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Bernard Perroy

« Petit livre d’impatience »

On rencontre chez Bernard Perroy, poète et frère consacré, le « débordement de vie » qui mérite louange, mais aussi « lot d’incomplétude » qui est celui de tout vivant. Un beau « mélange d’entente et de revers, d’angoisse et d’étonnements ». Comme dans son « Petit livre d’impatience ».

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Bernard Perroy dessiné par Jacques Basse

Bernard Perroy, avec son « Petit livre d’impatience » (ed. du petit Pavé. 88 pages. 12 euros), un de ses derniers recueils, fait osciller le balancier des jours « entre l’alchimie du manque et l’expérience d’une plénitude ».

Ce poète né à Nantes en 1960, ami de Serge Wellens, Gilles Baudry, Jean-Pierre Lemaire, est aussi frère consacré et l’on ne peut s’étonner que sa poésie se fasse souvent célébration, avec une soif d’harmonie, voire de fusion. Ainsi dit-il d’un lieu, d’un paysage ou d’un visage qu’ils « me déprennent de moi-même / et me placent dans le flot ».

Mais avec Bernard Perroy, l’élan ne va pas sans la lenteur, souligne Pierre Dhainaut dans sa belle préface, et cette lenteur doit sans doute beaucoup à la réflexion, au doute, à la nécessite pour chacun d’« accepter / ce mélange d’entente / et de revers / d’angoisse et d’étonnements » et ce « lot d’incomplétude » qui est celui de tout vivant.

Si l’impatience est du côté du « débordement de vie », la patience est peut-être liée à cette volonté « de croire enfin / que rien de ce qui aura été vécu, / rien de ce que l’on vit / n’est vain »… mais cela reste un « beau défi ».

Cette écriture aussi riche qu’empreinte d’humilité me laisse en tout cas à penser que la foi, pas plus que la présence au monde, n’est tout à fait donnée. Mais ce n’est peut-être là qu’une approche de mécréant…

D’autres recueils

On retrouve, de manière plus concise, cet « écoulement / de la vie / pour croire encore / à plus grand / que soi » dans « Une gorgée d’azur », poème unique en sept parties, publié chez Al Manar avec des encres de Rachid Koraïchi (56 pages. 16 euros).

Sac à mots éd. a également publié à la fin de l’année dernière, du même auteur, « Sur la plus haute branche » qui nous invite, « au gré des astres et des lampes intimes », à céder avec l’auteur «  au lyrisme retrouvé par la note fertile des paysages et des visages rencontrés ».

L’élégante collection de plaquettes de La Porte (Yves Perrine, 215 rue Moïse Bodhuin. 02000 Laon. 21 euros pour 6 numéros) accueille « Extraits du large » de Bernard Perroy. Une poésie simple et lumineuse qui se propose de « se laisser guider par les mots / plus que par la pensée / mais au plus près du souffle qui nous porte ». On est là sous l’éclairage du cœur « et sa note profonde », flirtant avec le large qu’on porte en soi et ce « mystérieux et primordial trésor / de notre fragilité ». On est heureux de se réchauffer à « ce petit feu qui nous habite » et que Bernard Perroy partage comme bon pain.

Michel Baglin



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lundi 11 juin 2012, par Michel Baglin

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Bernard Perroy

Bernard Perroy est né en 1960 à Nantes. Il est l’auteur d’une dizaine de recueils, et réside depuis 2009 en Sologne.
Après avoir étudié la philosophie à Rennes et exercé le métier de kinésithérapeute, il est entré à la communauté catholique des Béatitudes en 1988 et a prononcé ses vœux définitifs en 1994. Il poursuit depuis sa double vocation de poète et de frère consacré. Il est également journaliste au mensuel « Feu et Lumière ».
Bernard Perroy se se reconnaît des influences multiples, depuis les surréalistes jusqu’à Bonnefoy, en passant par René Guy Cadou bien sûr, mais aussi Jaccottet, Reverdy, Joë Bousquet, Schéhadé, Michaux, René Char…
Il est en relation avec de nombreux poètes contemporains tels que Gilles Baudry, Jean-Pierre Lemaire , Pierre Dhainaut, etc.
Il vient de publier : « La nuit comme le jour », éd. Le Nouvel Athanor (préface de Gérard Pfister) et « Une joie tremblante » éd. Ad Solem (préface de J.P. Lemaire).

Ses recueils

Une joie tremblante, préface de Jean-Pierre Lemaire, Ad Solem, 2012
La nuit comme le jour, préface de Gérard Pfister, Le Nouvel Athanor, 2012
Sur la plus haute branche (peinture Nathalie Billecocq), Sac à Mots, 2011
Si nous savions vraiment..., La Porte, "Poésie en voyage", 2011
Petit livre d’impatience, préface de Pierre Dhainaut, couverture Hamid Tibouchi, Le Petit Pavé, 2011
Une gorgée d’azur (49 encres de Rachid Koraichi), Al Manar, 2011
Arbres bleus, photos Dominique Lefevre avec 15 poèmes de Bernard Perroy, photame.fr, 2007
Cœur à cœur (49 encres de Rachid Koraichi), Al Manar, 2006
Un soir où le soleil d’octobre… (encre de Pascale Nouailhat), préface Gilles Baudry, Sac à Mots, 2005
Un souffle de clarté, Hors Jeu, 1998
Le calice des jours, Abbaye de Meilleray, 1997


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