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Michel Passelergue

« Journal de traverse »

Aujourd’hui professeur retraité, Michel Passelergue (né en 1942) a enseigné les mathématiques en banlieue parisienne. Poète, critique et essayiste, il vient de publier un « Journal de traverse » qui coupe à travers chants pour tenter d’approcher ce qui se joue dans sa poésie et celle des autres.



Michel Passelergue tient ici son journal d’écriture. Il s’interroge sur les rapports de la poésie aux mathématiques (il est mathématicien), à la musique, à la peinture, mais aussi sur le surgissement du poème (quand le poème est en puissance dans une image, un vers, par exemple) ou au contraire sa lente maturation. Il évoque les dédicaces pratiquées « comme exercice poétique » aussi bien que l’exercice qui consiste à lire en public ses textes ou ceux des autres. Ses questionnements sur la création concernent bien sûr sa propre écriture et on le voit progresser plus ou moins lentement dans la construction (voire la déconstruction) et l’élaboration de ses recueils. Mais ils concernent aussi ses lectures et bien des pages sont consacrées à l’analyse, souvent très fine, de la démarche de tel ou tel poète. On y croise ainsi Meschonnic, Jacques Taurand, Colette Klein, Dhainaut, Emaz, Reverdy, Stétié, Maulpoix, Robert Nédelec et bien d’autres.
Se succèdent en quelque 130 pages des réflexions, des études, des notes, des citations et des extraits de carnets que l’auteur a judicieusement fractionnés de sorte que chacun des 108 textes réunis ici n’excède pas une page. Et l’ensemble se lit avec plaisir, ce qui relève un peu de la gageure pour une matière plutôt austère. Mais Michel Passelergue sait ce qu’il en est des notes critiques de routine, « tricot approximatif de fragments arrachés à la trame verbale, enfilade au jugé d’emprunts et paraphrases ». Il évite cet écueil naturellement, parce que son travail critique est au fond, encore, de création. Et il prouve qu’un compte-rendu de lecture est une entreprise d’élucidation de son propre cheminement, une manière parfois « de détourner à son profit l’ouvrage d’un auteur ». C’est donc par l’intelligence et, surtout, l’authenticité de son questionnement, notamment sur sa propre poésie - qui oscille toujours entre l’ombre si prégnante et la lumière « en creux », entre le deuil et « la vie inextinguible » - que le critique demeuré poète réussit à nous embarquer à sa suite pour une balade sur ses chemins d’encre.

Michel Baglin
(Ed. Rafael de Surtis. 130 pages. 19 euros).



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jeudi 6 mars 2014, par Michel Baglin

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Michel Passelergue

Michel Passelergue, auteur et essayiste, est né en 1942.
Il a été professeur de mathématiques. Retraité depuis 2003.
Il a été membre du comité de rédaction de Phréatique de 1980 à 2001, collaborateur de nombreuses autres revues, il est l’auteur, comme poète et essayiste, d’une œuvre importante.



Œuvre

Erosion, 1962-1968 (Pierre Jean Oswald)
Nyx, 1969 (Formes et langages)
Le Feu et la Parole, 1970-1972 (Formes et langages)
Vers la Flamme, 1972-1974 (Formes et langages)
L’Oreille absolue, 1969-1977 (Formes et langages)
Impasses, 1981-1985 (G.R.P.)
Une Lettre ouverte au silence, 1982-1986 (G.R.P.)
La Nuit, l’autre, 1987-1993 (La Bartavelle)
Zodiaque apocryphe et autres écrits harmoniques, 1990-1997 (G.R.P.)
Allégories perdues, 1994-1998 (G.R.P.)
Le Temps étroit, 1998-2000 (G.R.P.)
Le Réel, j’imagine, 1981-2004 (L’Harmattan)
Lettres à Ophélie, 1999-2004 (L’Arbre à Paroles)
Ombres portées, ombres errantes.2011 (Editions du Petit Pavé)
Lontana in sonno.2009-2010 (Editions Aspect)
Fragments pour l’inextinguible.2002-2011 (La Porte)
Journal de traverse.2003-2012 (Editions Rafael de Surtis



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