de cette collection de poésie publiée chez Erès, un éditeur de sciences humaines, ne réside pas seulement dans l’originalité de la jaquette colorée amovible mais dans sa volonté de « faciliter l’accès à des oeuvres poétiques sans limitation d’époque ni de lieu ». On a déjà pu y lire des écrits de Guillevic et d’Ancet mais aussi de Lorca et de Ritsos. Cet éclectisme n’empêche pas les deux responsables d’accueillir le discret Michel Dunand, poète globe-trotter à l’œil aiguisé. De Chicago à Barcelone ou de Mexico à Bogota, il relève des images fugaces où se bousculent les références littéraires et artistiques. « L’important, c’est le regard. L’infini », écrit-il et c’est ce qui lui permet de raccrocher ses poèmes à des personnages connus de l’art ou de la littérature : Steinbeck, Picasso, Bernanos, Magritte et tant d’autres encore. « On flotte/ Il suffit de s’étendre au milieu de sa vie sans faire un seul mouvement pour le vérifier », ou pour vérifier aussi que l’art est bien ce supplément d’âme qui permet que l’on puisse « se fier à sa musique interne ». Humble, Dunand le demeure dans chacun de ses déplacements : « Je ne revendique aucune étiquette, hormis celle de voyageur, de pèlerin, d’amoureux ». Dans un avertissement final, l’auteur fournit un trousseau de clés sans en livrer le mode d’emploi. C’est peut-être une manière subtile d’égarer le lecteur tout en lui tenant la main vers une question sans réponse : « qui je suis, qui je ne suis pas »...

Georges Cathalo



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mardi 1er juillet 2014, par Michel Baglin

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Michel Dunand

Michel Dunand est né en 1951 à Annecy, où il réside. Il y dirige une " Maison de la Poésie " qui est un lieu de consultation, d’expositions, d’écoute et de rencontres. Il est également l’animateur de la revue " Coup de Soleil " (poésie et art) depuis 1984.
Il dirige d’autre part à Annecy une « Maison de la Poésie », lieu de consultation, d’expositions, d’écoute et de rencontres. Et est un récitant très actif.



Bibliographie

« Un éternel présent » (CD), textes de Michel Dunand lus par l’auteur, musique : Pierre Coppier, Bernard Donzel-Gargand, Forum Studio, Annecy , 2012
« Mourir d’aller », Jacques André éd., 2012
« Sacre », Jacques André éd., 2012
« Tunis ou Tunis » Berg éditions, à Tunis. 2012
« Tout est dit », Editinter, 2010
« Hors piste », suivi de « Trois amours, aucun ». Préface de Jean Joubert. Bois gravés Jean-Bernard Butin, l’Harmattan, 2008
« Ailleurs, toujours, est au soleil » suivi de « Roi sans arpent », préface de Jacques Ancet, illustrations d’Yves Mairot, L’Harmattan, 2003
« Péril en l’ocre jaune » suivi de « Dernières nouvelles de la nuit », La Barbatelle, 1993
« Dernières nouvelles de la nuit », Encre de Jacques de Féline, Edition simple et de luxe, Le Petit Véhicule, 1989



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