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Jacques Lebouteiller

« La chambre du temps »

Une vie pour des chansons

Avec une voix chaleureuse et un brin mélancolique dans laquelle passe une ferveur que les années n’ont pas entamée ; avec de talentueux complices musiciens (D. Bailhache, C. Basset, J. Denis, H.-M. Foulquier, J. Hamel au service de ses chansons et non d’eux-mêmes ; avec l’amour de l’ouvrage bien tournée ; avec la douceur sans la mièvrerie ; avec un attachement aux valeurs qui l’ont toujours guidé, Jacques Lebouteiller vient de signer son douzième opus musical aux couleurs du temps.



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(Jacques Lebouteiller. « La chambre du temps » 1 cd 14 chansons 18,50 €. contact distribution : jacques.lebouteiller@orange.fr tél 02 33 57 83 43)

Couleurs du temps... Un temps qui passe et avec lequel il faut composer pour toujours rebondir : « Le temps aura fait fi / De mes rêves brûlures / Et j’irai en défi / De soleil en blessure / Pendant que mes amours / Envolées de plus belle / Porteront dans les tours / Une chanson nouvelle. » (Fado).
Ce temps dont il fait son ami et non point son rival (La chambre du temps) , il le chevauche pour des voyages imaginaires avec l’illusion d’être en Amérique, quand « Une fille au café d’la Grave / Fait pleurer un accordéon / Son chant se perd et dans le havre / Y’a des cris d’mouettes sur les violons  » (À la pointe du loup) ou d’autres bien réels, telle cette évocation d’une rencontre en Inde : « Je chante pour l’oiseau nocturne / Je chante pour cet enfant qui / Jouait sa vie au clair de lune / Pour une poignée de roupies » (Le funambule du Rajasthan).

Jacques Lebouteiller lie amitié où qu’il se trouve, que ce soit dans un bel instant saisi en Andalousie « Sur la Costa del Sol / Ironie ou hasard / C’est à toi l’Espagnol / Que j’appris la guitare » (Lettre andalouse) ou au Québec, après vingt-cinq années de correspondance avec « deux amoureux d’Peynet » : « Jusqu’à la rue Saint-Jean j’me pousse / Me v’là rendu près d’Limilou / Je descends la côte en pent’douce / J’m’en vas manger du caribou » (Du côté de Limoilou).

Large est la palette musicale de Jacques Lebouteiller qui confronte ses mélodies et leurs rythmes au ressac de ses textes qui saisissent joliment la vie, même dans ce qu’elle a de prosaïque : « La pluie qui bat à la fenêtre / Aurait voulu se mettre au chaud / Mais c’est l’hiver qui est le maître / Alors la pluie pleure au carreau » (La pluie qui bat à la fenêtre).

Attentif aux bonheurs domestiques, Jacques Lebouteiller l’est aussi à l’Histoire dont il énumère les soubresauts depuis sa naissance et qui ne sont pas sans rappeler notre piètre actualité. « Les races sont inégales / Ce discours-là va bien / Surtout quand ça va mal / Ca vous rappelle rien / Ces mots portaient déjà / La haine au vent très fort / Annonçant la shoah / Et cinquante millions d’morts » (Histoire de France).

Fidèle à l’amitié (À jean Tenenbaum) et dans le sillage des « voleurs d’étincelles » que sont Christine de Pisan, Marot, Corbière ou encore Nouveau (Ces poètes maudits), Jacques Lebouteiller mène à sa guise son vagabondage poétique et musical sans jamais renier le meilleur de l’enfance qu’il porte en lui. « Tout au long du chemin semer quelques cailloux …/ Lorsque vous serez vieux, les croquer sans faiblir / En aurez l’âme gaie, en aurez longue vie » (La belle ordonnance).
Et à l’écouter, nous n’avons qu’une envie : suivre ce précepte de sagesse souriante, afin de vivre « la belle vie qu’on a rêvée » (Ta main sur ma main) …

Jacques Ibanès



vendredi 1er juillet 2016, par Jacques Ibanès

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