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Des notes et des mots

Les coups de cœur de Jacques Ibanès (2018)

Jacques Ibanès est poète, il est aussi musicien et chanteur et interprète les poètes lors des nombreux récitals qu’il donne ici et là. Il est encore marcheur et nous livre aussi des carnets de route. Mais ses chemins d’encre de lecteur (et d’auditeur) sont aussi multiples et flâneurs et il nous les fait partager ici.



Éric Chassefière « Ce regard qui nous vient du monde » & « Sous l’eau des muriers »



Éric Chassefière collectionne les silences quand il est « seul dans la profondeur nue/ des langues du jardin » ou qu’il se promène l’hiver « sur un chemin mille fois parcouru ». Et c’est fou comme ils sont éloquents, les silences. Aussi peuplés qu’un ciel d’étoiles. Ils ouvrent sur la clameur des mouettes, sur le bourdonnement des vieux pommiers ou la nuée des grêlons, permettent de se réjouir de « la vague du vent creusant la terre » et sont le tremplin de « la voix aux cordes de sève/ quand le poème naît ».
Le poète, toujours au plus près du présent, patrouille « sous de grands arbres murmurant de pluie », voit flamber « la soie d’un papillon », perçoit la voix d’un coq qui scande « à intervalles brefs/ la multitude des dialogues silencieux » et qui le ramène au coq rouillé de son enfance qui « lui depuis longtemps ne tourne plus/ ne (…) montre plus le chemin /de la pleine nuit du rosier ».
C’est ainsi, « immergé dans ce qui est là », qu’il nous ouvre les chemins de sa poésie et nous donne en partage la beauté du monde, attentif au vent « toujours sur le départ », à la lumière qui « lit la partition de pierres », au feu qui « donne vie à la souche grise / qui des heures durant s’y est consumée », aux arbres « murmurant de pluie »…
Dans sa quête à « circonscrire l’instant » le poète capte avec ferveur l’ombre des arbres qu’il enlace, saisit « la luciole de l’écureuil », dialogue avec le corbeau qui rampe « dans les catacombes du soir », salue les champs qui « s’étirent comme des lacs/ sous la vague paresseuse du vent », ou encore se laisse porter par un concerto de Mozart ou un poème de Suarès...
Bref, avec Éric Chassefière, tout est sensualité, délicatesse et attention à ce qui est autour de lui. Il creuse toujours plus avant, pour notre bonheur, « dans la substance des mots » qui est tout à la fois retrouvaille des sensations de l’enfance et bonheur d’exister « dans la nostalgie joyeuse / de ces instants où tout naît ».
Et dans la plaquette « Sous l’eau des mûriers » publié par La Porte, qui procède de la même inspiration, Éric Chassefière nous livre la clef de son art poétique :

« il faut pour entendre le poème
écouter au profond des mots
respirer celui qu’on a oublié d’être
l’enfant que porta cette terre
et qui aujourd’hui rêve en nous »

(Éric Chassefière « Ce regard qui nous vient du monde » Éd.Rafaël de Surtis
72 p. 15 € & « Sous l’eau des muriers », Éditions La Porte n.p. 3,80€)
Jacques Ibanès



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mercredi 17 janvier 2018, par Jacques Ibanès

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La voix et les chemins de la poésie

Guitariste-chanteur-compositeur et récitant, Jacques Ibanès a mis en musique et interprété de très nombreux poètes, repris les chansons des grands aînés (Brassens, Lapointe, Brel, Ferrat, Leclerc etc.), des contemporains (H.Martin, A.Leprest, G.Lèbre, P.Conte, G.Testa), écrit une centaine de chansons originales et dit les textes des auteurs qu’il apprécie.
On peut l’écouter ici



Le site de Jacques Ibanès


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