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Lucien Wasselin

« Obscurément le cri »

Lucien Wasselin est poète, auteur depuis « Sillages » (1971) d’une vingtaine de recueils, et de livres d’artiste. C’est aussi un infatigable critique qui a multiplié les collaborations à de nombreux journaux et périodiques.
Son dernier ouvrage, « Obscurément le cri », un recueil bilingue de 38 poèmes, vient de paraître aux éditions En Forêt.

« Obscurément le cri » avait déjà fait l’objet de deux éditions partielles, notamment aux éditions Airelles. C’est une édition bilingue Français-allemand, forte de 38 poèmes (avec une illustration de Ladislas Kijno en couverture) que proposent cette fois les éditions En Forêt de Rûdiger Fischer (auteur de la traduction).

L’obscurité / la lumière

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Photo Marc Lepage / CCAS.

Certes, tous les poèmes de ce recueil, comme le titre l’annonce, ont maille à partir avec l’obscurité. Celle, intérieure, qui renvoie chacun à sa propre énigme. Mais aussi celle du langage comme du cri, sans oublier – la dimension politique dans la poésie de Lucien Wasselin étant bien présente – « l’histoire obscure des hommes ». Chercher du sens, c’est d’abord se coltiner avec cette part de nuit, ce ressassement du mystère d’être et, bien souvent, de la douleur : « le sens coule / obscur / dans la transparence / des vers ».
Pour autant, la résignation n’étant pas le fort de Lucien Wasselin, et la dialectique nourrissant sa vision du monde, il oppose à cette obscurité la volonté de « faire germer la lumière », d’allumer des flambeaux, ceux de la raison et de « la connaissance sans cesse reculée / occultée méprisée par les marchands du temple », ceux de l’amour, ceux de la liberté et de la lutte (« car l’Histoire ne s’arrête jamais / dans l’espace de la geöle ») et jusqu’à « la souffrance lumineuse des humbles » qui mène à la remise en cause de l’ordre social.

« la poésie la vie »

La mélancolie nous tient comme un « ciel de traîne », sans doute, car « rien ne nous console des jours perdus / qui brûlent au fond de nos entrailles / à l’automne de notre vie » et l’avenir lui aussi est obscur, mais à travers « la transparente obscurité des vers », il est évident que les poèmes de Lucien Wasselin cherchent la lumière. Et la trouvent peut-être dans l’attachement au réel, à la matière du monde, ce « tangible où s’agripper dans le désespoir de vivre ». Dans «  l’obscure beauté des cieux / dont les dieux sont absents », c’est de ce côté-là sans doute qu’il faut chercher et que cette forme de coïncidence des souffles - «  la poésie la vie » - prend corps et sens.

Michel Baglin



Lire aussi :

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« Aragon : la fin et la forme »

« Stèles lichens »

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vendredi 3 juin 2011, par Michel Baglin

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Lucien Wasselin
« Obscurément le cri »


Editions En Forêt


(Doenning 6. D 93485 Rimbach)
92 pages. 9 euros




Lucien Wasselin

Né en 1945, Lucien Wasselin vit dans le Nord de la France. Poète, il collabore par ses articles et notes de lecture à plusieurs publications (revues, hebdomadaires...). Il fut chroniqueur à la revue de poésie Rétro-Viseur, membre des comités de rédaction d’Espaces Marx (où il tient la rubrique poésie), de Faîtes Entrer L’Infini (où il a publié plusieurs études), de La Revue Commune..
Il a coordonné des dossiers Ilse et Pierre Garnier, Max Alhau, Gérard Le Gouic et publié en revue des études sur Alin Anseeuw, Louis Aragon, René Crevel, Pierre Dhainaut, Eugène Guillevic, Ivar ch’Vavar, Léon Moussinac, Armand Olivennes, Jean Prévost...
Co-fondateur d’OrpailleuR-éditions en 1991 (livres d’artistes et estampes originales), il a participé à l’animation de cette structure jusqu’en 2007.



Bibliographie

Poésie
Obscurément le cri, poèmes, 2006
La rage, ses abords, Le Dé bleu, 2001
Voix obscure, Verlag im Wald, 1999, édition bilingue
Le bleu, le noir, Moraines, 1996
Lieux, moments, La Chemise Ouverte, 1995
Fragments du manque, édition complète, La Dé bleu, 1998
Fragments du manque, extraits manuscrits, Le Pavé, 1985
Fragments, Le Pavé, 1982
La mour, l’Amort, Atelier Overdose, 1982
Mots, meute, Le Pied d’Argent, 1981
Sillages, Millas-Martin, 1971

Prose

Contre l’air du temps, (journal, fragments), Polder, 1995.
Aragon au Pays des Mines, (essai, augmenté de 18 articles retrouvés d’Aragon), en collaboration avec Marie Léger, Le Temps des Cerises, 2007.
Fagots de mots (glose de François Laur), (essai), Editions Rafael de Surtis, 2009.

Poésie, livres d’artistes

En Toutes Lettres dans le Texte, (gravures collées de Patrick Vernet), Ecbolade, 1987.
Le Portulan des Rêves, (photographies et sérigraphies de Pierre Vandrotte), Le Transvaal, 1991.
Louvoiements de l’Inquiétude, (gravures de Patrick Vernet), Atelier du Prussien, 1995.
Le Pérégrin Immobile, (gravures de Francis Beaudelot), OrpailleuR-éditions, 1996.
Images du temps qui passe, (interventions de Nicolas Chevalier-Tobazeon), Alain Benoît éd, 2002.
Le Bleu, Le Noir et Autres Textes, livre-CD avec le Loris Binot Quintet , Production A.M.I., 2004.
Cycle Obscur des Song, (gravures de J.G. Gwezenneg), Le Pied d’Argent, 2004.
Obscurément le cri, (gravures de Patrick Vernet), Editions du Prussien, 2008.
Chaînes, cordages, (photographies de Pierre Vandrotte), OrpailleuR-éditions, 2008.


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