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Jeanine Salesse

« Journal de montagne »

Poète, randonneuse, Jeanine Salesse est attachée à la montagne qu’elle sillonne au gré des belles saisons. Ce « Journal de montagne » qui court de1991 à 1998 relate différents séjours effectués dans les Alpes



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(Jeanine Salesse : « Journal de montagne ». éditions Tensing, 13 € )

Poète, randonneuse, Jeanine Salesse est attachée à la montagne qu’elle sillonne au gré des belles saisons. Ce « Journal de montagne » qui court de1991 à 1998 et relate différents séjours effectués dans les Alpes, dans les Cévennes est l’occasion pour son auteur d’offrir au lecteur des pages où la nature, les paysage entrent en correspondance avec son univers intérieur. En effet, Jeanine Salesse ne se contente pas de décrire mais elle écrit ce qu’elle découvre, elle met en résonance le temps présent et le passé, la réalité extérieure et son moi profond dans un style qui est celui d’un véritable écrivain-poète.

« Enjamber les bois morts de l’hiver »

D’emblée le lecteur s’attache aux évocations de lieux dont la beauté simple ne cesse de saisir la marcheuse. Ce sont alors des sensations qui naissent, un espoir qui s’enracine par exemple face à des fleurs aux couleurs somptueuses, marque d’un bonheur tranquille et sans doute éphémère : Jeanine Salesse peut écrire : « C’est toute l’existence, ce désir de bonheur, de recommencement. Être capable d’enjamber les bois morts de l’hiver, les déconvenues, les deuils. » Il suffit d’observer : des oiseaux, la lumière, quelques arbres, pour que se transforme l’instant et que reparaissent des souvenirs que rien n’a brouillé et dès lors c’est la notion de temps qui resurgit, ce temps dont Jeanine Salesse dit : « il tient le compte des heures de chacun en petites bottes bien serrées qu’il entrepose dans des granges invisibles. »

Tout au long de ces promenades dont la plupart sont accomplies en compagnie de son père, le photographe Henri Salesse, les deux promeneurs guettent les moindres signes offerts par les paysages et leurs horizons. Malgré les heurts survenus, des souvenirs parfois douloureux, une découverte emplit de joie père et fille : ainsi celle de sabots de Vénus : « Presque cinquante ans que nous les espérons, sans trop les chercher. Attendant qu’on nous en fasse cadeau. »

Dans ce journal, qui ne se résume pas à la célébration des paysages parcours, l’intime prend place, une introspection qui accorde encore plus de poids à ces pages. Une simple observation, celle d’une fumée, et le questionnement survient dans sa sécheresse : « Que me faudrait-il consumer pour que mes vers s’avivent, étayent ma vie ? Et les cendres des pensées, bonnes à qui ? à quoi ? » Ce qui frappe dans ce Journal, c’est la spontanéité de Jeanine Salesse, cette écriture qui se veut délivrance et qui parfois résiste, accroît le malaise provoqué par le silence, mais qui, lorsqu’elle surgit, claire, forte, traduit la joie, l’émotion. Ce « Journal de montagne » qui se veut avant tout célébration de lieux chers à Jeanine Salesse est aussi hommage rendu au père vieillissant mais toujours soucieux d’avancer en compagnie de sa fille, de mettre ses pas dans les siens, de saisir avec son appareil photo ce qui se présente à son regard.
Dans ce « Journal de montagne » , l’être même de Jeanine Salesse nous est livré, par pans, par touches, sans fard, ce sont aussi de magnifiques évocations d’une nature dans sa simplicité et sa force que l’on a plaisir à découvrir grâce à l’écriture d’une poète talentueuse et trop discrète.



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lundi 21 mars 2016, par Max Alhau

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Jeanine Salesse


Jeanine Salesse vit dans le Val-de-Marne où elle a exercé la profession d’institutrice avec passion.
Elle se met à l’œuvre après de longues randonnées familiales ou solitaires. Ses pas vibrent de mots, de souvenirs, d’échos enchâssés dans le mouvement, celui d’écrire et celui de marcher.
Elle a publié, à ce jour, de nombreux recueils dont le plus récent : « L’épaule du paysage » chez Tarabuste. Des anthologies ont souligné sa présence poétique.
Elle a été l’invitée de la Biennale des poètes en Val-de-Marne.



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