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Atelier imaginaire

« Le livre des fontaines ardentes »

55 auteurs et artistes racontent

Et de sept ! L’association l’Atelier imaginaire - qui depuis quatre décennies défend la poésie et la nouvelle à travers les prix Max-Pol Fouchet et Prométhée et l’organisation d’une quinzaine littéraire et artistique à laquelle ont été conviés près de 2500 jeunes - se raconte dans une collection de livres de témoignages de ses divers acteurs. Après « Le Livre d’où je viens », « Lignes de vie », « Lignes de cœur », etc. voici « Le livre des fontaines ardentes » où 55 auteurs, artistes et invités font part de leur vécu.




L’action menée depuis 1974 par Guy Rouquet et son Atelier Imaginaire en faveur de la poésie, de la nouvelle, et plus généralement des arts – en Bigorre (à Lourdes, Tarbes, etc.) mais avec un rayonnement national et international grâce notamment aux prix Max-Pol Fouchet et Prométhée – est considérable et bien difficile à résumer. Heureusement, les expériences vécues lors de la Décade, puis de la Quinzaine littéraire, et les fenêtres ouvertes par tous les recueils primés ont marqué les mémoires, comme l’ont été les 2500 jeunes lauréats du Concours Général invités au fil des ans à entrer pour cinq jours dans le tourbillon de l’opération « 2000 jeunes ».
Des livres en portent témoignage. Il y eut l’an dernier « Le Livre invisible » , les années précédentes « Lignes de cœur », « Lignes de vie », « Le Livre d’où je viens », etc. « Le livre des fontaines ardentes » est le septième ouvrage à entrer dans cette collection publiée par le Castor Astral, le fidèle partenaire de l’Atelier, racontant par la voix des divers participants cette aventure des « passeurs de feu » de la ferveur poétique et littéraire.

Deux prix


Tout commença par la création d’un prix – le prix Prométhée – et prit de l’ampleur avec le soutien très actif de Max-Pol Fouchet. Il vint à Lourdes pour dire son enthousiasme. Bientôt rejoint par Jacques Chancel, Daniel Gelin et de nombreux écrivains de la francophonie. Le vent avait soufflé dans les voiles ! Ainsi naquirent les prix Prométhée (nouvelles) et Max-Pol Fouchet (poésie) qui distinguèrent les manuscrits (anonymes) d’auteurs souvent débutants en leur offrant publication et soutien d’écrivains prestigieux réunis dans les deux jurys (lire ici). Les prix ne sont plus attribués depuis 2011 (61 l’ont été) - ils ont été remplacés par ces ouvrages de témoignages - mais les jurés se retrouvent toujours à Tarbes et à Lourdes en octobre pour participer à la Quinzaine de l’Atelier imaginaire – un véritable maelstrom de rencontres, lectures, concerts, représentations théâtrales et récitals, ateliers, expositions, etc.

Ils ne sont pas seuls, les jurés, à s’y donner rendez-vous depuis quatre décennies : une pléiade d’artistes – comédiens, musiciens, chanteurs, peintres, photographes, etc. – les y retrouve pour partager des moments de créations (il y en a toujours durant cette Quinzaine !), de récréation et d’amitiés vives. Jusqu’alors, ils avaient peu témoigné dans les ouvrages précédents, plutôt consacrés aux écrivains associés à l’action de l’Atelier imaginaire et à leur raisons d’écrire, ou aux lauréats. Cette fois, ils font dans ce livre une entrée en force ! Et c’est avec enthousiasme et gratitude qu’ils évoquent leurs prestations à Lourdes et Tarbes.
Ainsi, aux côtés de jurés qui n’avaient pu témoigner dans les ouvrages précédents (Georges-Olivier Châteaureynaud, qui préface le livre, Charles Dobzynski, Guy Goffette, Hubert Haddad, Martine Le Coz, Claude Mourthé, Jean Orizet, Marie Rouanet), ou d’auteurs primés (Marie-José Bertaux, Stéphen Bertrand, Éric Brogniet, Annick Demouzon, Roland Fuentès, Christiane Keller, Philippe Mac Leod, Frédérique Martin, Paola Pigani, Françoise Poncet, Dominique Sampiero, Philippe Veyrunes), trouve-t-on les textes des artistes qui ont enchanté toutes ces rencontres : les musiciens Luis Rigou et Helene Arntzen, piliers de ces Quinzaines, Vicente Pradal, Ismael Ledesma, Marie-Laure Bouillon, Clémence Lambolez, Benoît Roulland, les chanteurs Nicole et Jean-Charles Vasquez ; les comédiens bien sûr, dont Jean-Luc Debattice, autre pilier de l’Atelier Imaginaire, Isabelle Irène et Paule D’héria, François Lazaro, le facétieux Christian Moncelet (mais d’abord écrivain), Françoise Barret, Ollivier Pourriol, Dominique Prunier et beaucoup d’autres…

Des jeunes enthousiastes


Enfin – et c’est à mon sens le plus émouvant – d’« anciens jeunes » invités jadis ou naguère proposent eux aussi leurs regards sur ces temps forts qu’ils ont généralement vécus avec étonnement et enthousiasme. Les uns sont devenus avocats, d’autres journalistes ou professeurs, mais pour beaucoup, les rencontres avec des écrivains vivants et des artistes côtoyés plusieurs jours à l’hôtel Alba où tous sont hébergés, aura été déterminantes, en les orientant vers des carrières littéraires et artistiques (plusieurs sont devenus comédiens, musiciens, etc.) et en leur permettant sans doute d’oser devenir ce qu’ils étaient profondément. Les uns et les autres racontent leur perplexité première à la réception de l’invitation, puis la surprise d’être si bien accueillis, la satisfaction d’être en compagnie d’autres jeunes pour rencontrer les écrivains et les artistes, les discussions aux tables et le soir après les spectacles, la fièvre des concerts, la qualité des lectures et des représentations théâtrales, sans oublier les livres reçus, les amitiés nouées, les fenêtres ouvertes sur le monde et sur son propre avenir. Et la bonne fatigue d’un maelstrom aussi enrichissant !
J’avoue, en lisant ces témoignages – moi qui vis ces Quinzaines avec bonheur depuis 30 ans – avoir été troublé par le pouvoir des mots, des musiques et du théâtre ici révélé avec force. Ce que racontent les jeunes, notamment de leurs discussions avec les auteurs, montre à quel point un simple échange de point de vue peut influer sur une vie encore en devenir et souligne la responsabilité à la fois lourde et exaltante de tous ceux qui créent pour partager.
Guy Rouquet, maître d’œuvre de ce livre comme il l’est depuis quarante ans de cette aventure impressionnante, l’a mesurée depuis longtemps. En faufilant ces témoignages d’un commentaire qui leur sert de fil rouge, il le montre et nous laisse entendre que c’est là où il a puisé l’énergie nécessaire à poursuivre décennie après décennie. Tous en tous cas, jeunes et moins jeunes, disent à ce fontainier leur gratitude.

Michel Baglin
(304 pages. 15 euros. Le Castor Astral éd.)
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Auteurs, artistes et jeunes réunis sur les marches du Palais des Congrès à Lourdes (Photo Jean-Pol Stercq)



mardi 30 octobre 2018, par Michel Baglin

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