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Jean-Claude Tardif

« La douceur du sang »

Après les nouvelles de « La Nada » et celles de « Post-scriptum au chien noir » (Le Temps qu’il fait éd.), Jean-Claude Tardif nous livre douze courts récits sous le titre « La douceur du sang » aux éditions Le vent se lève.



Après les nouvelles de « La Nada » et celles de « Post-scriptum au chien noir » (Le Temps qu’il fait éd.), Jean-Claude Tardif nous livre douze courts récits sous le titre « La douceur du sang » aux éditions Le vent se lève.
On à souvent affaire ici, comme dans les livres précédemment cités, à des portraits. Ceux de gamins différents parce que peu ou prou abandonnés et maltraités par leurs congénères, comme celui qui ne veut (ou ne peut) livrer le nom de son père, ou le fils de l’assassin, ou encore celui du boucher. Portraits de couple père-fils ou mère-fils aussi, empreints de désarroi et de mélancolie. L’auteur nous a habitués à creuser les tendresses et affres que recouvrent les liens de la filiation et il les aborde à nouveau ici sous le biais de fictions dramatiques, à travers les silences des fils ou des pères, les rencontres manquées, les attentes aussi vaines que celle de ce vieux militaire qui finit sa vie dans une maison de retraite en espérant chaque soir la visite d’un fils mort depuis longtemps.
Le sentiment de solitude et d’abandon court d’une histoire l’autre et les faufile, comme ce curieux « lien du sang » qui se décline en de multiples facettes. Car le sang, qui est le symbole de la parenté – plutôt malheureuse ici – est aussi celui du crime qui se dessine ou se devine au bout de la souffrance. Ou qui se répète, de père en fils.
On croise dans ce recueil un gamin dont la mère se prostitue et qui ne sait qui est son géniteur, ou ce fils de cordonnier dont la mère a quitté le foyer et que son père a élevé dans l’amour du travail bien fait. L’un et l’autre vont se venger des lazzis et de la solitude que la vie leur a infligés, mais on ne le devine que dans les dernière lignes des nouvelles, conformément à la loi du genre.
Car Jean-Claude Tardif, en bon écrivain, sait ménager ses effets et construire une histoire de façon allusive, jalonnant ses pages de légers indices qui suggèrent les drames plus qu’ils ne les racontent. Il sait aussi inviter la grande histoire dans ses récits intimistes, comme avec « L’hagiographe » où l’on est amené à douter de la probité d’un grand écrivain dont l’attitude durant l’Occupation est sujette à polémique et dont deux textes suspects ont disparu... Le doute, la suspicion, sont en effet des ressorts de la narration de ces douze récits réussis, qui laissent parfois des portes ouvertes. Tant il est vrai que la parenté a aussi ses incertitudes…

Michel Baglin



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mercredi 19 novembre 2014, par Michel Baglin

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Jean-Claude Tardif :
« La douceur du sang »

Editions Le vent se lève.
(43 grande rue. 32270 Aubiet.)
84 pages. 13.5 euros



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