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Paul Dirmeikis

« Je vous parle d’un buisson très éloigné »

Jacques Ibanès a aimé le dernier CD du chanteur-poète

Dans son magnifique texte d’introduction à ce nouvel album, Paul Dirmeikis énonce ses certitudes et ses intentions : « C’est l’autre que l’on chante, toujours. L’autre, l’ailleurs, l’ailleurs du monde ou celui d’en soi ».



Pour son voyage musical et poétique, le poète de Kertau a invité à son bord de grands aînés (Armand Robin, Sergueï Esssenine, Angèle Vannier) et des contemporains de tous horizons car, comme il aime à le dire : « J’invente ma famille, mon gréement, au gré du glanage cher au pérégrin ». Nommons-les tous : Salah Stétié, Mérédith Le Dez, Paol Keineg, Claude Pierre.

Nous voici donc invités à appareiller pour les contrées au cœur de soi « Vos songes, mes humains, sont mon plus vrai manteau » (Robin) ou dans celui du monde, « sur le sentier du champ bleu-ciel » (Essenine), cela au gré du vent « qui nous dévide comme une pelote de pas perdus/ un écheveau de vagues lentes/ au nord d’un chant sans refrain » (Dirmeikis).
Pour décliner ces poèmes qui nous parlent d’amour, de moments intimes et familiers ou de la mouvance des hommes sous diverses latitudes, Paul Dirmeikis lui-même à la guitare, s’est assuré le concours de Julien Blondel au violoncelle et de Jean-Baptiste Henry au bandonéon. Avec son instrument ô combien envoûtant, celui-ci épouse en volutes serrées les moindres inflexions, les moindres intentions de textes denses et déjà éminemment musicaux en eux-mêmes.

Toutes ces richesses sont exposées dans des registres fort divers. Ainsi, à l’éclatante ouverture symphonique du poème de Stétié : « Je viens vers toi avec les armes du soleil / Par les chemins de froid/ A la face éclatée de la rosée nocturne » à laquelle fait écho celle de Claude Pierre : « Bélier des terres brûlées / où louvoient nos hamacs hors saison / le soleil de juillet repose en ton silice », Paul Dirmeikis accole une atmosphère d’allégresse sur des rythmes syncopés voire exotiques fort communicatifs.
Ailleurs, l’accent sera élégiaque, par exemple dans le texte de Keineg : « nous sommes un peuple/ aux colonnes de vent/aux portes estuaires/ aux rires de pluie » (Keineg) ou bien énoncé à sotto voce chez Le Dez : « J’ai construit une maison/ sur l’aile du vent/ une maison qui n’est pas la mienne/ des voix viennent y habiter/ fertiles et vives/ comme une lumière blessante ».

Bref, Paul Dirmeikis s’exprime toujours avec des musiques subtiles dont les différentes mélodies et rythmiques sont à la hauteur des poèmes. Cela sans joliesses ni fioritures inutiles. Sa voix est flexible et sûre, au vibrato sensible et toujours contenu. Elle respecte et sert la qualité des textes avec une diction exacte où s’entend la ferveur. Et chaque nouvelle audition nous en fait découvrir de nouvelles beautés.

(Paul Dirmeikis : « Je vous parle d’un buisson très éloigné » Un album CD Production l’Eveilleur 18 titres 18€. Voir le site. )


Jacques Ibanès



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mercredi 13 septembre 2017, par Michel Baglin

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