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Guy Allix

« Maman, j’ai oublié le titre de notre histoire » suivi de « Félix, une voix sans parole »



On le sait, la collection Phoenix des Éditions Sauvages entend donner une seconde chance, une nouvelle vie à des textes épuisés. C’est le cas ici avec ce texte inclassable de Guy Allix, « Maman, j’ai oublié le titre de notre histoire » (qui était paru en 2008 à la Librairie-Galerie Racine). Texte suivi d’un inédit : « Félix, une voix sans parole ». Épreuve de rattrapage donc avec ce livre qui offre une nouvelle édition du premier ; mais je n’ai pas eu le temps de comparer les deux versions… Je suis gêné pour rendre compte de ce livre, coincé que je suis entre mon article écrit en 2008 pour « La Tribune de la Région Minière » et la préface de Marie-Josée Christien à ce nouvel ouvrage (préface qui reprend son article paru dans le n° 16 de « Spered Gouez »).

« Maman, j’ai oublié… » est une enfance racontée en neuf fragments où l’humour le dispute à l’autobiographie. Le miracle, c’est que Guy Allix arrive à retracer son enfance, une enfance qui échappe à tout misérabilisme malgré les difficultés de toutes sortes, la pauvreté et l’alcoolisme de celui qui tient lieu de père. La distance prise par le ton doux-amer rend acceptable la description de la misère et des malheurs de la famille qui sont légion : la fugue en Belgique à vélo, le plongeon dans la Scarpe, la situation de fille mère dans les années cinquante, le phimosis, la ménopause ignorée, les orpailleurs du terril, la saisie pour dette et les déchets du boucher, le petit frère mongolien, la vitre brisée… Le pathos est évité ! Tout comme le récit chronologique. C’est une ode à la bonté de la mère et à son courage tout autant que le portrait d’une époque pas si lointaine…

Le second récit, « Félix, une voix sans parole », décrit un ami de la famille, comme on dit. Est-ce parce que je découvre ce texte que je le préfère ? Ou est-ce à cause du vélo que j’ai pratiqué jusque mes seize ans, un vélo omniprésent dans « Félix… »  ? Je ne sais pas… Le « prophète taiseux » qui n’a jamais fait partie des riches qui détruisent la planète a droit dans ces pages à un bel hommage. Un hommage au « grand peuple des humbles ». Il faut remercier Guy Allix d’immortaliser ainsi Félix. Et puis, un écrivain qui note en passant « Le rêve, cette autre révolte, est la grande richesse des pauvres » peut-il être mauvais ?

Lucien Wasselin.



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dimanche 15 janvier 2017, par Lucien Wasselin

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Guy Allix
« Maman, j’ai oublié le titre de notre histoire » suivi de « Félix, une voix sans parole »


Éditions Sauvages, collection Phoenix, illustration de couverture : Janladrou, photo (en 4ème de couverture) : Marie-Josée Christien ; 98 pages, 12 €. En librairie ou chez l’éditeur, Les Éditions Sauvages. (Les bulletins de commande, avec l’adresse d’expédition, peuvent être téléchargés sur le site (page "Actualités"))



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