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Philippe Leuckx

« Selon le fleuve et la lumière » & « Quelques mains de poèmes »

J’ai fait connaissance de Philippe Leuckx, écrivain et critique belge, né en 1955, à travers les articles de critiques et les chroniques qu’il poste sur Facebook. Mais il a également publié de nombreux recueils, et c’est à travers l’un d’eux, « Selon le fleuve et la lumière », que j’ai découvert sa poésie. Jusqu’à « Quelques mains de poèmes », son dernier ouvrage.



« Selon le fleuve et la lumière »


Poèmes aux vers brefs, au rythme généralement rapide, autour de villes aimées - où il se veut « ni pèlerin ni touriste / juste promeneur de l’éphémère » - et singulièrement de Rome. Même s’il parle quelque part d’un « poème issu de mes plus noirs registres », le poème « tissu de la vie / de la ville » n’est pas sombre mais milite au contraire « pour un rien de beauté à sauver du désastre ».
Il y a du Hardellet (auquel il rend d’ailleurs hommage) chez ce flâneur des rues : « Je marche donc / je suis / à hauteur de la vie : de la ville ». Il cherche son bien, son bonheur et une philosophie « en quête du rien qui passe », au bord des jardins et du rêve, « là où la ville consent à ses lisières ». Dans une sorte d’accord, d’unanimisme peut-être… Et ce faisant, ainsi que le note justement dans sa préface Jean-Michel Aubevert, « il sentimentalise le quotidien ».

« Étrange parfois
cette traversée de la ville
comme si l’autre en vous
vous guidait
aux carrefours
vous poussait
dans ces rues d’angle
retenait votre souffle
a bord de la tendresse
étrange déambulation
en quête du rien qui passe »


J’aime en tout cas que ce piéton, tout « témoin insignifiant » qu’il soit, s’emploie à «  regarder / le monde / à l’aune du vent »  : dans son poème – « la vie même » - on respire !

(Editions Le Coudrier. Belgique. 126 pages. 14 euros ISBN 978-2-930498-17-1)

« Quelques mains de poèmes »


L’écriture, la poésie sont si vivantes pour Philippe Leuckx qu’il les personnifie volontiers, parlant du « beau livre des visages » (titre d’une de ses plaquettes) ou, avec le titre de son dernier recueil, de « quelques mains de poèmes » . Entre « l’ampleur des choses à aimer » et le « cœur en berne » souvent, il se bat, stylo en main, contre le temps, contre l’oubli :


« Et jusqu’à la nuit
J’entretiens le poème
Au feu bref des vocables
Je sabre je coupe
J’attèle les sons
A mes veines »


Les poèmes sont d’amour (« J’appelais poème votre nom / et poème encore l’énoncé d’un visage ») malgré les plaies et « après tant de tempêtes », ils parlent aussi du manque, du « rideau mordu d’ombre », de la mélancolie sous-jacente quand on garde le « cœur déhanché » ou de l’enfant qui survit en nous et cherche toujours sa voix dans l’entre-deux des heures. Mais il parle aussi de tendresse, de la faim renouvelée du monde et des « années de suie » laissée derrière soi, peut-être d’un possible accord quand on peut avancer : « Je vais, je vis je valide mes humeurs ». Être vivant, le demeurer, c’est garder les mots vivants quand, par eux, «  nous sommes des vigiles ».

(L’arbre à paroles éd. 66 pages. 8 euros.)



Michel Baglin



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Lectures de Philippe Leuckx 2015

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Les critiques de Philippe Leuckx (2013)



mercredi 16 janvier 2013, par Michel Baglin

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Philippe Leuckx

Philippe Leuckx est né le 22 décembre 1955 à Havay (Hainaut belge).
Licence en philologie romane et baccalauréat spécial en philosophie. Mémoire consacré à Proust. Professeur d’histoire de l’art, de français et de philosophie en classes terminales.
Il est membre de l’Association des Écrivains Belges, de la Scam.
Auteur d’une trentaine de livres et plaquettes de poésie et de plusieurs monographies.
Critique, il est collaborateur régulier dune dizaine de revues littéraires (Le Journal des poètes, Bleu d’encre, Francophonie Vivante, Reflets Wallonie-Bruxelles...) et de blogs (poezibao, Les Belles Phrases, Sources, Les Carnets d’Eucharis...)
Écrivain-résident à l’Academia Belgica de Rome (2003, 2005, 2007).



Une sélection d’ouvrages

Une ombreuse solitude (L’Arbre à paroles, 1994),
Le fraudeur de poèmes (Tétras Lyre, 1996),
Une espèce de tourment ? (L’Arbre à paroles, 1998),
Touché cœur (L’Arbre à paroles, 2002),
Rome rumeurs nomades (Le Coudrier, 2008),
Étymologie du cœur (Encres vives, 2008),
Selon le fleuve et la lumière (Le Coudrier, 2010),
Un piéton à Barcelone (Encres vives, 2012),
D’enfances (Le Coudrier, 2012),
Au plus près (Editions du Cygne, 2012),
Quelques mains de poèmes (L’Arbre à paroles, 2012),
Dix fragments de terre commune (La Porte, 2013)...

Prix Emma-Martin 2011. Prix Gros Sel 2012.



« Au plus près »


Philippe Leuckx est aussi voyageur, et sait combien le réel se dérobe sous les mots. Avec ce onzième recueil, « Au plus près » (Editions du Cygne. 56 pages. 10 euros), il tente en quelques vers brefs, dans une « langue nouée au peu », d’en capter des fragments, souvent intimistes qui disent comment « on est là / sans raison entre soir et vent / pour toujours égaré. » Il affirme : « J’écris au plus près » - une approche qui n’exclut pas la ferveur de celui qui dit aussi : « j’écris où je me brûle »



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