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Georges Cathalo

« Quotidiennes pour lire »

Georges Cathalo poursuit la publication de ses "Quotidiennes". Michel Baglin et Lucien Wasselin ont lu « Quotidiennes pour lire »



Georges Cathalo (son portrait ) a toujours cru à la poésie qui s’inscrit dans le quotidien des hommes et puise dans le fil des jours ordinaires son inspiration. Elle lui dicte des poèmes courts, ensuite réunis en des plaquettes qu’il nomme « quotidiennes ». Il y eut des « Quotidiennes du proche et du lointain », des « Quotidiennes pour résister », des « Quotidiennes pour oublier », des « Quotidiennes pour dire  » et d’autres encore.
Dernières en date, toujours aux éditions La Porte, des « Quotidiennes pour lire ». Et c’est bien sûr le rapport aux mots, aux livres, à la lecture et à l’écriture - « refuge obscur et lumineux » - qui s’y dit et s’y déploie. Même si « remuer les cendres ne relance pas le feu  », c’est bien un passage du feu qui s’opère avec la poésie et ses mots qui « parlent pour nous », conservent « dans leur sillage l’ombre tenace des disparus  » et nous rappellent que « lire n’est jamais sans danger ».

Michel Baglin



Qu’est-ce qu’une œuvre inoubliable s’interroge Georges Cathalo dès la première page de sa plaquette. La « réponse » à cette question relativise les choses puisque le lecteur mis en scène dans cette quotidienne découvre au hasard dans un livre « un poème inoubliable / et déjà oublié » : mémoire oublieuse ou état d’esprit changeant ?
Mais Georges Cathalo est incorrigible, il continue à lire et à écrire malgré ce qu’il dit dans le deuxième poème des plaquettes publiées par les poètes qui seraient des « verrues à ne pas montrer / à ceux qui peut-être les guériraient ». La leçon d’humilité qui se dégage de ces « Quotidiennes pour lire » prend différents aspects : on lit toujours trop peu par rapport au nombre de livres publiés, le monde lui-même est à lire ou à déchiffrer également en dehors des livres, la difficulté de lire intelligemment ne réside pas (seulement ?) dans l’évolution technique du support du texte écrit (du rouleau à l’écran)…
Mais pourquoi lit-on ? Pour se garantir de l’angoisse, du vide ? Mais lire n’est pas sans danger prévient, non sans humour, Georges Cathalo : la lecture est découverte, elle éveille et rend dangereux nombre de lecteurs qui pensent alors que le monde (tel qu’il ne va pas) est loin d’être évident ! C’est qu’il ne faut pas se fier au conseil que donne Georges Cathalo dans le dernier poème (un moment d’égarement ou d’auto-dérision) selon lequel il faudrait mettre le feu à tous les livres « qu’on ne lira jamais » avant de « tourner enfin la dernière page ». Au moins, ne faut-il pas prendre ce conseil à la lettre car il est avant tout marque d’humilité : on meurt toujours ignorant, mais en l’étant un peu moins dès lors qu’on a lu. Car, sinon, pourquoi Cathalo continuerait-il à lire et à écrire ses lectures ?

Lucien Wasselin.



lundi 11 avril 2016

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Georges Cathalo :
« Quotidiennes pour lire ».
La Porte éditeur,
Cette plaquette : 20 pages, 3,80 €.
On peut s’abonner à 6 n° pour 21 €. (La Porte / Yves Perrine ; 215 rue Moïse Bodhuin. 02000 LAON).



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