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Guy Allix

« Le sang le soir »

Après ces « Poèmes pour Robinson » , sur le petit-fils qu’il ne connait pas, Guy Allix publie un recueil d’homme blessé, lucide, tendu, remué par l’amour et le chagrin, bien vivant car passionné.



J’aime cette « Prière du mécréant » qui ouvre le recueil et dit à la fois l’humilité, l’orgueil et la douleur du vivant qui ne se paie ni d’illusions ni de crédos trop faciles et préfère regarder en face la contingence : « Croire en Darwin nous rend simplement à notre fragilité et au hasard de notre existence », dit celui qui ne prétend qu’à « ce seul sens d’inscrire une absence de sens ».
La référence dans une certaine page à l’Adagio lancinant de Barber sonne juste : on entend ici souvent des notes déchirantes, un silence détonant. « L’amour n’en finit pas de pleurer l’amour », il est omniprésent par le chagrin, l’absence, le regret. Et l’amoureux d’avouer : « Je n’ai été, un instant, au monde que par ta présence. Vivant au-delà de moi qui n’ai jamais pu vivre ».
« Tu n’auras été qu’attente », se dit à lui-même l’auteur qui nous rappelle qu’il faut « consentir à ce que toute vie soit inachevée ». « C’est en t’effaçant que tu existes vraiment », « Vous n’êtes pour toujours / que ce qui s’efface » répète celui qui déplore de « n’avoir pas été / ou si peu ».

« Tu n’es que l’être peu
Qui marche dans la nuit
A ton pas accrochés
Quelques fagots de mots
Prêts à la flamme »


Il faut en effet « oser n’être que ce peu / et porter ce cri sur la page ». Voilà la source de la poésie, énoncée simplement : « C’est quand tu n’as plus de mots que tu reviens au poème ».
Humilité disais-je. J’aime qu’elle soit associée ici à cette sorte de douloureux constat : « Et ma vie ne fut pas ma vie ». Qu’elle soit source d’encre, quand on se sent ainsi « plus humble parmi les humbles. Plus proche du poème ».

Michel Baglin



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lundi 6 juillet 2015, par Michel Baglin

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Guy Allix
« Le sang le soir »


Préface de Lucien Noullez.
Le nouvel Athanor.
(108 pages. 15 euros.)



Guy Allix-Gérard Cléry : « Les longues traversées »

Je tiens à signaler la vidéo d’un poème de Gérard Cléry mis en musique et interprèté en s’accompagnant à la guitare par Guy Allix, « Les longues traversées ». Très beau ! Ecoutez-le, c’est ici.



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