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Michel Baglin

« La Part du diable et autres nouvelles noires »

« La Part du diable » est le titre de mon dernier livre, un recueil de nouvelles publié par Le bruit des autres éditeur. Ces treize nouvelles annoncent la couleur : elles sont « noires » comme la littérature policière et comme l’humour, car elles font certes « la part du Diable », mais aussi celle du sourire et l’enquête s’avère prétexte à un drôle de chassé-croisé entre l’auteur et des personnages malcommodes !



Ici, c’est la rivalité d’auteurs de polars qui crée l’événement, là, une modeste orchidée ou la métamorphose d’une nageuse en redoutable sirène. Ailleurs, un jeu de mots involontaire conduit au meurtre, la destruction d’un château d’eau réveille le passé et l’explosion d’une usine toulousaine, la violence.
On croise dans ces histoires de drôles de gens, vigile sans amis, voyous et flics sans flair et vieux maniaque croyant découvrir le Malin dans le chaos qui gagne son existence, aussi bien que les fantômes de la Guerre d’Espagne.
Mais à travers le poète inventé qui s’incarne un beau jour en un interlocuteur menaçant, le garagiste se reconnaissant chez Flaubert ou la pochtronne heureuse de réécrire les faits-divers, c’est l’imaginaire, l’inconscient et les fantasmes qui viennent perturber la réalité, autrement dit : le réel qui se trouve presque toujours pris au piège de la fiction...



Une émission sur TLT

Greg Lamazères m’a invité dans son émission « le comptoir de l’info » du 21 février.

Pour regarder l’émission, cliquer ici

Deux émissions sur Radio Occitanie

J’ai été, pour la deuxième semaine, l’invité de Christian Saint-Paul, dans son émission "Les poètes". Écouter ici.

J’ai également été l’invité de Claire Ambill pour son émission « Page à page », du 20 septembre 2013.
On l’écoute ici.

Ce qu’ils en disent :

Alain Kewes Décharge 158

Michel Baglin s’efforce à ce que la vie et l’écriture soient le moins possible dissociées nous rappelle la 4e de couv’. Dans ses essais, poèmes, romans, la vie (la sienne mais celle, aussi bien de ses lecteurs) est toujours là, chaleureuse comme une pâte à pain que les mots font lever. On n’est donc pas étonné de retrouver dans la première des nouvelles de ce recueil, une brochette d’écrivains au Festival du polar de Cognac, ni que la littérature s’y incarne au fond de la Charente sous les traits de l’un de ces auteurs, noyé, les mains menottées dans le dos. Mise en scène du réel, mise en réel de la scène, tout est là, donné dès les premières pages. Ailleurs, le narrateur dirige une petite revue de poésie et voit l’un de ses auteurs lui échapper (cette nouvelle était d’ailleurs parue dans Décharge, n° 111). Ailleurs encore, c’est un Toulousain qui n’oubliera jamais la catastrophe d’AZF. C’est assez dire que la chair de ces nouvelles se nourrit des expériences quotidiennes de l’auteur, écrivain, mais aussi journaliste, consommateur accoudé au bar d’un bistrot de quartier ou client d’un supermarché. Mais à chaque fois ce quotidien-là bascule dans la fiction la plus inventive, dérapant de petit doigt blessé en accident ferroviaire. Si le recueil est sous-titré « nouvelles noires » le ton est souvent léger, joueur. Pour autant, on est loin de l’exercice gratuit, simple accumulation de clins d’œil car la question qui traverse le livre est celle de l’identité, de l’illusion du réel ou à l’inverse, de la fiction. Ainsi, le coupable pourrait bien être le roman dans une des histoires, et ailleurs, les personnages prennent corps, au plus grand embarras des humains. En somme, l’auteur de ce recueil est bien le même que celui de Poésie et pesanteur (Atelier du Gué) ou de La perte du réel (Noir & blanc). Symptomatique, plusieurs récits sont précédés d’un liminaire où l’auteur en son nom propre énonce la problématique à l’œuvre, comme si les histoires étaient aussi (pas seulement, mais aussi) des paraboles pour mieux illustrer sa pensée, à la manière d’un philosophe parcourant le monde, réel ou imaginaire et amoureux de ses contemporains respectifs. En nouvelliste aguerri, Baglin dévoile d’ailleurs dans le dernier récit, à la manière d’une chute, son art poétique, clé de l’énigme.
Alain Kewes Revue Décharge 158 (juin 2013)

Max Alhau sur Europe

Les nouvelles noires de Michel Baglin ne sont pas toutes des nouvelles policières : elles sont fondées sur une réalité parfois dramatique, parfois plus légère, voire fantastique et d’une grande vérité psychologique. La thématique est diverse qui tient toujours en haleine le lecteur, Les personnages eux aussi atteignent cette réalité que la littérature leur accorde souvent. Bien des pulsions les agitent et la plus importante est sans doute la vengeance qui s’exerce sous différents prétextes dans nombre de ces nouvelles. Dans « La beauté du geste », il s’agit d’une vengeance par tiers interposé où un témoin, une pocharde, fausse la réalité d’un fait pour se venger à titre posthume. Mais la véritable vengeance est celle de cette jeune femme schizophrène, cette « Sirène de minuit » qui tente de noyer les hommes qu’elle attire à elle pour se venger d’un viol dont elle a été victime. Dans « Le prix d’une côte de porc », le directeur d’un magasin se venge d’un des employés a séduit la femme. Quant au héros de « Une place au soleil » sa mort est due à une sorte de vengeance attisée par la jalousie. Ces actes confèrent aux récits toute leur force et Michel Baglin les conduit avec habileté jusqu’au dénouement. Pourtant d’autres faits essentiellement humains s’imposent dans ces nouvelles, de ces faits que le temps n’a pas abolis et qui masquent une douleur jamais effacée. Il en est ainsi du « Château d’eau » et de son héroïne, la Louise, tenue pour folle dans son village et dont Michel Baglin, par un retour sur le passé, évoque la liaison avec celui qui est devenu le maire et qui s’apprête à faire détruire un château d’eau détenteur d’un secret macabre. Dans cette nouvelle est exprimée la culpabilité d’un homme qui voudrait oublier un fait divers peu glorieux. Ici encore Michel Baglin sait retarder le dénouement, ne révéler en fin de compte que l’essentiel. Quant à la littérature, elle l’emporte et s’impose de différentes manières. Dans la nouvelle éponyme, deux écrivains, auteurs de polars, sont mis en présence : un commissaire de police et un ancien détenu. Bien entendu, ils se détestent et s’affrontent lors d’un salon du polar en Charente. Si l’histoire finit par ce qui n’est pas un crime mais un accident, c’est qu’elle est à la mesure du dénouement d’un roman policier. De même le héros de « La beauté du geste » est un écrivain américain qui, comme son confrère, le commissaire, finira noyé. La littérature est aussi présente, nous l’avons dit, dans « Identification » où le personnage de l’ouvrier garagiste qui lit Madame Bovary reconnaît dans ce roman sa propre existence et celle de sa femme et croit que le dénommé Gustave Flaubert, mauvais pseudonyme, selon lui, n’est autre qu’un de ses clients, un écrivain, dont il veut se venger. Cette fonction de la littérature, sa coïncidence avec le réel se retrouve aussi dans « La sirène de minuit » où est rappelé Ulysse et les Sirènes, dans « L’Autan qu’apporte le vent » où le responsable d’une revue poétique soucieux d’inventer un personnage fictif et écrivant de mauvais poèmes se voit un jour interpellé par un homme qui lui aussi se reconnaît dans ces écrits : il s’ensuit un épisode à la fois comique et tragique qui montre les liens entre réalité et fiction, une histoire que conduit de main de maître Michel Baglin. Quant aux rapports qui se nouent entre personnage fictif et personnage réel, ce sont encore des marges bien étroites qui existent. Ainsi dans « Palimpseste », le lecteur navigue toujours entre le personnage d’Antonio, un ancien républicain espagnol, réfugié à Paris et son histoire même qui ne cesse de hanter l’auteur à tel point qu’il peut avouer que ses personnages bien souvent « se mettent à exister très fort. »
C’est bien le pouvoir de la littérature et ici de ces récits qui conduit le lecteur vers une réalité sans cesse nouvelle ou réinventée mais qui ne s’écarte jamais de celle que nous connaissons.

Max Alhau. Europe Juin 2013

Jean-Loup Martin sur Brèves

Né en 1950, poète, essayiste, romancier, journaliste, critique, éditeur, revuiste, Michel Baglin est une figure importante de la littérature d’aujourd’hui, bien connue des lecteurs de « Brèves » et de « L’Atelier du Gué » qui ont publié des essais : Poésie et Pesanteur (1984) et François de Cornière (1984), des nouvelles : L’Innocence de l’Ordre (1981), des articles. Il est l’auteur de plus de trente ouvrages. Il a été le créateur et l’animateur d’une revue importante, « Texture », à laquelle a succédé le site revue-texture.fr., site sur lequel il précise :
« J’écris sur une réalité qui ne cesse, il me semble, de se dérober, diluée par les habitudes, les rôles sociaux, les langages inadaptés. Mes personnages sont ainsi toujours un peu exilés et comme absents de leur propre vie, en proie à "la perte du réel". Ils ont pourtant soif de présence, des autres, envie de descendre dans le paysage, et cherchent désespérément à retrouver leur pesanteur intime, à s’incarner. »
Les personnages de Michel Baglin « s’incarnent » dans ces treize nouvelles noires. Treize : est-ce un hasard ? un clin d’œil ? un signe ? En tout cas, noires, elles le sont, noires comme le « polar », noires comme l’humour, noires comme l’âme de certains personnages, mais pas forcément désespérées.
La dernière nouvelle de ce recueil, Palimpseste, est une clef pour entrer dans l’univers subtilement poétique, ironiquement décalé, insidieusement angoissant de Michel Baglin. C’est une vertigineuse mise en abîme, en abysse : un écrivain, dans une chambre d’hôtel, se souvient d’un réfugié espagnol qu’il a hébergé quand il a fui l’Espagne franquiste ou plutôt l’imagine à partir de ses souvenirs ou plutôt le construit à partir de ce « décor » comme Simenon ou plutôt Maigret qui « quand il erre dans un lieu, s’imprègne, respirant l’atmosphère et les gens pour essayer de capter quelque chose des personnages invisibles qui s’y meuvent en silence » et ainsi Maigret « ne se comporte pas en policier mais en écrivain ». Et ces personnages, l’auteur les « rate souvent » mais souvent aussi « ils se mettent à exister très fort. Et moi avec eux. » Ce sont les dernières phrases de ce recueil magistral. Et le lecteur peut assurer à l’auteur que les personnages de ces treize nouvelles « existent très fort ».
Certaines sont bien des nouvelles policières. Elles sont d’ailleurs assez terrifiantes par leur côté implacable, par la manière dont se construit le piège dans lequel vont tomber les victimes mais aussi les enquêteurs et même les assassins. Dans La beauté du geste, une femme, une ivrogne, invente, de toutes pièces, à titre « posthume », un crime qui n’a jamais été commis, et fait passer pour assassin un homme innocent qui en fait est mort en essayant vainement de sauver sa femme, un homme qui évidemment ne peut donc plus se battre pour rétablir la vérité, et ainsi elle assouvit une vague vengeance. Le lecteur n’est pas près d’oublier cette « pocharde » et son « bagout ». Mais il ne doit pas oublier non plus le début de cette nouvelle : c’est une espèce d’« art poétique » où la narrateur (l’auteur ?) explique comment il commence un « roman ». Ces personnages apparemment « réalistes » existent-ils ?
Certaines nouvelles frôlent le fantastique, avant de s’en dégager : ainsi dans Une place au soleil, Henri Duparc est victime de son voisin, dont il subit « l’influence néfaste », qui pourrait être le diable, mais qui n’est en fait, si l’on ose dire, qu’un assassin banal. Ou encore, dans La sirène de minuit, un jeune homme imprudent et peut-être présomptueux « se jette à l’eau » pour poursuivre une « sirène », qui est sans doute une « folle », schizophrène, et manque se noyer, avant de retrouver le sol ferme et la « réalité », mais les derniers paragraphes nous ramènent au mythe, à Ulysse qui avait su, lui, opposer la ruse à la perversité des sirènes.
D’autres nouvelles s’enracinent dans la réalité la plus cruelle : par exemple l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, peu après les attentats du 11 septembre 2001, dont l’une des nouvelles les plus fortes et les plus tragiques de ce recueil, intitulée précisément Idées noires (ce n’est pas un hasard !), analyse les désastreuses conséquences psychologiques, sociales, humaines, et montre comment certains ont tout perdu : travail, famille, dignité, équilibre, envie de vivre, et ont été ainsi détruits dans leur humanité.
Toutes ces nouvelles instaurent un climat envoûtant, entre tragique, humour et poésie, entre fantastique, « polar » et « réalité », entre ironie et tendresse : équilibre fragile et pourtant solide, solidement assumé par un auteur passé maître dans l’art d’ensorceler son lecteur, lequel est un heureux « Ulysse » fasciné par les « personnages-sirènes » de Michel Baglin.

Lucien Wasselin La Tribune de la Région Minière

Michel Baglin est surtout connu pour son goût des formes courtes : poèmes et nouvelles. Mais il a aussi écrit quelques romans comme La balade de l’escargot (2009), Un sang d’encre (2001) ou Lignes de fuite (1989) qui était aussi un récit autobiographique…
Avec La part du diable qui vient de paraître au Bruit des autres, c’est un retour à la nouvelle. Mais pas n’importe quelles nouvelles car il s’agit ici de nouvelles noires. Si la première du recueil, qui donne son titre à ce dernier, est une nouvelle policière qui fait penser à La balade de l’escargot (qui était un polar) par son climat et la mort qui pèse, très vite, le lecteur se rend compte qu’il est attiré vers d’autres eaux. Certes la nouvelle La part du diable réunit tous les ingrédients du texte policier, mais avec un certain humour ; l’action se passe dans un festival du polar et “s’achève avec un cadavre” : celui d’un auteur par ailleurs ancien flic qu’on retrouve noyé dans la Charente (on pense tout de suite à un célèbre festival…). Michel Baglin mène sa nouvelle à un rythme d’enfer et la chute est jubilatoire ! Mais très vite, le meurtre et l’enquête policière laissent la place à un regard acéré jeté sur la société qui nous entoure même si, parfois, le flic n’est pas loin, comme dans Peau pourrie (le lecteur attentif remarquera le jeu de mots). Ailleurs, c’est le monde du travail tel que le voient les patrons qui est épinglé (Le prix d’une côte de porc) ou la fiction, elle-même, qui est le sujet qu’explore Michel Baglin comme dans Identification.
Cette dernière nouvelle retiendra l’attention du lecteur : il y a bien sûr un accident qui en étonnera plus d’un et qui fait penser au sabotage de l’automobile. Mais l’enquête est terminée assez rapidement. Michel Baglin dresse un écheveau dont il tire les fils avec maestria et mène le lecteur là où celui-ci ne s’attendait pas à se retrouver.
Divers univers sont ainsi explorés : Baglin passe au crible de son regard les édiles qui cachent honteusement leurs vilénies passées, il crée des mondes où le fantastique se mêle à la réalité (même si l’explication finale reste sage et rationnelle)… Ou d’autres où un réel fortement médiatisé (comme l’explosion de l’usine AZF) revient de manière hallucinatoire pour mettre en lumière les dommages “collatéraux” occasionnés par la dite explosion… Ce qui n’empêche pas Michel Baglin de satisfaire son lecteur par la relation d’une enquête avec ses déductions empreintes d’une logique à toute épreuve. Ou de se référer discrètement à un de ses textes passés : Palimpseste fait penser à Lettre de Canfranc…
Il y en a donc pour tous les goûts. Mais, surtout, Michel Baglin fait preuve d’un beau talent d’écrivain tant il adapte le style à chacun des climats qu’il crée. Ainsi La beauté du geste offre un magnifique exercice de style écrit/parlé…
La part de l’écrivain !
Lucien Wasselin La Tribune de la Région Minière (26 juin 2013)



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mardi 29 novembre 2016, par Michel Baglin

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Michel Baglin
« La Part du diable et autres nouvelles noires »

Le bruit des autres éditeur
208 pages. 15 euros.
ISBN : 978-2-35652-083-8

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