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Michel Dunand

Le voyage pour être un peu plus

Michel Dunand vient de publier coup sur coup « Mourir d’aller » et « Sacre » chez Jacques André éditeur et « Tunis ou Tunis » éditée par Berg éditions, à Tunis. L’animateur de la revue " Coup de Soleil " y évoque, entre autres, ses voyages.



De même qu’il évoque « Tunis ou Tunis » dans une plaquette bilingue (publiée par Berg éditions, à Tunis), Michel Dunand évoque avec « Mourir d’aller » divers pays ou villes, l’Italie, Venise, Naples, Bologne, ou la Russie et Moscou, mais aussi, à cette occasion, des peintres, des musiciens et surtout des poètes. Évocations rapides, car ses poèmes ne s’étendent jamais.
« Michel Dunand écrit court, serré, nomade. Ses textes sont toujours les maillons d’un voyage perpétuel à portée d’âme et de cœur », écrit Didier Pobel dans le Dauphiné Libéré. Ce recueil le vérifie encore, dont l’écriture effleure pour traduire des impressions fugaces (« savoir errer sans rien demander / sans rien attendre ») mais surtout des sentiments et des vertiges moins conjoncturels, que les lieux éveillent. Notamment le violent désir de se nourrir du présent, d’habiter l’instant.
« Ne consommer la nuit qu’avec modération », propose le poète qui entend rester « fidèle au soleil », quand bien même le trouble existentiel ne cesse de courir dans l’ombre des mots. « Je suis chez moi partout » avoue-t-il dans un autre recueil, « Sacre » , et à propos d’un autre voyage, à Pondichéry cette fois.
La même démarche y conduit à une poésie brève, pointilliste et lyrique à la fois, qui a probablement la même ambition que le voyageur affirmant : « On ne vient pas ici pour voir. / On y vient pour être un peu plus ». La préoccupation spirituelle est toujours en filigrane avec Michel Dunand, même lorsqu’il parle du corps, de l’amour (« il y a un désert dans le mot désir ») et au bout du compte (et de l’écriture), il s’agit toujours d’« exalter la vie ». Voilà un sacré qui pourrait mettre (presque) tout le monde d’accord !

« Ailleurs toujours est au soleil »


A propos d’un recueil plus ancien, « Ailleurs toujours est au soleil » suivi de « Roi sans arpent » , j’écrivais dans Poésie 1 en octobre 2003 :
« On croit faire un voyage. On en fait un autre. » Le lecteur du recueil de Michel Dunand est dans une même situation : l’auteur date les poèmes de Pise, de Tunis ou d’Auvers-sur-Oise, mais il y évoque des paysages intérieurs. C’est que Dunand n’a cure de la couleur locale, ainsi que le souligne Jacques Ancet dans sa préface ; il s’intéresse à ce que fait naître un lieu dans l’espace mental, à ce qu’il y réveille ou révèle. De fait, on voyage avec lui dans les livres et les tableaux autant que dans le monde, on y croise Miller ou Dali comme on y traverse Venise ou Cadaquès. Manière de nous dire sans doute que l’essentiel n’est pas dehors, ni d’ailleurs dedans, mais dans leur relation. Et dans la voix qui les unit, les reconnaît, leur donne sens.
C’est aussi qu’on n’est jamais vraiment là où l’on croit être, parce que le désir toujours nous appelle et nous identifie à un autre lieu, où l’on pourrait peut-être se rejoindre : « ailleurs toujours est au soleil », ici n’est pas vraiment habitable. D’où le voyage, d’où l’écriture. C’est derrière la frontière, ou la cloison, qu’il faudrait chercher le frémissement vital, de la peau et de la plume. « J’ai un heureux défaut qui remonte à l’enfance et qui prend sa source où la poésie prend la sienne », nous confie joliment Dunand, en précisant : « Eh oui ! J’écoute aux portes. »

Michel Baglin



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Le voyage pour être un peu plus



mardi 28 août 2012, par Michel Baglin

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Michel Dunand

« Mourir d’aller »


Jacques André éditeur.
70 pages, 12 euros.

« Sacre »


Jacques André éditeur.
62 pages, 12 euros.

« Tunis ou Tunis »

ed. bilingue
Berg éditions, à Tunis
56 pages. 10 euros

« Ailleurs toujours est au soleil » suivi de « Roi sans arpent »


L’Harmattan
92 pages. 10 euro


Michel Dunand

Michel Dunand est né en 1951 à Annecy, où il réside. Il y dirige une " Maison de la Poésie " qui est un lieu de consultation, d’expositions, d’écoute et de rencontres. Il est également l’animateur de la revue " Coup de Soleil " (poésie et art) depuis 1984.
Il dirige d’autre part à Annecy une « Maison de la Poésie », lieu de consultation, d’expositions, d’écoute et de rencontres. Et est un récitant très actif.



Bibliographie

« Un éternel présent » (CD), textes de Michel Dunand lus par l’auteur, musique : Pierre Coppier, Bernard Donzel-Gargand, Forum Studio, Annecy , 2012
« Mourir d’aller », Jacques André éd., 2012
« Sacre », Jacques André éd., 2012
« Tunis ou Tunis » Berg éditions, à Tunis. 2012
« Tout est dit », Editinter, 2010
« Hors piste », suivi de « Trois amours, aucun ». Préface de Jean Joubert. Bois gravés Jean-Bernard Butin, l’Harmattan, 2008
« Ailleurs, toujours, est au soleil » suivi de « Roi sans arpent », préface de Jacques Ancet, illustrations d’Yves Mairot, L’Harmattan, 2003
« Péril en l’ocre jaune » suivi de « Dernières nouvelles de la nuit », La Barbatelle, 1993
« Dernières nouvelles de la nuit », Encre de Jacques de Féline, Edition simple et de luxe, Le Petit Véhicule, 1989



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