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Michèle Teysseyre

« La saveur de Rome »

Amoureuse de Rome, comme elle l’est de Venise, « passé et présent confondus », Michèle Teysseyre offre avec « La saveur de Rome, vagabondage gourmand en terres latines », un livre poétique constitué de récits et recettes de l’Antiquité.



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(100 pages. 18 euros. Claisud éd.)

Ses douze récits, déclinés par mois, (accompagnés de reproductions de tableaux dont elle est elle-même l’auteur – car cet écrivain est aussi peintre et cinéaste) sont au-tant de divagations dans l’espace (de l’Italie à l’Espagne, des rives du Tibre à la Garonne toulousaine) et dans le temps (de l’Antiquité à aujourd’hui, d’Ovide à Pasolini) : Michèle Teysseyre visite en effet un univers plein de l’histoire des lieux et des êtres qui ne ces-sent de se répondre. Mais tous mènent ou ramènent à Rome par les chemins contournés des connotations, de l’imaginaire et de l’intime. La mémoire personnelle, l’enfance et les anecdotes, entrent en effet en correspondance avec les évocations d’un Nouvel an à Rome, de Virgile à Valcabrère, de la villa d’Hadrien ou des ruines d’Ampurias, des vignes de Campanie il y a 20 siècles ou d’un vigneron d’aujourd’hui dans la Narbonnaise...

Ce riche vagabondage est servi par un style sensuel et d’une belle élégance. En voici deux exemples : « La tante d’Espanès nous rendait visite en hiver. Entièrement vêtue de noir, la tête enfouie sous un châle qu’elle gardait en permanence, comme toutes les paysannes d’alors, elle arrivait par l’autobus du soir et sa silhouette semblait ajouter encore un peu plus d’ombre à la nuit. »
Un peu plus loin : « De ce temps persiste le souvenir des volailles ouvertes attendant la préparation du "gras" et, dans le grand chaudron de cuivre, les bulles du millas crevant comme la lave d’un volcan mal éteint. »
Quant aux 25 recettes, elles sont toutes inspirées de textes latins puisés chez Apicius, Caton et Athénée, et, nous certifie l’auteure, toutes expérimentées par elle-même. Bonne lecture donc, et… bon appétit !

Michel Baglin



« Moi, Veronica Franco, courtisane à Venise »

(Clairsud éd.)

Ce roman est celui d’une courtisane lettrée et musicienne parmi les plus célèbres de Venise au 16e siècle (1575-1577), Veronica Franco. Elle eut les amants les plus fortunés et séduisit par sa beauté mais aussi sa culture et sa sensibilité les hommes les plus importants. Elle fut même la maîtresse du roi Henri III.
Il pourrait s’agir ici d’une biographie, mais l’auteure très certainement invente et met en scène les éléments connus pour les prolonger par l’imagination. Surtout, elle s’insinue dans les pensées de son héroïne et nous en livre ainsi un portrait psychologique.
Le portrait est subtil et l’écriture tout en finesse.



« Marco récit d’un autre voyage »

(Centre internazionale della grafica di Venezia)

En quelques poèmes en prose (bilingue) se trame le voyage intérieur parallèle au voyage réel en Chine de Marco Polo, l’explorateur-marchand vénitien. Fidèle au « Livre de Marco Polo », ce récit fait référence à la cour du grand khan Kubilaï où le Vénitien vécut plusieurs années. On y voit aussi, à la fin, Marco Polo dictant son récit à Rustichello. Rencontres de marchands, de femmes, de mets, de jardins, de mœurs étranges et de paysages. Et de fables.
« Marco est un marcheur et un marcheur ne revient jamais sur ses pas », lit-on et aussi que « nous rêvons nos vies ». De fait, ce récit intimiste s’achève sur la vision d’un Marco Polo incertain de « la réalité d’un itinéraire dont le temps a fini par ronger les contours ».
Belle écriture pour un récit à la fois sensuel et symbolique.

M.B.



Lire aussi :

« Loin de Venise. Vivaldi, Rosalba, Casanova »

« La saveur de Rome »



jeudi 23 décembre 2010, par Michel Baglin

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Michèle Teysseyre

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Photo Joël Attard

Michèle Teysseyre est née en 1949 à Toulouse où elle vit et travaille, partageant ses activités entre l’écriture (particulièrement autour de Venise et du patrimoine latin), la pein-ture et le cinéma.
Après des études littéraires puis un bref passage dans l’enseignement, elle se con-sacre à la création artistique.
De son intérêt pour l’Antiquité naissent « Saveurs et senteurs de la Rome Antique », consacré à l’art culinaire d’Apicius, suivi de « Fêtes romaines antiques » avec Danielle Porte puis « La saveur de Rome (vagabondage gourmand en terres latines) ».
Sa rencontre avec Venise est déterminante et lui inspire peintures, livres et films. Elle séjourne fréquemment dans la ville, notamment pour ses travaux de recherche.
Son roman « Moi, Veronica Franco, courtisane à Venise » (Grand Prix littéraire de la Ville de Toulouse 2007) a inspiré la création musicale « Musiques pour une courtisane vénitienne » par l’ensemble Ritratto dell’Amore (Cartoucherie de Vincennes, 2011, Festival de Musique baroque de Pontoise, 2013). Son deuxième roman « La Tintoretta » (soit Mariet-ta Robusti) a fait l’objet d’une lecture musicale par le comédien Didier Sandre et l’ensemble baroque Les Passions (Journées Olympe de Gouges, Montauban, 2012).
Elle publie ensuite « Monsieur Riquet », roman historique inspiré de la vie de Pierre Paul Riquet, créateur du Canal du Midi.
Elle est également co-auteur du film documentaire de Jean Périssé, « La Fabuleuse His-toire de monsieur Riquet » (2014).

(D’après Wikipedia)



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