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Michel Baglin

Les recueils poétiques

« Déambulatoire », « Masques nus », « L’Ordinaire », « Jour et nuit », « Quête du poème », « Les Mains nues », « L’Obscur Vertige des vivants », « L’Alcool des vents », « Les Chants du regard », « Les pages tournées », « De chair et de mots »

Un petit tour d’horizon des recueils que j’ai publiés depuis 1974, chez divers éditeurs : Chambelland, Jean Le Mauve, Traces (Lavaur), L’Age d’homme, Le Dé Bleu, Le Cherche-Midi, Privat, Fondamente (Multiples), Rhubarbe, le Castor Astral, Bruno Doucey, etc. Et, conjointement, quelques « lectures » de critiques et/ou d’amis.



« Un présent qui s’absente »

Publié par Bruno Doucey en 2013. Critiques diverses.

« De chair et de mots » Une anthologie personnelle

Publié au Castor Astral en 2012. Critiques diverses.

« L’Alcool des vents »

D’abord édité par le Cherche-Midi en 2003, il a été réédité en 2010 par les éditions Rhubarbe. Critiques multiples.

« Les mains nues »

Publié à L’Age d’Homme, ce recueil préfacé par Jérôme Garcin a obtenu le prix Max-Pol Fouchet 1988. Les critiques



« Les Chants du regard »



Après « L’Alcool des vents » que fait paraître le Cherche-Midi en 2003, je fais l’expérience du « beau livre » : « Les Chants du regard » (Privat éd. 2006) est en effet un album où images et mots se répondent. Le photographe Jean Dieuzaide m’avait ouvert à plusieurs reprises ses archives où j’ai choisi quarante photographies comme autant de coups de cœur pour les accompagner de proses poétiques. De la lumière à l’encre, c’est donc un dialogue que j’ai cherche à établir comme un partage d’émotions, un chant.
Jean Dieuzaide compte parmi les plus grands photographes français et nombre de ses images, telles « La Gitane du Sacro-Monte » ou « La petite fille au lapin » sont aujourd’hui célèbres. Mais ses archives en recèlent bien d’autres, dont certaines méconnues. Choisissant quarante photographies, avec pour seul critère subjectif celui d’une adhésion immédiate, j’ai écrit autant de poèmes ou de proses poétiques qui s’inspirent à la fois des images et des arrière-pays que je leur prête. Car si j’ai voulu créer avec des mots un espace parallèle qui leur soit fidèle sans paraphrase, c’est bien sûr avec ma sensibilité propre que j’ai abordé l’univers de Jean Dieuzaide, son art de donner du sens, par la composition et le cadrage, aux scènes du quotidien, d’en révéler la puissance et la singularité, voire l’insolite.
(Editions Privat. 104 pages. 25 euros)

Ce qu’ils en ont dit :

Pierre Kobel (La Pierre (...)

Pierre Kobel (La Pierre et le Sel)

Pierre Kobel, sur son site La Pierre et le Sel, rend compte du livre, avec reproduction de photos et de poèmes : voir ici

La Dépêche du Midi. Un (...)

La Dépêche du Midi.

Un article signé J.-L. D.-C. en date du 12 octobre 2006. voir ici

Capitole infos déc 2006 (...)

Capitole infos déc 2006

La poésie illumine l’œuvre de Dieuzaide
« Les chants du regard, images choisies », est le dernier ouvrage consacré au photographe Jean Dieuzaide, fondateur de la galerie municipale du château d’eau à Toulouse. Quarante et une photographies, reportages, portraits intimistes, natures mortes, sont tirées de l’oeuvre d’une grande richesse de celui qui signait « Yan ». Ecrivain et journaliste Michel Baglin s’en est inspiré pour y accoler autant de poèmes et de proses poétiques. Une écriture sensible pour aborder le travail de l’un des plus grand photographes français, qui donnait sens et singularité aux scènes du quotidien.

Revue Décharge La photo (...)

Revue Décharge

La photo la plus célèbre de Jean Dieuzaide (1921-2003) n’est pas de lui. On l’y voit juché sur les épaules d’un père funambule, lors du mariage de sa fille, célébré à quinze mètres du sol sur un fil. C’est dire l’exigence du photographe qui ne craint pas de risquer sa vie pour un cadrage, une lumière, Des milliers de clichés accumulés en près de soixante ans d’activités que Jean Dieuzaide mettait à sa disposition, Michel Baglin a sélectionné ceux qui lui parlaient, ceux qui l’engageaient dans un processus d’écriture, Il en est de célèbres, d’autres n’étaient jamais sorties du tiroir des « artistiques » où le photographe rangeait ses essais formels, natures mortes et abstraction. Le résultat donne un livre superbement mis en page où photos et poèmes alternent, entamant un dialogue passionnant. Pour matérialiser, sinon les désaccords, du moins les divergences d’interprétations, le titre poème se superpose à celui de la photographie, en filigrane : « L’épervier » devient « Rêve d’ailes », la « Feuille de platane » « Survie », le « Marché de Lorca », « Théâtre de rue », etc. dans un mouvement d’ouverture du poème vers l’allégorisme, mais ailleurs le « Corbillard » devient « Cheval de trait » et « la Faim de l’eau », « Sous la surface ». Michel Baglin évite tout à la fois la paraphrase et l’abus interprétatif. Ses mots toujours pudiques, respectueux de la réalité inscrite sur le cliché, se contentent de vagabonder, de rêver, de tirer des fils et des aiguilles jusqu’au déclic de l’image poétique, aussi aléatoire, miraculeuse que l’autre.

Alexandra Calame (Livresphotos

Alexandra Calame (Livresphotos.com )

« Les chants du regard:images choisies » est un ouvrage où la plume et la lumière se rencontrent, où l’écriture de Michel Baglin vient explorer les contours les plus secrets des images de Jean Dieuzaide, pour que l’instantané se transforme en histoires musicales, parfumées, sensuelles.
Les photographies de Jean Dieuzaide présentes dans ce livre ont été sélectionnées de manière arbitraire et instinctive par Michel Baglin, avec pour seul critère d’inviter le poète à l’écriture pour « créer avec des mots un univers parallèle » fidèle aux images, « sans trop de paraphrase ». Ce livre réunit donc des clichés de presse emblématiques, comme « La Zoumine » qui avait servi pour les affiches d’une campagne contre la faim dans les années 50, et d’autres photos « exhumées » par le journaliste, restées cachées dans un tiroir reculé de l’atelier du photographe, qui pénètrent son univers intime et traduisent son émotivité personnelle, comme « le chapeau de mon père ». Ici, Baglin raconte l’histoire du photographe, en prose : « Un jour, par hasard, on ouvre un placard endormi. Le chapeau melon paternel, les partitions de sa mère... » Ces images demeurées inconnues jusqu’ici nous font découvrir une autre facette du travail de Dieuzaide, beaucoup plus abstraite, se rapprochant parfois de la nature morte, comme pour « Tresse d’ail ».
Dans « Les chants du regard : images choisies », chaque image de Dieuzaide est accompagnée d’un poème en prose, qui lui, porte un autre titre, soulignant leur mise en interprétation, et leur glissement de sens léger. Michel Baglin affirme que son regard s’est parfois différencié de celui du photographe. Mais selon lui, ces écarts ont ouvert à son écriture « un espace de jeu, de liberté et de création. » Cela ne veut pas dire que les poèmes sont infidèles à la sémantique des images. Les mots de Michel Baglin invitent le lecteur à ouvrir son imaginaire, à se créer des petites narrations , des scénarios possibles.
Car l’intérêt n’est pas de déchiffrer le réel contexte des images mais plutôt de rendre les personnages de Dieuzaide palpables, de les faire bouger à nouveau et d’entendre leur voix dans une atmosphère familière. L’écriture en prose ajoute donc à la photographie une dimension très sensuelle, ou des odeurs de cuisine et de nature viennent envelopper le lecteur. C’est ainsi qu’a partir de « La veuve du cordonnier », Baglin écrit « L’échoppe », où chaque détail de l’image est le témoin d’ une histoire, émouvante : « La porte reste ouverte pour qu’un peu de jour atteigne le fond de l’antre obscur. La veuve a tisonné le fourneau et réchauffé sa soupe. Un coin d’établi sans doute suffira à son assiette. Du linge fané sèche dans l’air que parfumaient les cuirs. Il est sa compagnie. Avec le grincement des planches et les pavés du seuil, ceux qu’elle lave à grande eau. Toujours... »
Dans cet ouvrage, la richesse sémantique des images de Dieuzaide est mise en valeur et explorée à travers les mots de Michel Baglin, faisant appel à l’imagination, à la rêverie contemplative, et parfois, à la nostalgie.

Alexandra Calame


adresse : http://www.livresphotos.com/les-chants-du-regard-images,1305.html

Gilles Sicard (Friches) (...)

Gilles Sicard (Friches)

Le photographe jean Dieuzaide (1921 2003) mériterait la notoriété des plus grands. La sélection des 41 photos noir et blanc publiée par les Editions Privat en est une fascinante démonstration. Mais pour mieux comprendre notre émotion, il faut lire Michel Baglin. Suivre son regard poète au-delà des apparences...
Des bois flottés sur une plage ne sont pas qu’ « albatros un peu... dans une furieuse volée de bois mort », mais aussi « spectres emblématiques... antédiluviens et terriblement prémonitoires. »
« L’Ami des bêtes » n’émiette pas seulement un quignon sur la crête des poules, il « distribue des grains de lumière... un rayon de soleil le sacre. Une murette suffit à sa majesté ».
« Les lèvres du brai », sous-produit de la houille, cachent « le repli du désir... une flaque de ciel... ».
Dans le placard, le chapeau du père ajouré par les mites « est encore un salut... qui attendait votre sourire... ».
L’intérieur d’un pissenlit révèle « l’impatience de nacelles ivres, barques à la dérive... vers des terres nouvelles ».
Derrière « Ma chemise à Ardizas », la fenêtre de l’aube promet pour le soir « quand les yeux auront bu les histoires du jour une fenêtre toute intérieure ».
Sur le banc vide, « les absents... col relevé, n’en finissent pas de contempler ce qui s’éteint... Ils sont nos clandestins, nos silencieux. Et leurs pensées mélancoliques ont plus de réalité qu’une foule de vivants, quand leurs regards se figent au loin... dans l’eau froide des années ».
L’épervier lancé par le pêcheur est « un rêve d’aile ».
Dans le village de Sardaigne, « la femme accoudée à sa fenêtre » ne se contente pas de regarder, elle « veille ce pétrin de la lumière où lève la pâte du désir... ».
« La vendeuse de glaces... vend de l’enfance au passant qui s’arrête... »
Une tresse d’ail « dans la communion silencieuse des clartés... sur un arrière pays d’odeurs paisibles... le bruit des gestes besogneux... » : c’est « l’évidence du monde ».
Le vieux sculpteur qui termine la statue de la femme « a mis ses beaux habits pour l’accueillir à la sortie du marbre ».
« La poésie, c’est un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie » assure Jacques Prévert. On s’en doutait ! Le duo Jean Dieuzaide Michel Baglin l’illustre merveilleusement dans les Chants du regard. On attend d’autres couplets... Pour d’autres échos au profond de nous-mêmes...
Article de Gilles Sicard paru dans Friches 98 (fev 2008)

Max Alhau (Aujourd’hui Poème )

Max Alhau (Aujourd’hui Poème )

"Les images de Jean Dieuzaide sont des célébrations", écrit Michel Baglin dans la préface de cet ouvrage hommage au photographe et ce sont ces mêmes célébrations auxquelles l’auteur se livre sous forme de poèmes ou de brèves proses. Si le principe est simple : une photographie et sa correspondance poétique, le passage de l’une à l’autre comporte bien des difficultés que Michel Baglin a su résoudre par l’osmose qui s’établit entre le photographe et le poète. L’interprétation apparaissait inévitable, mais Michel Baglin, bien qu’il déclare « n’être toujours pas tout à fait "en phase" avec la perception de telle ou telle image que son auteur avait manifestée à travers son titre », permet non seulement une lecture de ces images mais encore une ouverture vers un univers plus large, tout aussi sensible. Quelle est donc la matière photographique de ce livre ? Tout d’abord des paysages, des scènes familières : en face de ces photos, le poète prend la parole, se mue en passeur, de là une ouverture vers un autre monde dans lequel l’imaginaire s’impose. Ainsi de ce poème Cheval de trait tirant un corbillard : « Alors il s’impatiente.[,..] Peut être seulement à cause d un rameau torture qui court après son ombre, sur le mur et de son éclair noir ».
Mais le regard de Michel Baglin est avant tout celui qu’un homme porte sur ses semblables, d’où cette célébration de la communauté, comme celle des pêcheurs de Nazaré : « les dos tendus et les souffles rauques, les bérets collés aux fronts et les bretelles qui tirent les épaules. La sueur unanime des hommes au travail. » De même la beauté sensuelle de la Gitane du Sacré Monte retient l’attention du poète : « Elle est belle et n’a rien à prouver ni rien à perdre, pas même son naturel. » En contrepoint de ces scènes, les portraits de Jean Dieuzaide révèlent son goût pour le détail et Michel Baglin s’interroge sur ces figures qui recèlent leur propre mystère. Divers sentiments traversent le poète face à ces images et souvent la réflexion s’impose qui permet la découverte d’un monde plus intime, plus secret. Ainsi, à partir de la photo intitulée Peintre au parapluie, la solitude du personnage conduit à une méditation sur la condition du créateur : "On dira donc qu’il est artiste. Puisque sans sortir tout à fait de lui même, il n’a de cesse de s’échapper ». Parce que les photos de Jean Dieuzaide entraînent le lecteur au delà de la réalité qu’elles transcrivent, Michel Baglin en devient l’interprète inspiré. Les objets, autre thème cher au photographe, prennent alors une autre dimension : l’imagination, l’ouverture vers une autre dimension sollicitent les mots de Michel Baglin. Sur un banc vide, l’absence s’impose pour le poète : « Sous les arbres du cours et leurs moignons frileux le banc vide offre au lac ses absents. » S’ensuit alors une rêverie sur ces figures invisibles et tellement présentes. Il faudrait dire que d’autres éléments aident à la saisie de ces photos : la rêverie, la sensibilité, la sensualité. Michel Baglin transporte le. lecteur spectateur vers un univers où la réalité se dérobe pour faire place à une autre, plus riche de sens qu’il n’y parait.
Paru dans Aujourd’hui Poème n° 76 (décembre 2006)

Georges Cathalo Il n’est (...)

Georges Cathalo

Il n’est guère courant qu’un poète se risque à accompagner une série de photos avec ses poèmes. Pourtant, c’est ce défi que s’est lancé Michel Baglin avec des « images choisies » de Jean Dieuzaide. Ce projet, mené au départ en commun avec le photographe, Baglin le détaille dans sa longue et émouvante présentation intitulée « De la lumière à l’encre ». Il y évoque la confiance du photographe et la complicité qui a permis l’éclosion de ces beaux poèmes dont on ne peut extraire des passages. « N’oublions pas, disait Dieuzaide, que nous écrivons aussi avec la lumière de notre sensibilité ». C’est ce qui a permis au poète de donner libre cours à son inspiration et qu’a pu se réaliser la parfaite alchimie entre ces deux modes d’expression artistiques dont le point commun est un émerveillement permanent devant les miracles du monde. Les poèmes de Baglin ne sont pas redondants : ils ouvrent des pistes et permettent à l’imaginaire des échappées apaisantes. Dans le moment figé de l’instantané photographique, Baglin a su trouver les mots qu’il fallait pour « encadrer » ce présent offert par le photographe, présent au double sens, que lui le poète a su élargir sans le figer par un avant et un après qui donneront à chaque cliché une dimension nouvelle.



« Déambulatoire », « Masques nus », « Les pages tournées »



Mon premier recueil, « Déambulatoire » a été publié en 1974 par Guy Chambelland. Le même Chambelland, qui éditera à nouveau, en 1976, « Masques nus ».

Les poèmes de ce premier ouvrage ont été revus et ont fait l’objet en 2007 d’une nouvelle édition par Henri Heurtebise dans sa collection Fondamente, sous le titre de « L’Adolescent chimérique ».

Ces textes datés sont encadrés par deux ensembles récents, « Les pages tournées » et « L’étranger ». C’est donc un dialogue qui s’instaure ainsi entre deux visages, ou deux moments, du même auteur, à plus de 30 ans d’écart…


Ce qu’ils en ont dit


Alain Kewes « Il y a dans (...)

Alain Kewes
« Il y a dans ce livre des passages sublimes, dans le droit fil de L’Alcool des vents ou de la Lettre de Canfranc, une lucidité sans pathos, sinon sans regrets, l’histoire d’un écrivain qui accepte le temps qui passe sans rougir de ce qu’il a été ni de celui qu’il est devenu mais qui ne saura jamais si écrire lui a fait manquer quelque chose, qui considère l’énigme de son ambigu trésor d’encre ».

Alain Kewes

Lucien Wasselin « En 1974, (...)

Lucien Wasselin
« En 1974, Michel Baglin publie (il a alors 24 ans) son premier recueil, Déambulatoire, chez Chambelland. Il le republie aujourd’hui, sous le titre L’Adolescent chimérique, avec deux textes récents qui l’encadrent : une courte suite de poèmes intitulée Les Pages tournées et datée de 2004, et un poème, L’Étranger, daté de 2006. Cette structure du présent recueil est lourde de sens. (…)Le livre devient alors avec ses deux bornes actuelles une méditation sur la vie, une sorte d’autobiographie qui se déroule comme une spirale où se mêlent vers et proses, une autobiographie qui est comme un maelström charriant espoirs déçus et rêves à jamais en allés... Tout est alors remis en perspective avec ce moment de l’histoire qui est le nôtre : « Toi tu n’avais qu’à t’ébrouer pour te défaire des boues et l’espérance te tenait encore trop serré. / Tes révolutions trahies ont bien pâli, pourtant, depuis. » (…) J’aime dans Les pages tournées l’utilisation que fait Baglin de l’enjambement (parfois même d’une strophe à l’autre) : il y a là une forte charge d’émotion, c’est là que réside la poésie... « Chemin de contrebande et de traverse », écrit-il... À la fin, cette lucide et mélancolique méditation se coule dans un vers ample qui confine parfois au verset pour mieux s’emparer du réel qui est toujours complexe et n’existe que dans la durée. Aussi l’interrogation finale n’en prend-elle que plus de force et accède‑t‑elle à un tragique de tous les jours : « Se peut-il seulement que je t’aie survécu ? »

Lucien Wasselin

Georges Cathalo.« La poésie de

Georges Cathalo.
« La poésie de Baglin a toujours pris sa source dans le questionnement ontologique : c’est là que le poète trouve sa principale inspiration. Sa lucidité et son courage lui permettent d’affronter l’effondrement des utopies, le tourment métaphysique et la déroute des illusions. Car, qui est-on vraiment, « étranger à soi-même » ? Après un long cheminement de près de 30 ans d’écriture, il faut avancer, « se lester en chemin, voilà toute l’affaire, peut-être ! Pour assurer son pas. ». Tout est là, dans ces lignes : le doute, la pesanteur, la marche, autant de thèmes récurrents et complémentaires. Grâce à un patient travail de tissage, détissage, retissage et métissage, le poète a repris ses anciens textes des années 74/78. Depuis Déambulatoire, son premier recueil, que de chemin parcouru et que de pages tournées ! « Les pages noircies, la cendre des écrits, que pèsent-elles trente ans après ? » : la réponse est contenue dans la question mais aussi dans cet « adolescent chimérique » qui constitue la partie centrale du livre, émouvant édifice dressé comme un défi, « avec des mots de survivant ». Cet ensemble est encadré par « les Pages tournées », suite de 5 poèmes écrits en 2004 et par « L’étranger », daté de 2006, en fin d’ouvrage, référence même pas voilée à Albert Camus, comme un ancrage fort dans un univers où se bousculent le doute et l’espoir. »

Georges Cathalo

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Jean Chatard« Mélancolique (...)

Jean Chatard
« Mélancolique et désabusé, ce petit ouvrage d’une quarantaine de pages, de par son titre sans ambiguïté, « Les pages tournées », retrace la vie d’un homme enclin à privilégier la nuit. « L’adolescent chimérique » qu’il fut devient « L’étranger », celui que l’on tolère dans l’espace commun, celui que l’on invite avec scepticisme à partager des brindilles d’amitié. (…) Par le biais des mots du poème (le plus souvent en prose), Michel Baglin règle un compte à son passé, à son métier (de journaliste), à ces milliers de pages rédigées dans la ferveur et qui, au final, ne représentent qu’un petit tas de cendre, de poussière. (…) Avec « Les pages tournées », c’est le bilan d’une vie d’homme, avec ses failles et ses espoirs déçus, qu’il met en évidence. Il oublie toutefois de préciser que, pour évoquer une telle solitude et un tel désarroi avec une semblable maîtrise, il lui a fallu beaucoup, beaucoup de talent.

Jean Chatard


Jacmo.« Trois pans dans ce (...)

Jacmo.
« Trois pans dans ce recueil, toujours composé avec Michel Baglin comme une œuvre musicale. D’abord sous le titre général, une sorte de bilan de d’écriture, avec une pointe d’amertume, un certain gaspillage de temps perdu pour quelques rares pépites sauvées. Ensuite : « L’adolescent chimérique », écrit entre 1970 et 76, où l’auteur essaie de renouer le dialogue avec le jeune homme qu’il fut, en reprenant certains épisodes qu’il a connus, pour les reconstituer d’abord puis les analyser à nouveau. Sans tomber dans la schizophrénie, il s’entretient avec celui qu’il était, retisse les aventures achevées ou avortées, toutes cruciales cependant. Le texte final « L’étranger » (de 2006) dresse un dernier bilan avec le recul de l’âge (trente ans plus tard !) et semble abandonner totalement la chrysalide de la métamorphose comme la dépouille de quelqu’un d’autre. Ce livre ternaire repose sur les leçons de l’âge, l’expérience acquise au cours d’une existence passée à écrire et à vivre. Le Michel Baglin actuel a donc pris la mesure de toute une vie et tourne avec la lucidité du recul les pages, les jours et les heures de son passé jusqu’aux mots qu’il écrit précisément sur la feuille blanche étalée devant lui. »

Jacmo.


Gilles Sicard« Ce recueil (...)

Gilles Sicard
« Ce recueil refermé, on reste immobile sous « l’écorchure du désir », les meurtrissures de toutes les ferveurs... Celles de Michel Baglin... Les nôtres, un peu, beaucoup ?... Puis on tourne les pages à nouveau, pour glaner dans l’exceptionnelle densité poétique générale quelques bonheurs d’écriture particuliers, de « l’orgie des volcans » au « ballet des orages », en passant par « la bohème des nuages »... les « manèges d’étoiles »... « le silence en bouquets sur les morts »... « l’harmonie, visiteuse du soir » . Quand on laisse enfin le livre, c’est sur le bureau, à portée directe des mains tout à l’heure. »

Gilles Sicard<




« L’ordinaire » et « Quête du poème »

Michel-François Lavaur a publié mon troisième recueil, « L’ordinaire » , en 1977 à l’enseigne de Traces éditions. Les poèmes qui le composent et ceux de « Masques nus » ont été repris (augmentés) sous le titre de « Quête du poème » par Texture en 1986.


« Jour et nuit » et « L’obscur vertige des vivants »

Peu avant (1985), Christian Dorrière avait retenu « Jour et nuit » pour ses éditions du Pavé. Peu après sa parution, Rüdiger Fischer l’a traduit en Allemand.

« L’obscur vertige des vivants » suivi de « Terre pleine » m’a permis de faire mon entrée au fameux Dé Bleu, chez l’ami Louis Dubost, en 1994.

Un recueil pour moi important : les poèmes utilisent ici les lois de la Physique comme des métaphores, le lyrisme ne procède plus des sentiments mais du vertige face à l’infini richesse de la matière et du cosmos.

Ce qu’ils en ont dit :

Patrice Delbourg : « Michel

Patrice Delbourg : « Michel Baglin nous délivre ses propres courts-circuits d’images. Des linges suspendus offrent à l’œil des spectacles insolites, on va de l’un à l’autre, espiègle, étourdi. "A l’heure de la nuit tombante / La voix d’un autoradio / Qu’on a oublié d’éteindre / Décompte sur le parking désert / Les morts du Liban / Et les blessés par balles / Des émeutes du Chili."
Des ombres qui résonnent comme une nocturne de Chopin, un sentier secret en marge des modes. Baglin va son chemin, tranquille. Avec comme compagnon de route Rousselot ou Cousin pour les anciens et François de Cornière, Louis Dubost ou Jean-Pierre Georges pour les juniors. Le juste rhésus. »

André Doms : « Jour et (...)

André Doms : « Jour et nuit » serait bien un recueil type de cette poésie néo-réaliste où, loin de traquer l’exceptionnel, le poète s’applique, comme "dans les maisons voisines / à recopier / innocemment / le quotidien", où, au lieu de se réfugier dans un obscur refus et dans la mauvaise conscience d’un rêve de fatalité, Michel Baglin se reconnait pour aventure un certain "équilibre" (…) Une écriture capable de dire "la naissance d’une aile / aux épaules de l’hiver" mais naïve au sens où la vertu d’enfance y garde des images "pour irriguer plus tard / les terres arides d’un langage / oublieux des sources".
Baglin procède par touches tendres, d’une visualité immédiate et impressionniste. Et si, soucieux de la vérité nue de l’instant, le poète est pris du "dégoût soudain / de vivre au quotidien", s’il mesure "l’accommodement" et balance entre ce "bonheur sans doute misérable" et "l’infini chagrin / de n’avoir pas osé / tout tenter", au risque évident de se perdre, au moins l’être est-il en accord de vérité avec soi, avance-t-il en présence authentique, fût-elle "aussi fragile / que l’est aimer / au quotidien". On ne saurait consentir et se révolter à la fois. Mais "le feu du dilemme humanise la marche". .

Dominique Sampiero.

« L’Obscur Vertige des vivants » de Michel Baglin, paru au Dé bleu, doit à Guillevic ce laconisme du "resserrement qui fait le sang plus rouge", mais aussi une façon de se tenir vertical dans l’univers "pour nous absenter / explorer le domaine / revenir les mains pleines de blessures et de fruits". Utilisant les lois de la physique comme des métaphores Baglin maîtrise son lyrisme en le ponctuant d’une ambivalence : épouser la pesanteur de l’infini. Là / comme un foudroiement / prenant son temps. Que ce soit dans les poèmes très courts, très versifiés dans leur rythme, ou dans les proses de Terre pleine, la deuxième partie, il y a un relief particulier, de cendre et de fête, de durée impossible, de tremblement. Ecrire est un abandon mais une extase aussi, une gravité, le surplomb d’un abîme, de mots d’amour, de mots de passe remplis d’appels, l’épuisement de la ressemblance, un être-là dans le chiffre obscur du monde, une perte d’équilibre pour apprendre le centre, la sphère, s’avancer vers cette lumière qui nous vient du ciel, des étoiles et de plus loin encore peut-être : le dedans.

(Le Matricule des Anges n° 9. octobre-novembre 1994)

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Plusieurs de ces recueils sont épuisés et introuvables en librairies. Mais je dispose encore de quelques exemplaires de certains titres et peux donc répondre à d’éventuelles demandes. Contact : baglin.michel@wanadoo.fr



Lire aussi :

Michel Baglin : Les recueils poétiques

Michel Baglin : Les récits et les nouvelles

Michel Baglin : Les romans

Michel Baglin, portrait & bibliographie

Les chansons

Michel Baglin : dernières publications

jeudi 2 décembre 2010, par Michel Baglin

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« Les Pages tournées »



Multiples éd. coll. Fondamente
44 pages. 10 euros


ISBN 2-902032-30-7

« Quête du poème »



Texture éd.
(88 pages. 6.40 euros)

« Les Mains nues »


Préface de Jérôme Garcin
L’Age d’Homme éditeur
(120 pages. 11 euros)

« L’obscur vertige des vivants »



Le Dé Bleu éd.
(88 pages. 12 euros)


Avis aux amateurs : le livre est épuisé mais il m’en reste quelques exemplaires

« Les Chants du regard »

un album de 40 photographies de Jean Dieuzaide
choisies par Michel Baglin
et accompagnées de 40 textes poétiques
éditions Privat
(104 pages, 25 euros)

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