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Jean Giono

« Jean le Bleu »

Roman largement autobiographique ou autobiographie romancée, « Jean le Bleu » relate la jeunesse de l’auteur à Manosque et au village de Corbières, où ses parents ont envoyé le jeune garçon affaibli par la maladie.



Giono dans ce livre campe surtout la figure de son père, cordonnier, en un anarchiste naïf au grand cœur, aidant les pauvres et les réprouvés. Mais bien d’autres personnages y paraissent, sa mère repasseuse et les femmes qui travaillent avec elle, Massot le berger qui l’accueille au village, l’homme noir, la mexicaine, les deux musiciens, la prostituée troublante au parfum de musc, et encore une multitude de personnages plus ou moins fantasques. « C’est ma vie intérieure que j’ai voulu décrire dans Jean le Bleu, commenta l’auteur. Cette vie qui était essentiellement magique. Je ne pouvais pas la raconter autrement qu’en créant autour de moi les personnages qui n’existaient pas dans la réalité, mais qui étaient les personnages magiques de mon enfance ».

Le roman est en fait un patchwork d’anecdotes et d’épisodes souvent courts, comme celui de La Femme du boulanger dont Pagnol a tiré son film fameux et Giono une pièce de théâtre. Ou ces scènes qui se déroulent dans une arrière-cour pleine de moutons et de porcs, où résonnent les chansons comme les cris d’un père veillant sa petite fille à l’agonie, et dont le mur de briques lépreux fascine le jeune Jean le Bleu qui croit y discerner un visage de femme…

La chronologie est loin d’être linéaire, entre ses premières années et le départ pour la Grande Guerre, la narration étant plutôt impressionniste. Mais tous ces fragments sont forts, même si parfois déroutants, les uns lumineux, d’autres empreints d’une certaine amertume face à la misère, la cruauté, les souffrances des hommes. Recueil de souvenirs, il est aussi roman d’initiation, à la sensualité, à la pitié, à la bonté, au mystère et au pathétique des existences. La nature, toujours ambivalente, y est fortement présente. Les épisodes oniriques et les personnages improbables nous font souvent flirter avec le fantastique. Mais le regard sur le monde reste celui, tendre, de Giono.

Michel Baglin



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jeudi 1er octobre 2015, par Michel Baglin

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Jean Giono

Né à Manosque le 30 mars 1895, Jean Giono est mort le 9 octobre 1970 dans la même ville.
Il est le fils unique de Jean-Antoine Giono (1845-1920), un cordonnier anarchiste d’origine piémontaise et de Pauline Pourcin (1857-1946), d’ascendance picarde par sa mère et provençale par son père.
La famille a de maigres revenus et en 1911, Giono doit interrompre ses études pour travailler dans une banque.
En 1915, il est embarqué dans la grande boucherie du premier conflit mondial. Il voit ses amis tomber à ses côtés et lui est gazé. De cette expérience terrible, il tirera plus tard un roman, « Le Grand Troupeau » et surtout un engagement en tant que pacifiste convaincu.
Il lit beaucoup, s’imprègne des mythologies grecques et romaines qui marqueront son œuvre, à commencer par le premier roman qu’il écrit, « Naissance de l’Odyssée » (qui ne sera publié qu’ultérieurement). « Colline est son premier livre publié, qui ouvre la Trilogie de Pan, et reçoit un bon accueil.
En 1929, il décide de se consacrer entièrement à l’écriture. « Que ma joie demeure » en 1935 lui vaut un grand succès.
A la suite d’une randonnée avec des amis sur la montagne de Lure, il crée les Rencontres du Contadour, qui se poursuivront jusqu’en 1939. Son engagement pacifiste s’y confirme, il écrit « Les Vraies Richesses » .
Face aux menaces d’une nouvelle guerre, il écrit « Refus d’obéissance », « Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix », « Recherche de la pureté » , etc.
L’utilisation de sa pensée par Vichy, notamment le retour à la terre ou à l’artisanat, lui vaut après guerre, d’être accusé d’avoir collaboré (alors qu’il a caché des réfractaires, des juifs, des communistes) et il est emprisonné en septembre 1944. Il est libéré en janvier 1945, sans avoir été inculpé.
Dans les années qui suivent, Giono publie les œuvres de sa "seconde manière", notamment « Le Hussard sur le toit » (1951), il est bientôt considéré comme un des grands écrivains français du XXe siècle. En 1954, il entre à l’Académie Goncourt.
Pour autant, il reste engagé contre les guerres et soutient le comité créé par Louis Lecoin pour un statut des objecteurs de conscience, aux côtés de Camus, Breton, l’abbé Pierre.
Il est emporté par une crise cardiaque le 9 octobre 1970 dans sa maison.



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